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Plexiglas

Comment le dire ?

La vie quotidienne de chacun ressemble beaucoup à celle de son voisin, pour la majorité d'entre nous. La pandémie nous a tous secoué, voire plus.

Cholet est une ville assez tristoune, nous avons échappé à d'autres riantes cités de notre beau pays, jonché de ces hangars dans lesquels des gens travaillent, sinistre paysage de non-vie.

L'humanité de ce roman est réelle, comme d'autres, dans une version brute, sans fioritures ni décorum, avec les préoccupations autour de tous ces détails qui font de la vie, une vie de m.....

Je suis désolé de ne pas partager l'enthousiasme un peu surjoué de la "proximité".

Je ne sais pas quel est le métier de l'auteur. Peut-être est-il cariste à Carrefour et sa femme caissière dans le même magasin.

Je lis qu'il est originaire de Cholet et barman à Rennes.

Ces gens sont sympathiques mais lire un roman sur la vie de ma voisine du dessous, sur le poivrot qui refait le monde au comptoir du bureau de tabac du coin...

J'ai acheté ce livre sur le conseil d'un libraire.

Lisez-le si vous voulez, vous y trouverez peut-être quelques similitudes avec votre vie personnelle.

Déprimant mais une qualité toutefois :

On y croit.
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L'Échappée

« D’abord avec ironie, puis comme si cela allait de soi. On parlait des Sarrasins, des Bohémiens ou des Hébreux…Certains médias s’étaient empressés de propager ces mots surannés. L’air de rien on s’était mis à parler comme au Moyen Âge et c’était loin d’être bon signe.»

Tel est le constat sur l’état de la société que fait François un prof d’université spécialiste d’histoire du cinéma . François a tout perdu. Et cela bien avant que la société connaisse la déliquescence dont il est un témoin impuissant à défaut d’en être un acteur.

La mort de sa femme Faustine a été un premier traumatisme. Il n’a pas supporté de vieillir et s’est retrouvé livré à lui-même, incapable de gérer sa déconnection progressive d’avec un monde qu’il ne reconnaissait plus et dans lequel il ne se retrouvait plus.

Je n’en dirai pas plus au risque de dévoiler des pans de l’histoire qu’il faut laisser découvrir aux futures lectrices et lecteurs.

La société n’a pas été tendre avec lui et après plusieurs péripéties qui le conduisent aux marges de ce qui est admis, il se retrouve sur la route avec ses certitudes, son savoir et rien d’autre pour tout viatique.

Le danger est partout pour un homme seul alors que le phénomène de bande devient une règle de vie. Il a un objectif mais le chemin qui l’y conduit est parsemé d’embuches.

Il imagine encore pouvoir prendre un train, mais lorsqu’il demande la direction de la gare dans la ville de Belgrand où il a réussi à parvenir, un facteur lui répond :

« C’est tout droit. Mais si c’est pour prendre un train… »

C’est là qu’il rencontre Constance Dreyer, une jeune suissesse, violoncelliste en rupture de famille.

Cette association baroque, si elle leur permet de faire face aux événements, ne manque pas de susciter des convoitises. Lorsqu’ils se retrouvent prisonniers de la « section Jura libre » une bande d’adolescents dirigés par un homme plus âgé « le révérend Richard Moll» qui les mystifie en les assurant de l’importance de leur rôle contre «(…) la chute de notre civilisation. »

François se trouve confronté à l’ignorance de ses gardiens, à leur méconnaissance de l’histoire et de ce fait à leur fragilité face au savoir « Ils avaient soif de savoir des choses, un peu tout et n’importe quoi. La situation du pays ne les préoccupait qu’à moitié. Miro avait préféré revenir sur le premier western de l’histoire du cinéma. »



Jean-François Dupont a écrit un conte tout à fait crédible en tirant à peine sur la corde. Ce que nous vivons actuellement, avec le développement croissant des théories complotistes et le délire qu’il induit est traduit de façon réaliste dans la confrontation entre François, Constance et leurs jeunes gardiens. Ceux-ci reconnaissent la culture de leur prisonniers et la perçoivent comme une arme redoutable qu’ils ne possèdent pas « Je vous préviens, avec vos petits sourires en coin…Arrêtez de me prendre pour un con… » dit le chef de la troupe, Himmler…

Le roman pose la question du rôle du savoir et de la connaissance, de son statut dans la société. Sont-ce seulement des instruments de domination ou des moyens de compréhension de l’univers et de facilitation de la communication entre les différents groupes sociaux ?

François se pose cette question « À quoi cela servait d’avoir tous ces films en tête et de ne pouvoir en parler à personne ? »

Un livre à lire qui apporte une contribution pertinente aux débats qui nous agitent quotidiennement.
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