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Leraut
  01 octobre 2019
Les eaux de Joana de Romao Valerio
Ce récit poignant, fort comme un café serré est d’une écriture d’orfèvre, profondément masculine et rassurante. Malgré son ténébreux, ce récit est un plaidoyer bouleversant pour toutes les femmes. On pénètre dans cette histoire par la grande porte. Cruelle de vérité, âpre, implacable, elle annonce un drame dont l’évènementiel n’aura pas sa place. Dans ces lignes matures, pragmatiques se profile un langage contemporain, réaliste, maniant le verbe dans sa plus juste authenticité. Valério Romào se trouve auprès de Joana, l’hôte de cette histoire trop plausible. Néanmoins, la capacité de recul de l’auteur laisse entrevoir une ouverture pour le lecteur qui lit « Les eaux de Joana » en intériorité. Joana est vive, moderne, attentive aux siens, Jorge son mari et cet enfant dans son ventre, grotte parabolique où rien, absolument rien ne peut absoudre ce petit bout de vie, Francisco. Joana, seule, est écartée des affres. Le monde médical qui l’entoure devient la caricature d’un clown qui fait peur. Masque dont les ombres déchire le ventre de Joana. Ce récit démontre, pertinent, intuitif, les incompréhensions et la froideur sadique de tous ceux qui sont éloignés du ventre de cette jeune femme, matrice mère. Il insiste sur cet abîme, sur l’infini du gouffre, sur les douleurs morales de Joana qui a perdu les eaux de la vie. Ce récit décroche la palme d’or. L’auto-dérision est à portée de vue. Nous sommes dans ce brio où pourtant un drame se joue. Valério Romào a cette capacité extraordinaire d’écrire « Joana » en lettres capitales, emblème féminin des maternités universelles. Il dévoile la distance entre les faits et la réalité. C’est en cela qu’il est magnifique. Traduit du portugais par Joào Viegas ce deuxième récit après « Autisme » (finaliste du prix Fémina étranger) est aussi un livre sociétal et sociologique, une révérence pour toutes les femmes du monde, le point dans le centre de toute vie. Publié par Les majeures Editions Chandeigne.
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enjie77
  26 septembre 2019
Les Maia de De Queiroz
J’ai un faible pour cette littérature du 19ème voire début du 20ème siècle. C’est elle qui nous a donné nos bases littéraires et qui nous a permis, ainsi, de construire notre personnalité de lectrice ou de lecteur. Que ce soit en littérature, en poésie, au théâtre, cette période possède un immense foisonnement de styles différents où nous pouvons choisir entre le romantisme, le symbolisme, le naturalisme, le réalisme ou de « tout un peu ». Mais ce qui avant tout, à mes yeux, guide mon choix, c’est la qualité de l’écriture de tous ces ouvrages.



Depuis un certain temps, je cherchais à approfondir ma connaissance de la littérature portugaise. Quelle ne fut pas ma surprise de lire un billet élogieux de « Oiseaulire » suivi de celui de « PhilippeCastellain » sur le chef d’œuvre d’Eça de Queiros « Les Maia », paru en 1888.



Ce fut un bonheur de lecture ! Je me suis laissée bercer et envouter par le style d’Eça de Queiros à la fois lyrique et ironique, d’une très grande élégance. Le rythme est lent, il se savoure. En fin observateur, il analyse la société portugaise pendant la période de la « Régénération ». Son regard se fait critique et humoristique. Il raille avec intelligence aussi bien l’aristocratie que la bourgeoisie, la classe politique que l’église. Il pointe de la plume la décadence de ce pays vermoulu (c’est ce qu’il fait dire à l’un de ses personnages) entre la religion et la monarchie avec l’espoir d’élever le niveau de la politique. Les dialogues, dans ce livre, définissent Eça comme un libéral qui aurait aimé faire bouger les lignes de cette société repliée sur elle-même dont la classe aisée s’adonne à l’oisiveté, la classe politique au dilettantisme, trop occupée ou préoccupée par les histoire d’adultère et les secrets d’alcôve qui vont avec.



Cet extrait du livre donne le ton :



« Et du génie ! s’écria Carlos. Délicieux, n’est-ce pas ? Dites-moi donc si tout ce que je pourrais faire pour la civilisation ne vaudra jamais ce plat d’ananas ? C’est pour ces choses là que je vis ! Je ne suis pas né pour contribuer à la civilisation.- Tu es né, répliqua Ega, pour cueillir les fleurs de cette plante de civilisation que la foule arrose de sa sueur ! Au fond mon vieux, moi aussi ! »





Eça fut tour à tour journaliste puis diplomate. De ses voyages, il rapportera des éléments de comparaison qui l’autoriseront à porter ce regard critique sur son pays qu’il concrétisera par l’écriture de la saga familiale des Maia. D’abord le grand-père, Afonso de Maia, vieille aristocrate terrien, grand libéral devant l’Eternel, et surtout Carlos Eduardo Maia, son petit fils qui sera la personnalité majeure autour de laquelle, se déroulera tout le roman sans oublier la belle ville de Lisbonne. Toutes les personnes évoluant dans l’entourage de la famille Maia sont toutes parfaitement dessinées avec leurs individualités ce qui donne un aperçu de la société lisboète de cette époque.



Mais ce qui m’a le plus touchée, c’est l’écriture qui restitue parfaitement les émotions, les états d’âmes, l’intensité du bonheur de vivre, la captation de la pensée qui accompagne l’apparition du véritable amour quand bien même celui-ci se révèle impossible.



Ah un seul bémol : je ne connais rien à l'Histoire du Portugal, j'ai souvent dû me reporter à mon smartphone pour mieux comprendre le contexte, ce qui est un peu gênant.



Mais je vous laisse découvrir ce chef d’œuvre de la littérature portugaise qui a bénéficié d’une excellente traduction de Monsieur Paul Teyssier.



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Goupilpm
  20 septembre 2019
Mort sur le Tage de Pedro Garcia Rosado
Une embarcation quitte le yacht où s'est tourné un film X et une partie fine. Une scène éclate entre la prostituée et l'un des deux frères la frappe, plus elle se défend plus il devient violent. Pour échapper aux deux hommes, la jeune femme se jette à l'eau et regagne les docks mais l'homme la poursuit et la tue. Le lendemain un pêcheur voit au sol des traces de sang et appelle la police. Après des recherches dans le fleuve, la police, n'ayant pas trouvé le corps, se désintéresse de l'affaire. Mais le demi-frère de la victime, ancien membre du KGB même l'enquête.



Le sujet principal de l'intrigue consiste surtout à savoir si les coupables vont être punis ou s'ils vont échapper une fois de plus à la justice.



Dans ce roman l'on suit d'une part les deux frères qui sentent que l'étau se resserre et qui part tous les moyens vont tenter d'y échapper. D'autre part l'on suit le demi-frère de la jeune femme qui lui a eu par le passé affaire avec la justice et qui cherche lui aussi par tous les moyens la vérité,... et à un degré moindre la police.



La galerie de portraits sont remarquables par leur noirceur. Leur analyse psychologique est intéressante car traitée en profondeur mais qui ne gêne en rien le suspense même si dans la première partie on peut regretter quelques longueurs et un développement assez lent. Pour pimenter l'histoire l'auteur introduit une autre personnage, le Diable, un être mystérieux qui vit dans les souterrains de Lisbonne ce qui ajoute au récit une petite touche de fantastique au récit.



L'auteur avec Mort sur le Tage propose un roman noir à l'intrigue de qualité, une tension qui se maintient tout au long du récit malgré les longueurs, des protagonistes bien campés... il y tout ce qu'il faut pour faire un roman agréable à lire même s'il sort du lot habituel du genre policier.
Lien : http://imaginaire-chronique...
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