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Nationalité : Canada
Né(e) à : Hull , le 4 octobre 1956
Biographie :

Poète, Diane Régimbald a fait ses études universitaires en études françaises à l’Université de Montréal. Elle a publié son premier recueil, La seconde venue, en 1993. Elle a collaboré à diverses revues dont Trois, Estuaire, Moebius, Ruptures, Tessera, Osiris, Art le Sabord et Brèves littéraires. Elle a participé à des lectures publiques, notamment au Salon du livre de l’Outaouais, au Festival international de la poésie de Trois-Rivières et au Marché francophone de la poésie de Montréal. Elle est membre du Centre québécois du PEN international et de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois.

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La poésie envahit les rues. Elle épouse les mou­ve­ments intimes comme les mou­ve­ments soci­aux; elle se mêle des enjeux de notre temps et façonne celles et ceux qui la font et la reçoivent. le Salon lui fait la fête en con­fi­ant la scène à quelques-unes de ses voix les plus significatives. Avec: Diane Régimbald, Auteur·rice Mykalle Bielinski, Auteur·rice Marie-Ève Comtois, Auteur·rice Valérie Forgues, Auteur·rice Benoit Pinette | Tire le coyote, Auteur·rice Olyvier Leroux-Picard, Auteur·rice Frédéric Dumont, Auteur·rice Tristan Malavoy, Animateurrice Gaële, Musicien·ne Livres: Mythe précédé de Gloria La consolatrice des affligés Au plus clair de la lumièreRadialeLa mémoire est une corde de bois d'allumage Volière Les retrouvailles Le Site Web du #SalonDuLivreDeMontreal : https://www.salondulivredemontreal.com/ Retrouve-nous sur tous nos réseaux sociaux INSTAGRAM: https://www.instagram.com/salonlivremtl/ TIKTOK: https://www.tiktok.com/@salonlivremtl TWITCH: https://www.twitch.tv/lismoimontreal DISCORD: https://discord.gg/7MP3veRP FACEBOOK: https://www.facebook.com/salondulivredemontreal/ #slm2021

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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Diane Régimbald
sonatem   08 janvier 2022
Diane Régimbald
Où?



Où est la parole ouverte aux chemins des ombres ?

Celle qui révèle l'espace

éclaté de la langue, des langues

jusqu'à la tête du cœur. Où étais-je donc

aujourd'hui à chercher du poème une feuille

morte sur les écrits des arbres ébréchés ?

Ma parole inutile. Une parole déjà

des mots qui résonnent et qui

frappent le long de l'échine.

L'épuisement du vent dans le ventre

lunaire. La fatigue comme un tombeau

sans appel. Un vent persistant réveillait

en moi le secret sauvage d'une promesse enfouie.

Mais il n'y avait rien. Qu'un coup de pétard,

un moteur vrombissant, des cris

d'enfants, le bourdonnement d'une mouche,

le clapotis de l'eau, le sifflement

d'un homme. Il y avait des millénaires d'attentes

dans les yeux de l'errance des femmes

et des hommes. Ils faisaient des enfants. Pour peupler

la terre et combler l'attente. Tenter l'amour.

Transmettre la beauté des choses, de langues qui

hurlent et rigolent, d'une attraction des éléments

et des mystères qui les accompagnent. Où

suis-je, dis-je, mille ans plus tôt dans les pas

de celui qui tremble ? Où suis-je à chercher

les déchirements des hommes et les pansements

des femmes ? Où suis-je à tenter de comprendre

la déroute sans fin du monde ? Où suis-je non loin

de ta folie à vouloir prendre le large ? A rêver un ailleurs ?

Où suis-je dans l'orbe, tournant tournant

dans la voix qui chante ? Dans la voix qui

recueille les ondes. Dans la voix d'une femme

qui marche vêtue de robes et de jupons les bras

chargés de couleurs trouvées tout au long des chemins.

Où se cache le secret des roses ? Dans la nuit

des tourments ? Un bouton fleurit dans un tremblement

d'ouverture, une éclosion d'une douceur

infinie, finement parfumé, permet la mort

d'un instant sublime. Où s'ouvre la joie

comme clameur du souffle ? Entre les pierres

pousse la mousse où je dépose mes pieds

dans tes langues. J'entends les musiques de tes pays

clôturés par le babil des lois

et je berce le don que tu as d'aimer.

Il n'y a que la musique pour bercer

la terre au monde simple des jours et des nuits.

Dans ce tournoiement, il y a le rêve rôdeur

du chant soul d'une femme noire qui porte

le nom des heures de labeur qui creusent, sa voix

déraille dans les artères lunaires et

fait pleurer la terre et le ciel.

Où suis-je à entendre cette vibration de la solitude

infinie de notre venue au monde ? Que faisons-nous ici ?

Dans le rêve commun qui nous lie ?

Des jours passent et nous marchons

seule et seul à chercher le lieu de l'existence

comme si l’ailleurs de la terre était son attraction

non révélée, sa volonté de puissance.

Où suis-je à capter les rumeurs écervelées

de nos enfantements ? Un monde construit

de béton nous apparaît parfois bien fragile.

Vouloir être aussi grain de sable qu'un grain

de sable et entendre le crissement des pieds

sur le sable salé des larmes.

Il n'y a pas d'yeux dans le regard que des trous

d'amour à panser de pommade. La musique tourne

sur les paupières et cherche son vibrato

sur le battement des cils. On prend l'enfance

comme territoire de mémoire et on frotte

ses yeux qui piquent de s'endormir

toujours dans l'épuisement des millénaires

de batailles perdues. Où dormons-nous

la tête lourde d'ennui, où rêvons-nous

communément à notre espace identitaire ?

Il fait trop chaud ou trop froid. Je me couche

sur un lit de fougères et je vois la ville

dans le ciel qui bâille. Il y a des ailes attachées

à la ville, des visages de prés et elle s'envole...

Où vivons-nous ? Où sommes-nous ?

À chercher les chemins inexistants.

À errer sans rien voir. Les yeux regardent

et perdent la vision des choses.

Que devons-nous être au monde ?

Devons-nous ouvrir les doigts et laisser

nos mains faire les empreintes sur la pierre ?

Que reste-t-il du mouvement des traces ?

Les sillons creusés enregistrent les sons

et les images de nos mémoires collectives

à la dérive de l'ordre des choses. Ainsi dans le corps

de la pierre je vois le ventre d'une femme

et les cornes d'un bouc, j'entends

la clameur des rencontres. Une offrande

de plis, un réseau de sillages. Une multitude

de voix dans la communauté des langues.

Des glissements de langues. Là bouge

chaque fibre des nerfs. La tension érige les murs.

La danse des voix rythme les corps.

Par l'errance de l'âme se crée la danse du monde

sur les fleuves insondables. À l'œil nu, les pas se font

devant et derrière. Dans le cercle des corps

les paroles se meuvent. Le brouillard s'élève des sueurs.

Les tissus se déchirent. Les robes et les langes

deviennent lambeaux. Inutiles.

Les sangs coulent. La terre est torrent.

Les larmes déchirent la mer et creusent

des grottes sous-marines. Des voiles sont tissés.

Il n'y a plus d'entendement ni de lumière.

C'est l'asphyxie. Lorsqu'il n'y a que ténèbres et deuil

des corps, l'amour revient et prend le phare.

Verrons-nous à revenir de nos morts ?

Chaque pore appelé à transmettre

ses horizons génétiques dans la fatalité

qui nous croise, qui nous fait porter le fardeau

de nos vies. Chaque trace d'histoire, un péril.

On voudrait que les incarnations n'aient plus l'odeur

rance de peuples déchus. Au seuil d'une porte naît

un enfant qui pleure. Orphelin, saura-t-il trouver

d'où il vient ? Sa mère disparue ?

Où s'en vont les douleurs et les blessures

que porte la vie ? À l'aurore, lors du réveil

d'un peuple, y aura-t-il suffisamment de la langue

pour qu'il y ait croisement des sens,

compréhension des cœurs ? Avec un battement

d'ailes, des âmes reprennent la farandole

du monde. On entend le rire acre de la chouette.

Le soleil dort encore.

Mais lorsque la musique revient

dans les maisons et les jardins, que l'errante

cueille le blé et distribue ses bouquets de couleurs,

une odeur de miel de verge d'or traverse les prés,

les eaux coulent bleues et vertes,

la terre reprend ses ocres, son humus et ses pierres,

et dans les villes, on entend les klaxons

des voitures, le brouhaha des voix et des ventilateurs ;

on s'éveille au jour avec une soie sur les paupières

et du safran sur les doigts. Alors seulement

malgré l'incertitude qui nous lie et quelques racines,

une question nous vient parmi toutes les questions

sur l'éternel recommencement des choses.

Une question enfantine et sucrée qui éclate

dans la bouche et offre un baume à la langue.

Où trouverais-je une pêche à croquer ?

Where can I find a peach ?

Donde ?

Wo?





Revue Brèves littéraires no 66, Hiver 2004, p. 37-41.

https://id.erudit.org/iderudit/4844ac
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coco4649   25 novembre 2021
Au plus clair de la lumière de Diane Régimbald
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Traverse les frontières sans permission

risque le jeu du passager de tous pays

persiste à offrir ta langue méconnue

frôle l’arrêt de   mort   oriente le

chemin tire l’air de ton voyage les sacs

de nuisance tombés prends le fruit

oublié dans ta poche     savoure-le

-son jus coule dans ta gorge – porte

avec toi le chagrin des racines meurtries

foule la terre étrangère   donne-lui de ta

chair   mêle-la à tes veines   révèle-lui

ton sang



constate redoute corromps sonde réveille cause répartis renais
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coco4649   25 novembre 2021
Au plus clair de la lumière de Diane Régimbald
                8







Souffle tes désirs  jusqu’à ce qu’ils

jaillissent par vagues au bout du silence

éveille tes os au   tressaillement des

muscles chevauche  les  parois des

monts pour bondir élastique   tendre

les arcs – les flèches ciblent le feu des

reins des paumes la langue s’emmêle

au velours des salives dans le détroit

de la bouche  -  sauve les dégâts les

pertes n’épargne pas la peur   d’être

ensevelie perméable à un possible retour

baigne-toi au plus profond des eaux



tremble sidère enjambe rue fusionne protège calfeutre
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coco4649   25 novembre 2021
Au plus clair de la lumière de Diane Régimbald
                9







Puise les larmes des pensées - elles

sécrètent l’amertume   d’une   eau

blanche - entends le refrain de misères

-il te hante comme parfois l’espoir

de disparaître - imagine   qu’il n’y a

rien d’inatteignable même ta nudité

ignore les vétilles   qui s’incrustent se

morcellent en   s’enfonçant dans ta

peau déjà atteinte des blessures d’hier

traverse le corridor ancien – passage

long patin de cire il mène au mirage

de grands espaces



extrais fracasse tranquillise remue déconcerte enlumine fixe mime
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