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Note moyenne 3.86 /5 (sur 56 notes)

Nationalité : Belgique
Né(e) à : Liège , le 13/05/1936
Mort(e) à : Liège , le 19/07/2008
Biographie :

C'est sous le nom de Jacques Delmotte qu'est né le 29 mai 1936 à Liège, ville qu'il ne quittera pas, le futur Jacques Izoard. Professeur de lettres, il publie à 26 ans son premier recueil, Ce manteau de pauvreté, sous le pseudonyme auquel il restera fidèle. Dès lors, il écrit régulièrement d'étranges poèmes, qui allient la description minutieuse d'une réalité quotidienne et familière et les tourments d'un esprit et d'un corps passionnés, parfois même violents, mais aussi doucement blasés. "La folie t'aime à la folie", se disait-il à lui-même.

Source : http://www.ladifference.fr
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Alain Dartevelle interviewe Jacques Izoard


Citations et extraits (168) Voir plus Ajouter une citation
Jacques Izoard
coco4649   13 décembre 2015
Jacques Izoard
Langue





La langue touche le palais, touche

les dents. Touche le seuil des petits mots

qui vivent partout dans la bouche. La langue

touche la bouche elle-même. Et ce ne

sont que minuscules coups de boutoir,

touchers légers. Effleurements plutôt,

rétractations ou avancées. Le bain d'huile

parfait enveloppe l'organe charnu, le rend

à ton sommeil de poulpe inerte. Mais

les muscles veillent, qui palpitent. Muscles

des sifflements et des chuintements.

La langue grossit de colère ou de volupté.

La sève la fend. Les mots l'enrobent

de feuilles de papier d'argent. La langue

invente elle-même le langage de nos amis.

Écoutons-la. Par un soir d'automne,

la langue naine des fées happe libellules

et liserons. Mais l'hivoire approche de l'iver

l'engourdit….

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Jacques Izoard
sabine59   06 janvier 2018
Jacques Izoard
Ne va pas chercher ailleurs

les petits séismes quotidiens.

C'est en toi qu'ils frémissent

avec de minuscules soubresauts

Vifs tourbillons! Remous infinis!
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sabine59   06 juin 2018
Lieux épars de Jacques Izoard


Ne lie pas les lilas

Laisse le parfum t'envahir.

Et la main n'effleure

qu'un frémissement léger.

Rien n'ose trembler.
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Jacques Izoard
coco4649   01 septembre 2014
Jacques Izoard
Tout se taira, tout

se fera silence embué.

Le hasard, quelque part,

mettra son chapeau d’âne

pour un dernier adieu.

Pour nous qui vivions

mourront les mouches.





Après tes dits et tes proverbes,

tes lunes, tes lubies, tes rêves,

ta voix nue surgira

comme une mer qui gronde

au plus profond des fonds.





Vie ne veut pas dire

que vivre est absence.

Mais si vie exige

des brassées de fleurs,

et que fleurs disparaissent,

tu peux partir.





De ton enfance au gré des voyages,

de tes rixes, de tes trépas minimes,

de l’oubli de toi-même,

il te restera le bleu

dont on fait les poèmes….



Extraits Le bleu et la poussière

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Jacques Izoard
coco4649   02 septembre 2014
Jacques Izoard
…De ton enfance,…

il te restera le bleu

dont on fait les poèmes….



Ensuite viendra le temps

que la nuit engloutit.

Viendra la rose noire

dans l’alerte du vent.

La fièvre qui s’apaise

te laissera inanimé

respirant à l’accalmie.



Viendront les brumes tranquilles

au fil des marais et des lacs.

Sifflera l’eau volée

par-dessus les moulins.

Ténèbres chuchoteront.

L’écho invisible ameutera

l’indicible écho.



Avions-nous promis

d’être nuage ou rêve ?

Non, nous vivions nus,

sans nous soucier des autres.

Et nous faisions semblant

de croire à la mélancolie.



Extraits Le bleu et la poussière



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coco4649   07 juin 2018
Voix , vêtements , saccages de Jacques Izoard
 

 

Qui ne dit mot consent,

suit la main vers le corps,

touche le coq bavard,

qui, dès que le jour pointe,

est, dans ma langue,

sac de plumes,

vampire au nom noir.

Se tait la jambe.

L'œil droit, l'œil gauche

ne font qu'un seul regard.



p.105

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Jacques Izoard
sabine59   30 août 2017
Jacques Izoard
Que toucher dans le jour?

Des passants pressés, des rêveurs

ou des ombres sur le pavé ?

On ne sait trop qui nous frôle.

D'anciens marcheurs volatilisés

ou des fées très légères ...
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Jacques Izoard
OumG   18 février 2018
Jacques Izoard
Rêviez-vous d’urinoir, d’ado-

lescent bleu dès la douche ou

caressant le membre alléché

dès la dérobade et le toucher ?

Je fourrai la langue aladine

où passa le doré liquide

et la douceur, l’amande avalée

dès qu’ubu réveilla l’androgyne.

Et le souffleur rasé prononce :

« Faut-il sans odeur adorer le lys

surgi de l’étoffe, de l’éclair,

dont le front garde une étoile ? »

L’enfant saisit le manche

où dort le loir qui délire

où respire la liqueur,

où l’assommoir délivre

à coups d’encensoir noir

(l’éléphant dans l’urinoir),

le doux boutoir du givre

accueilli par les doigts.

Le bègue atteint la flèche

et les mots vont nourrir

la gousse, la bouche écarlate.



(extrait de Maisons dans le Corps)
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coco4649   06 juin 2018
Dormir sept ans de Jacques Izoard
Racines. Racines. Racines…





Racines. Racines. Racines.

Inextricables langues

que la terre tient,

que la terre arrache

à l’envers du ciel,

je vous montrerai

la lumière, la lumière !
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coco4649   11 août 2018
Les sources de feu brûlent le feu contraire de Jacques Izoard
Le parc enchanté





Il y a un grand jardin qui s'étend à perte de vue.

Il y a des allées parallèles. Il y a des jets d'eau.

Il y a des bancs de pierre. Il y a un ciel gris. Il ne

fait ni chaud ni froid. Quelque part dans ce jardin –

l'imprécision me plaît –, assis sur un banc de pierre,

il y a un homme, un homme qui fixe un caillou de l'allée.

Les allées en effet sont couvertes de cailloux blancs et

ronds. L'homme ne fixe pas n'importe quel caillou.

Il fixe un caillou qu'il a choisi très soigneusement,

après avoir éliminé des milliers d'autres cailloux.

Donc, l'homme fixe le caillou. Dans ce caillou, il y a

un grand jardin qui s'étend à perte de vue. Il y a des

allées parallèles. Il y a des jets d'eau. Il y a des bancs

de pierre. Il y a un ciel gris. Il ne fait ni chaud ni froid.

Mais, dans ce jardin-là, il n'y a personne.

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