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Aderu
  07 avril 2021
Une vie en anthroposophie, la face cachée des écoles Steiner-Waldorf de Grégoire Perra
Adapté du formidable/indispensable/recommandable podcast Meta de choc d'Élisabeth Feytit, ce livre nous narre l'histoire de Grégoire Perra, croyant anthroposophe déconverti.



Tout commence à ses 9 ans, quand ses parents l'inscrivent dans une école Steiner-Waldorf. Je spoile direct : c'est une décision dramatique.



Un ouvrage en guise de cri d'alarme sur ces institutions délétères, auréolées du "chic" et de l'attrait des "pédagogies alternatives".



En sortant du lycée, Grégoire Perra entame des études littéraires, philosophiques et théâtrales. Ce qui, de son aveu même, le sauvera quelques années plus tard, en semant de premières graines dans son esprit.



Mais avant d'en arriver à la sortie, il reviendra aux écoles Steiner-Waldorf, en tant qu'enseignant cette fois. Il sera dans le même temps professeur de philosophie pour l'éducation nationale.

En parallèle, il rejoint diverses revues anthroposophiques. Et anime conférence sur conférence. Sa force de travail et sa connaissance pointue des textes de Steiner le promeut rapidement en personnalité majeure de l'anthroposophie française.

Il tente, s'apercevant de la paralysie mentale de ses collègues de croyance, de réformer l'Institution - ils aiment bien les majuscules sur les noms communs, mais là c'est de mon fait - de l'intérieur. N'y arrivant pas côté école, il lâche l'enseignement Steiner-Waldorf et concentre ses efforts sur l'organe central. Chou blanc - mais comment aurait-il pu en être autrement ?



Vient alors le départ. La démission. Et la dernière étape du lent processus de désendoctrinement.



La meute est lâchée. Anthroposophes sortent griffes et crocs. Menaces, procès, intimidations, Grégoire Perra savait à quoi s'attendre, et, pour l'heure, maintient le cap. Dans ce livre, mais d'abord dans son blog. veritesteiner.wordpress.com puis gregoireperra.wordpress.com



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Tout au long de l'ouvrage, en grand spécialiste des textes de Rudolf Steiner et du canon anthroposophe, l'auteur détaille par le menu différents aspects des croyances de cette doctrine. Sans jamais lésiner sur les exemples. La cosmogonie, la pédagogie, la philosophie, le culte du secret, autant d'angles largement évoqués.



On ne manquera pas de signaler que Rudolf Steiner est l'inventeur d'une pratique magico-agricole : la biodynamie. Oui, oui, cette pratique en vogue est née des élucubrations de Steiner.



Dans sa mégalomanie, il ne lui fallait pas seulement créer sa cosmogonie, sa pédagogie, son système alimentaire. Restait la santé. Bingo ! Il codifia également les fondements de la médecine anthroposophique. Et l'une des marques phares du mouvement : Weleda.

Présente dans toutes les pharmacies, le site officiel rend hommage à Rudolf Steiner, "un philosophe humaniste". Cherchez ses avis sur les Noirs, par exemple, et essayez de ne pas vous étouffer en le décrivant comme humaniste !

Reprenant le système de la théosophie blavatskienne, Steiner professe le déploiement des êtres en 7 fois 7 races. Les Blancs sont la quatrième race (de la quatrième race-mère si je ne m'abuse). Les Noirs sont en-dessous. Car oui, le 7 x 7 est une échelle de production, étapes d'évolution, et pas une "simple" classification.



Bref, je ne vais pas épiloguer sur le fond. Les croyances sont complètement hallucinantes.

Cherchez l'avis de Steiner sur les tâches de rousseur, sur les cheveux blonds ou bruns. Sur le cinéma. Etc, etc, etc.

Steiner c'est l'anthroposophie, et l'anthroposophie c'est Steiner.



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Ce que Grégoire Perra expose avec brio, et de manière tout à fait effrayante, ce sont les mécanismes de l'emprise, de l'asservissement, du conditionnement, et autres piliers des dérives sectaires.



Là où les raeliens, par exemple, peuvent faire office d'hurluberlus, les anthroposophes avancent masqués. À couvert.



La toute fin de l'ouvrage nous présente quelques-unes des personnalités proches du mouvement. Volontairement ou de fait. Pierre Rabhi, Albert Jacquard, Jean-Marie Pelt, Nancy Huston ou, et là ça pique sévère, Edgar Morin...

Or, qui trouve-t-on en librairie ces jours-ci ? Le duo Rabhi/Morin publié par Actes sud, maison dirigée par Françoise Nyssen. Fondatrice d'une école pas Steiner-Waldorf, c'est elle qui le dit, mais dont le directeur était l'ancien directeur général des écoles Steiner-Waldorf et qui recruta des profs issus d'écoles... je vous laisse finir la phrase !



Pour finir cette critique, retour aux écoles.

Elles seraient un lieu d'épanouissement, de développement de la créativité des enfants, etc. Alors que tout est millimétré, cadré à la minute près.

Les profs laissent tout faire, le molestage des élèves désignés victimes. Tout se passe ainsi que cela doit se passer. Les maladies, les blessures ne sont que des accidents karmiques. Les vaccins ? Non merci !

Des enfants essentialisés, réduits à tel trait de caractère ou tel autre - il y en a 4 et on ne s'en détache pas.

Steiner écrit qu'il faut retarder au plus tard le développement de l'intelligence, qui est une mauvaise tendance et qui ne doit pas arriver avant les 14 ans.

Obsédé par le 7, les cycles de vie sont découpés en paquets de 7 ans. Jusqu'à la bascule des 42 ans... Mais que se passe-t-il alors ? Je vous laisse le découvrir.



C'est presque amusant. Mais non, c'est effrayant.



En fait, lisez le livre. Il y a trop à dire.



D'ailleurs, il est largement temps de féliciter Élisabeth Feytit qui mène cet entretien avec maestria. En plus de l'adaptation du podcast, cet ouvrage présente de nombreux encarts permettant d'affiner tel ou tel sujet, ou encore de proposer des extraits de textes de Steiner.



Épargnez vos enfants et fuyez ces lieux !

Et soyez conscient.e.s de qui vous financez. D'ailleurs la banque la Nef fait partie de la nébuleuse.
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DavidG75
  20 juillet 2020
Jardin(s) de Francis Denis


Jardin(s)...



« Lorsque je dis « nous », je m’entends bien, il s’agit de moi-même et de mon ombre. On peut éventuellement y ajouter la présence de Nestor, mon poisson rouge, le cercle de mes relations intimes ou non s’arrêtant là. »





La vie de René est à l’image du coron qu’il habite. Comme pour cet ancien quartier d’ouvriers, les briques et le ciment de son existence se sont imprégnés de relents de monotonie, de tristesse, de jeunesse disparue et de solitude qu’il cherche désespérément à dépoussiérer... René est un invisible, un « vieux jeune homme », un oublié du quartier...



Pour échapper à cette obsolescence programmée à laquelle sont irrémédiablement condamnés les transparents insignifiants, René va alors imaginer son jardin rêvé... Oh, ce ne sera certes qu’un petit jardin, cloisonné entre trois murs de briques sombres, mais dans son jardin à lui, René érigera une piscine à la verticale ! Un endroit à l’envers qui ne tardera pas à ramener un peu de vie dans ce quartier, voisins et badauds curieux s’empressant de visiter ce petit paradis.



Un paradis qui s’embellira avec la venue de Clotilde... D’abord jardin secret puis jardin à entretenir, cet amour fou chamboulera l’existence de René jusqu’à la déraison, le point de non-retour et... la folie libératrice...





« Ta robe à fleur

Sous la pluie de novembre

Mes mains qui courent

Je n'en peux plus de t'attendre

Les années passent

Qu'il est loin l'âge tendre

Nul ne peut nous entendre »



- Jardin d’hiver, B. Biolay





Que notre jardin soit intérieur ou extérieur, on y a tous au final quelque chose que l’on souhaite y conserver intact, enfoui à l’abri du regard des autres.





« Préfacer, postfacer, nous préférons glisser, nous « effacer », comme les personnages si attachants et tristement oubliés de Francis Denis ». A l’image de cette préface signée Alain Cadéo, j’ai apprécié ce glissement et cette balade dans l’imaginaire doux amer de Francis Denis.



Francis Denis est un touche à tout, à la fois poète, écrivain, peintre... Son livre est constitué de deux nouvelles, dont la seconde, La femme trouée, explore, avec une autre sensibilité touchante, les relations mère/fille et soignant/malade sur une même toile de solitude.
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