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Note moyenne 4.16 /5 (sur 16 notes)

Nationalité : Iran
Né(e) à : Sabzevar , le 23/09/1933
Mort(e) à : Southampton , le 19/06/1977
Biographie :

'Alî Sharî'atî, ou Ali Shariati, né près de Sabzevar le 23 novembre 1933 et assassiné à Southampton le 19 juin 1977, est un sociologue, philosophe et militant politique iranien.

Ses discours enflammés à l'Hosseinye Ershad, mosquée située au nord de Téhéran, attirèrent des foules immenses, notamment parmi les jeunes. Même s'il est connu pour ses études sociologiques sur les religions, en particulier sur l'islam et le chiisme, c'était surtout un grand orateur qui présentait une nouvelle lecture modernisée de l'islam et du chiisme.

Source : Wikipedia
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Ali Shariati
NathalC   16 octobre 2017
Ali Shariati
Si vous ne pouvez éliminer l'injustice, au moins racontez-la à tous.
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enkidu_   21 avril 2017
Fatima est Fatima, l'idéal universel féminin de Ali Shariati
Dans la société dont la priorité est dirigée vers la production et la consommation économiques, et au sein de laquelle la pensée ne comprend que la logique de l’économie, la femme ne peut plus être considérée comme un être qui suscite le rêve, qui s’adresse aux sentiments les plus purs et qui peut-être appréciée et aimée. Elle ne peut plus être considérée comme un lien sacré, comme une mère, comme une femme fidèle au même homme. Elle n’est plus qu’une marchandise économique qui se vend et qui s’achète, selon son pouvoir d’attraction sexuel.



Le capitalisme a modelé la femme d’une façon à la rendre utile pour deux choses :



1 - Détourner tout d’abord la société de la réflexion sur son destin, de l’exploitation qui y a cours, sur l’avenir sombre que lui prépare la bourgeoisie, de manière à ce qu’elle ne se pose plus ces questions :



« Pourquoi est-ce qu’on travaille ? » « Pourquoi est-ce qu’on vit ? » « Quelle est la raison de toutes nos souffrances, et pourquoi est-ce que nous souffrons ? »



2 - Le capitalisme a aussi utilisé la femme comme un instrument de divertissement et d’amusement, étant donné qu’elle est le seul être qui possède une attractivité sexuelle. Cela, afin d’empêcher le travailleur, le fonctionnaire et l’intellectuel, de réfléchir, pendant leurs périodes libres, à se révolter contre le système de classe et le capitalisme. Elle a donc été utilisée pour colmater les brèches qui se trouvent dans la vie sociale. L’art a ainsi beaucoup œuvré à changer ses propres fondements et à remplacer ses centres de préoccupations qui touchaient généralement à l’amour, à la beauté, à l’esprit et à l’affectivité par des considérations sur la sexualité, et ce, sur ordre de la bourgeoisie et du capitalisme. Il fait ainsi de l’individualisme et de la sexualité la plus débridée une philosophie pratique, un fondement de l’humanité cultivée et éveillée et un pragmatisme contemporain. Tous les rêves et tous les sentiments sont ainsi vidés de leur sens. Il n’y a plus que la sexualité qui puisse servir de fondement et de ressource pour la nouvelle activité artistique.



C’est la raison pour laquelle nous pouvons voir comment la peinture, la poésie, le cinéma et le théâtre tournent la plupart du temps autour de la question de la sexualité.
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enkidu_   21 avril 2017
Fatima est Fatima, l'idéal universel féminin de Ali Shariati
Toute religion, tout éveil et toute révolution s’édifient autour de deux éléments : la raison et l’amour. L’un est la lumière et l’autre est le mouvement. Le premier fait naître la conscience, la connaissance et la vision des gens, le second engendre la force, l’enthousiasme et l’animation. Comme le dit Alexis Carrel : « La raison est le phare qui indique le chemin à la voiture, et la place de l’amour ne peut-être que celle du moteur. L’un ne peut aller sans l’autre ». Il en va vraiment ainsi : le moteur sans le phare est un amour aveugle et dangereux, une catastrophe et une mort certaine.



Dans toute société, comme dans toute renaissance intellectuelle ou dans toute religion révolutionnaire, le rôle des oulémas et des intellectuels éveillés et engagés est de guider dans la bonne direction et de faire connaître la religion ou la doctrine, d’éveiller les gens. Le rôle des gens est de déverser l’esprit, la force et le mouvement dans toute cette machinerie.



Toute renaissance est un être vivant qui pense par l’intelligence de ses oulémas et qui aime à travers le cœur de son peuple. Dans toute société dans laquelle la foi, l’amour et le dévouement sont faibles, c’est le peuple qu’il faut tenir pour responsable. Si c’est la connaissance, l’éveil et la conscience profonde de la religion, de son sens, de son orientation et de sa vérité qui sont faibles, ce sont les oulémas qu’il faut tenir pour responsables. Cela est parfaitement visible dans les religions, car ces deux éléments y sont indissociables. Que la religion considérée soit un amour raisonnable ou une raison amoureuse, il s’agit toujours d’un sentiment et d’une connaissance qui provoquent l’enthousiasme, et la foi et au sein de laquelle la raison et la sensation sont intimement liées.



Il en fut ainsi de l’Islam. Il le fut même à un niveau plus élevé encore que toute autre religion, car il est la religion du « Livre » et du « Jihad », de la raison et de l’amour. Comme cela apparaît clairement dans le Coran, car on ne peut pas distinguer entre les limites de la raison et celles du cœur. Il considère le martyre comme une vie éternelle et qui jure par les lignes qu’il écrit. Parmi les compagnons du Prophète, on ne peut pas distinguer entre le croyant, le Moujahid et le messager.
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enkidu_   07 novembre 2015
Retour à soi de Ali Shariati
L’Occident cherche, depuis le XVIIIe siècle, avec l’aide de ses sociologues, de ses historiens, de ses écrivains, de ses artistes et même de ses révolutionnaires, à imposer au monde la théorie suivante : la civilisation est une, et elle est telle que l’Occident l’a édifiée et l’a offerte au monde. Celui qui veut être civilisé doit nécessairement disposer de la civilisation que l’Occident a fabriquée pour lui. Et s’il la refuse, il restera sauvage semblable à Mounâs le héros bédouin de la mythologie turque. L’Occident affirme aussi que la culture est une. Il s’agit en fait de la culture occidentale : celui qui doit avoir une culture au vingtième siècle doit l’acheter à l’Occident, exactement comme n’importe quelle autre marchandise !

(…)

L’Occident a déployé tous ses efforts au cours des deux derniers siècles pour rendre possible cette foi en lui, et pour provoquer le manque de croyance en soi. C’est ainsi que nous entendons Monsieur Maurice Thorez dire qu’il n’y a pas de peuple algérien, mais un peuple en devenir. Il nie ainsi la grande civilisation nord-africaine au sein de laquelle les plus grands philosophes sont nés et ont évolué, ainsi que le plus grand sociologue de tous les temps, le fondateur même des sciences sociales [Ibn Khaldoun]. Quant l’Afrique du Nord jouissait d’une telle civilisation, toute la culture de l’Occident se résumait à une chanson populaire destinée aux caravanes de chrétiens en partance pour les lieux saints. L’Espagne était la seule entité civilisée de l’Occident, sauf que cette civilisation, elle l’avait reçue du Maghreb islamique. L’Espagne imitait l’Afrique du Nord dans sa quête de civilisation. Les Occidentaux tentent cependant aujourd’hui de nier toutes les autres civilisations afin d’imposer les formes et les cadres qu’ils fabriquent eux-mêmes pour les autres. Ce massacre touche tous les peuples, de la Chine à l’Égypte en passant par l’Iran, qui ont eu, tous trois, une grande civilisation dans l’histoire. (pp. 23-24)
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enkidu_   18 mars 2018
Fatima est Fatima, l'idéal universel féminin de Ali Shariati
L’Européen veut transformer la société orientale, afin de l’envahir économiquement, culturellement et affectivement. Il cherche à la voler, à détruire ses sentiments, sa connaissance, son authenticité, sa volonté et ses principes humains, car il est impossible de l’envahir économiquement sans la destruction préalable de toutes ces réalités.



Il faut donc qu’on accepte avant tout autre chose que nous soyons dépossédés de nous-mêmes, que nous oubliions toutes les valeurs humaines, que nous perdions la tradition qui nous maintient et nous protège, que nous nous effondrions de l’intérieur. Il faut que nous devenions des coquilles vides, que nous nous vidions de notre substance, que notre esprit sombre dans l’impuissance, qu’il soit frappé de paralysie, évidé de l’intérieur, exactement comme un panier à poubelle qu’ils remplissent et qu’ils vident de déchets comme ils veulent.



C’est de cette façon qu’ils traitent avec l’esprit et l’âme des Orientaux. Ainsi, si l’âme orientale se trouve vidée de l’intérieur, elle se trouve dans l’incapacité de s’en remettre à quiconque, car elle n’aura plus ni la foi, ni la connaissance, ni la fierté, ni la gloire, car elle trouvera que son passé est une honte, qu’il est dépourvu de valeur et de trace, que sa religion est un conte légendaire, que sa signification est rétrograde et archaïque, que sa vie est horrible et détestable, car elle ne sait rien d’elle-même, de ses origines ou de sa nature, qu’elle n’en connaît que les aspects négatifs ? Cette âme, que pourra-t-elle devenir ? Elle ne pourra évidemment devenir qu’un tonneau vide, assoiffé, ayant besoin des ordres de l’impérialisme qui pourra y dévider ce qu’il souhaite, et l’envahir comme il l’entend.



C’est ainsi qu’on les voit tout vider afin d’envahir l’Orient. Ils promettent ainsi au musulman, au bouddhiste, à l’Indien, à l’Iranien, au Turc, à l’Arabe, au Noir et au Blanc, un même slogan, afin qu’ils deviennent tous similaires. Plus encore, il faut qu’ils deviennent tous des consommateurs des produits économiques et culturels, sans qu’ils ne puissent avoir leurs propres pensées spécifiques.
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enkidu_   19 février 2018
Connaitre l'Islam par la méthode de Ali Shariati
Nous en déduisons que l’Islam est la première école sociale qui considère que la véritable source et le facteur essentiel du changement social et historique sont simplement les gens. Ce ne sont pas les personnalités célèbres comme l’exprime Nietzsche, ni les nobles et les aristocrates comme l’affirme Platon, ni les grands et leaders comme le prétendent Carlyle et Emerson, ni les hommes au sang pur, comme l’entend Alexis Carrel, ni les intellectuels, ni même les religieux.



Notre théorie est d’une importance primordiale, notamment lorsque nous la comparons aux autres théoriques. Chaque école est destinée à une catégorie de personnes précise. Certaines écoles s’adressent à la classe des instruits, des intellectuels et des penseurs. D’autres se consacrent à la race supérieur et d’autres encore s’adressent au « surhomme » ou s’occupent d’une classe quelconque de la société ; le prolétariat ou la bourgeoisie.



En revanche, selon l’Islam, toute personne est responsable des changements au sein de la société. (pp. 56-57)
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enkidu_   16 décembre 2020
Construire l'identité révolutionnaire de Ali Shariati
Frantz Fanon a expliqué comment dans une société, une phase révolutionnaire aide à la maturité de la conscience et de l’intelligence des masses et jusqu’à quel point elle réduit jusqu’à onze ou douze ans la période de quiétude et d'indifférence chez les jeunes gens, alors que dans les familles aisées et les sociétés avancées, elle s’étend jusqu’à quinze ou seize ans voire au-delà dans les sociétés révolutionnaires, le jeune atteint la maturité intellectuelle à partir de treize ou quatorze ans. Nous avons de l'expérience dans ce domaine et la différence, entre les enfants des familles déshéritées, souvent issus de classes laborieuses, qui vivent dans la misère, la souffrance et la privation, et ceux éduqués dans des familles aisées, est flagrante, quant à leur prise de conscience et leur appréhension des réalités de la vie. Ceci est la preuve que non seulement l’action est comme un livre, source d’expérience et de prise de conscience, mais que cette conscientisation certaine et sincère est issue de l’action. Cependant n'oublions pas que ce qui découle des livres, bien que menant à une maturité rapide, peut également être vicié, dévoyé et illusoire, ou porter des éléments entraînant en fin de compte la maladie du penseur, son empoisonnement et sa déviation.



Le livre et l’action influent tous deux sur la formation de l’homme : le livre permet à l’action d’être accompagnée de la conscience intellectuelle et donne à l'individu la capacité d'analyser les expériences vécues par d’autres, et d’en profiter ; quant à l’action, elle fixe la pensée sur le terrain de la réalité et rectifie son parcours.
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enkidu_   08 novembre 2015
Retour à soi de Ali Shariati
Regardez l’islam, au cours des vingt premières années de sa vie, où sont apparues des personnalités éminentes, et comparez cette période au millier d’années de vie de l’Iran antique, d’où n’émerge aucune personnalité. Vers la fin de la période antique, nous trouvons quelques noms, des médecins et des sages, mais nous sommes vite déçus lorsque nous apprenons qu’il s’agit de savants venus de Byzance, ayant fui cette capitale par crainte de Justinien le chrétien pour se retrouver en Iran, et fonder l’université de Jundishapour, des réfugiés politiques ! Notre première université, à l’époque dorée, fut fondée par des Grecs ! Pourquoi cette nation pauvre et stérile est-elle devenue fondatrice des universités, des écoles et des bibliothèques qui n’ont pas leurs pareils dans le monde entier, après l’avènement de l’islam ? Comment est-elle devenue responsable de toutes ces découvertes qui ont bénéficié à l’humanité, comment a-t-elle pu diffuser ses dons scientifiques, intellectuels et politiques de la Chine jusqu’en Afrique du Nord et au sud de l’Europe ?



La réponse est : la révolution, la révolution intellectuelle, la nouvelle foi ardente qui transforme l’âme, la race, la vision et toute chose. L’idéologie est ce qui suscite ce bouillonnement interne, cette créativité, cette fertilité, cette culture et cette vraie civilisation chez les gens. (p. 162)
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enkidu_   25 janvier 2018
Les qualités de Muhammad de Ali Shariati
Le Saint Coran renferme l’Évangile et la Torah. Philosophie et sagesse, éthique et morale, il régit, par ses différents principes, toutes les sphères de la vie sociale, économique, politique et militaire. De la doctrine divine aux règles d’hygiène et de vie sociale, de l’éducation de l’âme et sa purification aux principes de guerre et de jihâd, il fixe les droits et devoirs de l’individu au sein de la société et ceux de la société envers l’individu. Il offre des principes visant à stabiliser la société, la politique et l’économie. Ainsi, l’individu dispose de conditions de vie favorables et jouit pleinement de la culture, de la science et de la liberté. Le Saint Coran appelle les individus à l’adoration, à la soumission et à la dévotion à Dieu. Cette mobilisation générale permet aux individus et à la société de gagner en pouvoir. Avec un style magnifique qui lui est propre, il réunit différentes idéologies sensitives, matérielles, morales individuelles et collectives.



La personnalité de Muhammad est un mélange des traits de caractère de Issa et de Moussa. Il mena ses compagnons sur le champ de la bataille, désireux de combattre et de mourir en martyr. Montés sur leurs chevaux bien trop chargés, ils ne pouvaient échapper à leurs ennemis. Muhammad attaqua en jetant une poignée de terre de sa grotte sur les visages de ses ennemis et cria : « Allez-vous-en ! » Les épées commencèrent alors à s’entrechoquer et la bataille fit rage. Lorsqu’ils étaient sur le point de remporter la bataille, ses joues devinrent rouges de joie et il dit, sourire de satisfaction aux lèvres, d’une voix imprégnée de victoire : « Voilà… Nous sommes au cœur de la bataille ! ».



Pendant vingt ans, Muhammad et ses compagnons subirent l’oppression des habitants de la Mecque avant d’en être chassés. A l’apogée de sa puissance et au sommet de sa gloire, alors que ses armées entrèrent à la Mecque, Muhammad se tint près de la Kaaba avec la puissance de César et les qualités de Issa, plein de bonté et de compassion. Des milliers d’épées se levèrent autour de lui se préparant à le venger des Quraychites (Abou Sofiane, Hind qui mangea le foie de Hamza, Makrama Ibn Abi Djahl, Safwan et d'autres). « Qu’attendez-vous de moi ? » leur demanda-t-il. Ceux qui voyaient en lui les qualités de Issa et la colère de Moussa répondirent : « Un frère et un proche ! ». D’une voix pleine de miséricorde, il leur annonça : « Partez… vous êtes libres ! ».



Qui peut imaginer que l’homme qui a passé sa vie en retraite spirituelle à contempler l’Éternel, quitte sa maison et sa ville, en pleine nuit, et erre dans le cimetière de Baqi. Cet homme aux idées gnostiques et spirituelles, se lève pour parler aux tombes muettes sous la lune du Sahara qui lui révéla les secrets de la vie.



Étrange ! Qui peut croire que l’homme qui mena combats et dirigea des armées pendant dix ans puisse avoir l’esprit de Bouddha, la clémence d'Upanishads, la sagesse de Socrate et la gentillesse du chinois Lou ?



« S’il ne m’avait pas été ordonné de me mêler au peuple et de vivre parmi les gens, j’aurai passé mon existence à contempler les cieux et ce, jusqu’au moment où Allah aurait pris mon âme ».
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enkidu_   04 mars 2017
Construire l'identité révolutionnaire de Ali Shariati
Selon Heidegger, l’homme a une seconde existence qui lui est propre et réelle et qui est l’expression de son essence cachée sous ses « particularités » accidentelles et ses états passagers issus de situations sociales et relations extérieures. Le fait que l’homme soit un être ayant une authenticité et une raison d'être indépendante des causes matérielles et leurs conséquences, du déterminisme social et des caractéristiques accidentelles de l’environnement, prend sa source dans cette existence propre, réelle et spécifique à l’homme et s’y limite.



Dans les situations ordinaires, lorsque l’homme vit sa vie quotidienne et réagit seulement aux phénomènes de son environnement et aux événements constituants en fonction des nécessités qui lui sont liées tant régionales, culturelles et sociales que de classes et de travail, il néglige ce « moi » qui est en lui et qui est l’âme humaine élevée. Seules la passion, la mort et la défaite, trois gifles cinglantes, peuvent l’arracher à cet abîme et le réveiller.



Le regard de l'homme, qui a toujours eu le souci d'autrui et de ce qu’il y a autour de lui, se tourne alors vers son intérieur. Lui permettant d'ouvrir les yeux sur lui-même et de se contempler. Par ce changement, il prend conscience de son « moi » réel à travers ses sentiments, ses perceptions et ses expériences les plus profondes, les plus élevées et les plus sincères. C'est ainsi qu'il réalise une sorte de prise de conscience directe, sans intermédiaire, que nos penseurs ont nommé « al 'ilm al hudûrî » ou « ladunî », où s'unissent la science, le savant et l’objet de la connaissance.



Cette expérience a un rôle fondamental dans la conscientisation de l'individu, le changement de soi et le bouleversement réel de son existence. Ainsi, quel que soit le moule social et le cadre de la classe dans lesquels il est né, ou plutôt quelles que soient ses caractéristiques héritées grâce auxquelles il s’est éduqué, l’homme est capable de trouver en lui la folie miraculeuse lui permettant d'arriver à son propre salut et de se transformer, choisissant le chemin d’un autre mouvement idéologique et un autre sort de classe : un intellectuel peut être issu de la bourgeoisie ou être aristocrate fils d’aristocrate cependant, par une sincérité existentielle et un altruisme révolutionnaire, il se mettra au service du paysan ou de l’ouvrier, tous deux pourtant ennemis traditionnels de classe. Il peut être nourri de culture aristocratique et mû par des principes liés à la race supérieure ou à la classe dirigeante élue, mais malgré cela, il aura une vision populaire et ressentira véritablement, au plus profond de son être, les souffrances de la classe populaire déshéritée, ses blessures, son ressentiment et ses aspirations. Il la rejoindra effectivement pour finir par s’y unir et s’y fondre. Cette étape représente plus qu'une simple relation reposant sur la base d’une responsabilité sociale ou d’un engagement intellectuel ou une attitude factice d'homme de gauche. (pp. 42-43)
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