
Enfin, nous voici à Venise, Ah ! Venise, la ville des canaux, des gondoles, de l'amour....
et de l'eau ! Peut-être même un peu trop d'eau...
Mais le plus ennuyeux fut que je mouillai mon balai. Or, comme celui-ci est un peu vieux, il perd son pouvoir magique à la moindre goutte d'eau, et ne sert plus alors qu'à balayer !
Nous visitions le palais ducal quand un garde, me prenant pour une femme de ménage, m'ordonna de balayer la poussière qui s'accumulait. J'essayai de lui faire comprendre sa méprise mais il ne voulut pas croire qu'il s'agissait d'un balai magique, et pour ne pas créer d'incident.... je dus balayer l'intérieur et l'extérieur du Palais... Ce qui était énorme.... !
Ensuite nous visitâmes une très importante verrerie dans l'île de Murano. C'était très intéressant. Que de choses splendides on pouvait fabriquer avec du verre. Dommage que les habitants de Murano soient si nerveux. Tout ça pour quelques malheureux objets que je cassai, par mégarde, avec mon balai...
De retour à Venise, nous écoutâmes les explications de notre guide, pour découvrir la ville. C'est ainsi qu'on apprend le métier de touriste !

Il déclara s'appeler Pédrusque Pardusque fils, jura qu'en me voyant il était tombé follement amoureux de moi, et qu'il voulait m'épouser sur le champ. Alors je lui dit oui. Il était jeune et semblait expert en matière de magie et de sorcellerie. Nous avons décidé de nous marier le jour suivant, et nous avons passé la matinée à envoyer des invitations à tous nos amis. Quel mariage ! La cérémonie fut si émouvante... D'abord, en compagnie de nos amis les plus intimes, nous avons défilé en un cortège splendide jusqu'au sommet de la montagne la plus haute, la plus abrupte, la plus inaccessible. C'était si romantique ! Enfin le moment solennel du champagne arriva. Pédrusque prit une coupe pleine et très ému, dit qu'après le toast il ferait un petit discours. Mais, après la première gorgée, le pauvre Pédrusque a commencé à rapetisser et il a complètement disparu. Nous l'avons cherché dans tous les coins sans aucun succès. Ce qui s'était passé, c'est qu'il avait bu tant de vin qu'au moment du champagne il a confondu les bouteilles et bu une coupe de potion magique que j'avais préparée afin de faire disparaître les ennuis de façon définitive. Et il a disparu, définitivement, le pauvre !
C'est ainsi que j'ai été célibataire, mariée et veuve en une seule journée. Et le plus triste, c'est qu'il a disparu si rapidement qu'il n'a pas eu le temps de me donner la formule magique dont il m'avait parlé et qui fait merveille pour l'élimination des cors aux pieds !
Le bébé hibou est devenu mon assistant et mon meilleur ami. Je l'appelais "Gros yeux" parce que ses grands yeux étaient ronds comme des billes. Les nuits de pleine lune, tous les deux perchés sur notre branche préférée, nous complotions tous les mauvais coups que nous pouvions imaginer.
A la fin, elles tranchèrent.
Le meilleur moment, c'était minuit, précisément, au dernier coup de minuit. "Ma chère, dirent-elles à ma mère, à ce moment-là, les astres porteront bonheur à ton bébé."
Mais cette fois-ci, j'avais tout ce qu'il fallait :
Salive de vipère, poudre de coquille de moule, peau de crapaud.
Le jour suivant fut consacré à la démonstration des nouveaux des nouveaux produits et de leur description. Quelques formules et artifices me semblèrent très extraordinaires. Un sorcier canadien, par exemple, présenta une formule qui, par miracle, empêchait les petits pois de rester durs après la cuisson.
Le moment du départ arriva.
Je m'envolai pleine d'espoir.
Enfin j'allais devenir riche et célèbre grâce à mon invention.