Comme ce texte est singulier. Le monde celtique se découvre, et même, plutôt, il s'invente. Tout le monde britannique vibre aux poèmes que Mc Pherson a traduit du barde Ossian, tout droits venus du 2ème siècle.
Dargo, pourquoi m’avais-tu fait oublier Armor ? Pourquoi t’aimais-je tant ? Pourquoi étais-je tant aimée ? Nous étions deux fleurs qui croissaient ensemble dans les fentes du rocher ; nos têtes humides de rosée souriaient aux rayons du soleil. Ces fleurs, avaient pris racine dans le roc aride. Les vierges de Morven disaient : «Elles sont solitaires, mais elles sont charmantes.» Le daim dans sa course s’élançait par-dessus ces fleurs, et le chevreuil épargnait leurs tiges délicates.
Tu as vu, Malvina, la mer troublée par les bonds d’une immense baleine qui, blessée et furieuse, se débat à la surface écumante des flots; tu as vu une troupe de mouettes affamées nager autour de la terrible fille de l’Océan, dont elles n’osent encore approcher, bien qu’elle soit expirante : ainsi s’agitent et se serrent les guerriers épouvantés d’Ifrona, hors de la portée du bras du héros.
La nuit s’envola sur les ailes de la joie : nous croyions les étoiles à peine au milieu de leur course, et déjà le rayon du matin entrouvrait l’orient nébuleux. Fingal frappa sur son bouclier : ah ! qu’il rendait alors un son différent de celui qu’il a parmi ces débris ! Les guerriers l’entendirent ; ils descendirent du bord de tous leurs ruisseaux.
Nous cinglons à travers l’écume houleuse de l’Océan : les baleines effrayées plongent au fond de l’abîme, les îles fuient ; elles s’abaissent tour à tour derrière nous sous l’onde, et Duthona sort peu à peu devant nous du sein des flots. Les vagues roulantes et élevées nous en dérobent de temps en temps la vue.
Sur les pas de Chateaubriand au château de Combourg
L' Académie Chateaubriand décerne chaque année un "prix Combourg" à un écrivain dont le style rend hommage au célèbre écrivain.