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5/5 (sur 13 notes)

Nationalité : Algérie
Biographie :

Auteur de "Le domaine public en droit algérien : réalité et fiction", co-auteur avec Gilbert Meynier d'un essai de réflexion "Repenser l'Algérie dans l'histoire", le juriste et universitaire Tahar Khalfoune a collaboré à "Histoire de l'Algérie à la période coloniale, 1830-1962" et aux "Discours choisis (1962-2011)" de Hocine Aït-Ahmed.
Il a également dirigé ou coordonné la publication d'autres ouvrages comme "Mélanges en l'honneur de l'historien Gilbert Meynier" ou "Les assises de la Soummam 60 ans après, quelles leçons ?" Et il a aussi publié de nombreuses contributions sur le droit algérien dans la Revue internationale de droit comparé.

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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Il est temps de sortir des approches jacobines et normatives dominantes sur l’État-nation et qui voient dans les différences une infériorité, dans les minorités nationales une menace à la cohésion sociale et dans la présence d’éléments culturels profanes ou sécularisés une souillure dans les cultures “sacralisées”. […]
Le rapport de l’État à la nation mérite d’être reconsidéré pour l’asseoir non pas sur l’unicité, souvent confinée à l’uniformité, mais sur la pluralité et la richesse des nations.
Tout l’enjeu politique et culturel des changements futurs, dont ces nations sont grosses, réside dans la capacité ou non des élites dirigeantes et intellectuelles à rompre avec le nationalisme de blocage pour adopter une conception de la nation fondée non sur les déterminismes (l’ethnie, la langue ou la religion), mais sur la citoyenneté universelle qui définit le citoyen comme acteur politique dans sa communauté, doté de droits et de devoirs, abstraction faite de sa religion, sa langue, son ethnie, sa tribu…

Extrait de la conclusion
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Dans le cadre de ces mélanges offerts à Gilbert Meynier, nous, ses enfants, Hélène et Pierre-Antoine, tenions à apporter notre témoignage sur Gilbert disparu le 13 décembre 2017, quelques semaines après le décès de notre mère Pierrette le 2 novembre 2017. Même la mort n'a pu les séparer !
Gilbert était avant tout une présence physique, grand, parlant fort et s'imposant souvent. Il donnait l'impression d'être assez sûr de lui alors que, nous le savions, il se remettait souvent en cause et était parfois d’un tempérament inquiet. Fils d'un couple d'instituteurs, il est né à Lyon le 21 mai 1942 sous l'occupation. Par la famille de son père, Henri Meynier, il était originaire de Briançon dans les Hautes-Alpes. Il aimait nous rappeler que ses ascendants provenaient à la fois de l'Alsace occupée, en 1870 et du Piémont italien. Selon des témoignages familiaux, sans que lui-même n'en ait jamais parlé, nous avons appris après sa mort que les Meynier n'avaient pas très bonne réputation à Briançon : mécréants, voire descendants des Vaudois. Son grand-père paternel était chef d'entreprise ; il dirigeait la Maison Meynier, quincaillerie, sanitaire et chauffagiste. Une plaque dans la Grande rue de Briançon témoigne encore de cette prospérité ancienne qui n'a pas survécu à la crise de 1929.
Par la famille de sa mère, Marinette Loison, il avait des racines dans les Monts du Lyonnais, précisément à Saint-Genis-l'Argentière et dans la Loire, à Montbrison. Son grand-père maternel était menuisier-charpentier, compagnon du devoir. Gilbert a grandi à Lyon, dans un quartier populaire du 8eme arrondissement, dans une maison d'instituteurs. Enfant unique, il a été vénéré et objet de toutes les attentions de ses parents. Sa mère lui a donné le goût de l'opéra, du cinéma, du théâtre ; son père l'a initié à la littérature, au syndicalisme et lui a transmis son sens de l'humour. Ses parents l’ont inscrit au lycée Ampère puis, après son baccalauréat, au lycée du Parc en classe préparatoire. Soucieux de gagner son indépendance, il a intégré rapidement à l'institut de préparation aux enseignements du second degré (IPES) qui lui permettait de toucher un salaire. Pendant ses études, au tout début des années 1960, il s'est beaucoup investi au sein de l'UNEF avec son ami Jean-Loup Salètes et s'est engagé de toutes ses forces dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie.
Son parcours universitaire l'avait conduit à préparer un mémoire de maîtrise en histoire médiévale, portant sur les « archevêques comtes de Lyon ». L’Algérie est entrée dans sa vie par plusieurs voies : sans aucun doute ont été importantes les rencontres de sa période étudiante : Pierre Vidal-Naquet, son professeur d’histoire ancienne à Lyon, André Nouschi, son directeur de thèse, Gilbert Grandguillaume avec lequel il a commencé à apprendre l’arabe. En 1966, à Bourges, une longue amitié a vu le jour avec Ahmed Koulakssis, alors, surveillant dans le lycée où il enseignait.
Cependant, le plus ancien éveil à l’Algérie remonte sans doute aux échanges qu’il a eus durant son enfance avec Pierre Faure, le voisin de ses parents à Saint-genis-l’argentière. Sergent dans un régiment de tirailleurs constantinois durant la Première Guerre mondiale, grand blessé de guerre, belle figure humaniste dans nos souvenirs, ce sous-officier de l’armée française lui racontait la guerre et la fraternité du front avec ses soldats algériens. D’où, probablement, le sujet de sa thèse, l’Algérie durant la Première Guerre mondiale. Les origines et la formation n’expliquent pas tout : Gilbert avait indéniablement de grande qualité : courageux, travailleur acharné, indépendant intellectuellement et politique- ment. Il est resté, tout au long de sa vie, rétif à tout esprit de chapelle.
En 1966, à Valence, il a épousé Pierrette Arnaud, rencontrée en 1961 à l'occasion d'une manifestation pour l'indépendance de l'Algérie. Ils ont formé pendant plus de 50 ans, un duo dynamique et mobile, qui s'est déplacé de Lyon à Bourges, Oran, Constantine, Reims avant de s'installer durablement à Nancy. Indéniablement, le choix de sa compagne a été le bon. Pierrette était organisée, d’une humeur égale, très réfléchie et menait de façon efficace son travail d’enseignante et l’intendance de la vie familiale : trois enfants étaient, en effet, nés en 1967, 1968 et 1973 : Hélène, Pierre-Antoine et Jean-Luc.
Rendons à Gilbert cette justice. Si une grande partie de sa vie s’est déroulée dans son bureau, il était là, toujours présent en cas de revers. Il pouvait prendre congé de l’Algérie temporairement pour aménager des chambres à ses garçons dans les combles de la maison en posant de la frisette, pour inviter à un tête-à-tête un de ses enfants quand il s'inquiétait pour lui, pour planifier des séjours linguistiques, jusqu’en RDA à la veille de la réunification. Il parvenait même à accompagner son dernier fils à ses compétitions de judo, même s’il a pu lui être reproché de lire « Le Monde » dans les gradins.  Gilbert avait une formidable énergie vitale qui animait tout ce qu'il entreprenait.
C'était un grand voyageur qui savait organiser de très beaux périples. Entre autres, pendant l'été 1982, le voyage en Renault 12 avec le matériel de camping a conduit la famille en Italie, en Yougoslavie, en Grèce, en Turquie et en Bulgarie. Lors de ce parcours de deux mois soigneusement préparés, aucune église, aucun monastère orthodoxe, aucune mosquée n'a échappé à sa vigilance. C'était aussi un militant infatigable, du syndicalisme universitaire aux associations d’amitié franco-palestiniennes. C'était un amoureux des langues, du provençal qu'il lisait et parlait encore avec les plus anciens, de l'anglais, de l'allemand, de l'italien, du russe et de l'arabe qu'il ne perdait jamais une occasion de perfectionner. C'était, avec Pierrette, un couple ouvert aux autres, dont la maison était, souvent remplie d'amis de tous les pays, animée par des échanges et des discussions passionnés.
Gilbert a pris sa retraite en 2000. Avec Pierrette, ils sont revenus aux sources, à Lyon. Il est resté très actif ; rédaction d'articles et de préfaces de livres, soutenances de thèses, suivi d'étudiants, organisation de colloques, mais aussi poursuite de ses recherches et publication d'ouvrages. Il a suivi aussi avec intérêt l'engagement de Pierrette à la Cimade, association dont elle a été présidente pendant plusieurs années à Nancy puis à Lyon. Ensemble, durant cette retraite, ils ont voyagé en Égypte, Brésil, Kenya, Sénégal... et Algérie bien sûr. Ensemble, ils ont gardé les petits-enfants et leur ont transmis leur soif de connaissances, leur sens de la justice et de l’ouverture à l’autre.
Ensemble, ils ont continué à accueillir des amis de tous horizons dans leur maison de Villeurbanne puis dans leur grand appartement de la rue Saint-Victorien à Lyon. Ensemble, ils n’ont cessé de s'investir dans de nombreuses associations (La Cimade, Coup de soleil, FORSEM…) qui leur ont rendu hommage à Lyon à la Maison des Passages le 23 juin 2018. Gilbert laisse à ses très proches le souvenir d'une forte personnalité infiniment attachante. Un écorché vif, un intellectuel aventurier, un esprit dialectique. Sa disparition est nécessairement suivie d'un grand sentiment de vide.
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I. La période coloniale : une grande variété de statuts
A. La prépondérance de la nature collective de la propriété
1. Les Biens Melk : une propriété familiale indivise
2. La Théorie du Domaine : une mise en œuvre abusive

Pour ne prendre que quelques exemples, le gouvernement a décidé en 1851 de ranger les cours d'eau sans exception en Algérie dans le domaine public. Le général Lamoricière avait alors déclaré : « nous avons dit que les eaux seraient du domaine public parce que nous voulons que l'on puisse les louer et non pas les aliéner, parce que nous voulons réserver les droits de l'Etat pour l'avenir et pour les colons qui viendront... »
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