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Note moyenne 3.13 /5 (sur 15 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Sébastien-sur-Loire , 1947
Biographie :

Jean-Claude Pinson est philosophe, maître de conférence à l'université de Nantes où il a longtemps enseigné la philosophie de l'art.
Il est né dans une famille de cheminots. Vagues études de Lettres à la Sorbonne. Premiers essais poétiques, dans la mouvance du groupe « Tel Quel ». Longue période d'activité militante, le regard tourné vers la Chine. Durable syncope de tout rapport à la littérature. Passe près de vingt ans à Saint-Nazaire. De cette expérience, résultera plus tard un premier livre de poésie, "J'habite ici". Tardives études de Philosophie : agrégation (1982), puis thèse sur Hegel (1987).
Il est, entre autres, l’auteur de Habiter en poète, essai sur la poésie contemporaine (Champ Vallon, 1995), L’Art après le grand art (éditions Cécile Defaut, 2005), À Piatigorsk, sur la poésie (éditions Cécile Defaut, 2008) essais dans lesquels la philosophie interroge et s’interroge sur l’art et la poésie.
Il est aussi l’auteur notamment de J’habite ici (1991), Fado (avec flocons et fantômes) (2001) et Drapeau rouge (2008) aux éditions Champ Vallon et Free jazz aux éditions Joca Seria, 2004.

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Source : www.champ-vallon.com/Pages/Pagesrecueil/Pinson1.France-Culture
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Kitsch ou comment résister à son emprise, par Jean-Claude Pinson
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
colimasson   15 décembre 2015
Drapeau rouge de Jean-Claude Pinson
Pourquoi ne pas essayer, nous autres, a proposé Giacomo, l’écriture à l’envers ? Pas seulement pour le verlan, le verlan distingué, qui de rouge fait jour. Non, ce pourrait être une façon dans la prose de se souvenir de la poésie, d’y faire passer en contrebande des vers oppositionnels.
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colimasson   19 décembre 2015
Drapeau rouge de Jean-Claude Pinson
Où, sinon dans les vers-alambics qui mieux que vodka incendient et font encore marcher quand on est au bout du rouleau ; où sinon en eux qui sont du feu, Chalamov aurait-il bien pu trouver l’énergie, l’eau-de-vie qui le fit parcourir, en plein hiver, 1500, oui mille cinq cents kilomètres, en traîneau puis camion, à travers la taïga, pour aller chercher, par un froid de moins cinquante, une lettre de Pasternak (1952) ?
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colimasson   11 décembre 2015
Drapeau rouge de Jean-Claude Pinson
Pas vraiment le moment de tenter une sortie sur la page quand s’additionnent :

année du Brésil qui prend fin

+ ordinateur qui rend l’âme lâché par sa carte mère

+ otite (because eau de mer obstinément squattant un fond d’oreille où capuchon du stylo charcuteur sûrement n’arrangea pas les choses […]

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colimasson   21 décembre 2015
Drapeau rouge de Jean-Claude Pinson
il y a une émotion singulière à regarder des photos de groupe où figurent, jeunes, des aïeux. Car vous les voyez comme jamais vous ne les avez vus de leur vivant, et pourtant vous les reconnaissez parmi beaucoup d’inconnus. Vérité infime d’un regard, d’une pose. Et vous vous dites que le secret de ces êtres, que pourtant vous avez fréquentés pendant une bonne vingtaine d’années, à jamais vous aura échappé. Qui furent-ils vraiment ? Quelles furent leurs pensées intimes, leurs émotions les moins dicibles ? Pour quel avenir, quel destin posent-ils ainsi en groupe ?
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colimasson   17 décembre 2015
Drapeau rouge de Jean-Claude Pinson
« (heccéité du 09.10.2005)

été indien tomates

ultimes

corne de brume (car

brume en mer)

+ haie d’éléagnus en fleurs

qui plein pot claironne

sa bouffée de

parfum vanillé

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coco4649   24 mars 2020
de Jean-Claude Pinson
Lieux uniques





BUCOLIQUES FEUILLÉES…

Extrait 1



Bucoliques feuillées. — Au Japon, on n’a pas nos préventions. Les toilettes, écrit Tanizaki, sont l’endroit le mieux fait « pour la paix de l’esprit ». On y peut tout à loisir « goûter la poignante mélancolie des choses en chacune des quatre saisons, et les anciens poètes de haïkaï ont dû trouver là des thèmes innombrables. » Conditions toutefois : le silence, « une absolue propreté » et une certaine qualité de pénombre. Mais d’abord un dispositif architectural qui fait que l’endroit est situé à l’écart du bâtiment principal et à l’abri d’un bosquet (éloge de l’ombre oblige).

     J’ai connu des lieux très semblables : les toilettes que mon père avait construites au-dessus du cabanon familial accroché à mi-pente sur une colline, dans l’arrière-pays de Menton, au lieu-dit le Maura. Sise à l’ombre de grands châtaigniers, habillée de canisse en roseau, la cahute filtrait la lumière, tout en laissant entrevoir en contrebas la mer et la promesse en majesté d’ivresse renouvelée. Car elle offrait en plongée son vin bleu très intense, dans ce très grand ciboire que la montagne découpait entre Cap-Martin à droite et la pointe italienne de Mortola Inferiore, à main gauche.

...
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coco4649   24 mars 2020
de Jean-Claude Pinson
Lieux uniques





BUCOLIQUES FEUILLÉES…

Extrait 3



Car le cabanon, écrivais-je, possédait, un peu plus haut sur la

pente, des cabinets vraiment royaux

guérite où l’on montait la garde pour voir de loin venir

                 les sarrasins, disions-nous en riant

bucoliques feuillées

chaque matin on y montait

un broc de plastique bleu en main,

           pour y siéger longtemps, jouer à baron perché

      à hauteur des grandes branches de châtaignier qui, descendant presque jusqu’à terre (n’oublions pas que le terrain est très pentu), faisaient comme un camouflage où le soleil diffusait une lumière verte de fonds marins. Pas étonnant que le plongeur, perdu dans sa lecture ou ses pensées, tardât à remonter : nul lieu plus idéal pour la paix intestine

    et l’effusion lyrique aussi (celle que suscitent les belvédères), puisqu’on y pouvait à satiété contempler, à travers la canisse qui habillait l’armature de bois de l’endroit, entre le vert des pins déchiquetée

             la frise ultramarine de la mer

             avec le mouchetis de plume des voiliers

             lâchés au large comme d’un édredon crevé
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coco4649   24 mars 2020
de Jean-Claude Pinson
Lieux uniques





BUCOLIQUES FEUILLÉES…

Extrait 2



     Ce lieu, ces lieux d’aisance, je les ai, dans un poème intitulé « Barone rampante (grotesco) », célébrés — chantés même si l’on veut (car c’était bien comme une chanson de la plus haute tour où l’on montait souvent en fredonnant). Je reprenais ainsi le titre italien d’un livre aussi profond que réjouissant d’Italo Calvino, Il barone rampante. En traduction française, c’est devenu Le Baron perché, titre pouvant donner le sentiment aux locuteurs de la langue de Molière que le héros du récit, le baron Cosimo Piovasco di Rondo, devenant Côme Laverse du Rondeau, en passant d’une langue à l’autre (comme il passe d’arbre en arbre), est comme monté en grade, gagnant un quartier de noblesse par la simple vertu d’un mystérieux ascenseur linguistique qui le fait quitter le sol et les racines pour siéger au plus haut des houppiers, de même que les gogues du cabanon, d’être perchées sur la colline du Maura, malgré leur fonction, nous paraissaient dignes de la sublimité du paysage. — En réalité, en italien, rampante est un terme d’architecture désignant, comme son homologue français, la partie inclinée d’une toiture. Rien à voir donc avec le verbe « ramper » ; dans une langue comme dans l’autre, on reste bien dans les hauteurs. Et si Cosimo « rampe », ce n’est pas sur le sol, mais en sautant d’un arbre à l’autre, au gré des branches, comme un couvreur courant de par les toits.

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colimasson   13 décembre 2015
Drapeau rouge de Jean-Claude Pinson
ce que c’est que « porter rétrospectivement » ? –C’est comme marcher sur la terre encombré d’un scaphandre, pataud, ankylosé de partout, ayant du mal à plier les membres. Et pas du tout pour autant cosmonaute dans la tête. Au contraire, gardant de ces années-là de cérébrales lourdeurs et lenteurs dans les circuits.
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coco4649   24 mars 2020
Alphabet cyrillique de Jean-Claude Pinson
GAGARINE DE LA MARINE





(littorini), bigorneaux

Extrait 1



littorini’s lubie qui a saisi Baudelaire à Moscou. Voulait absolument y déguster des bigorneaux. Besoin de recharger son organisme en magnésium, paraît-il.

On a eu beau lui dire qu’on n’était pas en Bretagne, pas à Tharon-Plage, qu’il mélangeait les cartes, etc. Rien n’y a fait.

Et évidemment, de bigorneaux, à Moscou, niet, zéro. D’iceux pas la moindre corne pointant à l’horizon son périscope.

Pas de quoi broyer du noir. Mais pas non plus d’autre solution que de se rabattre sur le mot et sa traduction. Séance lexicographique à mâchouiller des mots, bidouiller des étymologies. Dont il ressort, grosse déception, que ce n'est même pas un mot russe, mais latin. Un mot savant venu de Littré et non du slavon.

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