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La Dispute


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Dernières critiques
MartinServal
  08 avril 2021
L'Utopie de More Thomas
Dans ce récit célèbre, Thomas More dresse le portrait de sa société idéale, qui se révèle presque exclusivement utilitariste, totalement uniformisante, et passablement communiste.



Tous les comportements y sont découpés, optimisés, rationalisés, standardisés à l'extrême, ne laissant simplement aucune liberté à quiconque et menant, entre autres, à la suppression de la propriété privée, de la liberté individuelle, des liens familiaux, etc.



En éminent théologien qu'il est, Thomas More reprend de nombreuses paraboles des Évangiles comme autant de bases de son système parfait.

Cependant, en présentant des citoyens unanimement parfaits, l'auteur oublie le plus important des commandements : aimer son prochain comme soi-même, quand bien même il agirait en ennemi. En effet, quels mérites trouve la Foi lorsqu'elle n'est confrontée à aucune altérité, aucune misère, aucune iniquité, pas la moindre malveillance ?



Un tel monde de perfection ôte à chacun son labeur : celui de laisser le monde un peu moins miséreux et un peu plus saint après son passage.
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MartinServal
  03 avril 2021
Discours de la méthode de René Descartes
Le voilà ce fameux livre qui, le premier, entama la désespérante plongée du monde dans le rationalisme. De peur de tenir une opinion fausse ou inexacte, Descartes fait le choix de se reclure dans la pensée rationnelle et de bannir toute suprarationalité de sa réflexion.



Cette doctrine nouvelle est si morne et froide, privée de toute intuition mystique ou passionnée. La foi est dévalorisée au profit d'un savoir prétendument certain car raisonné et raisonnable, et pourtant les deux ne sont pas antagonistes, le deuxième est simplement subordonné en valeur par rapport à la première, comme ce fût le cas pendant des siècles en Occident, et comme c'est toujours le cours en Orient (ou du moins dans une partie).



Cependant, le discours de Descartes n'est pas si abrupt et il ne constitue que le point de départ de l'idéologie matérialiste et rationaliste qui prendra son propre nom, mais il en contient tous les fondements, que ses disciples et successeurs n'ont ensuite eu qu'à élever progressivement jusqu'au pinacle, aboutissant ainsi à notre monde positiviste et désenchanté...



Sur la forme enfin, la doctrine de Descartes est clairement énoncée, suivant un plan annoncé et suivi à la lettre, bien qu'obscurcie par une syntaxe alambiquée et très éloignée du français actuel. Avis aux amateurs de subjonctifs imparfaits, ce texte en est saturé !
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JCLDLGR
  22 mars 2021
Emanciper le travail : Entretiens avec Patrick Zech de Bernard Friot (II)
Pas du tout facile à lire, non pas pour des raisons théoriques, mais par l'insistance à expliquer les concepts avec des points de vue complémentaires, des nuances dans l'approche philosophique ou politique qui font que la lecture exige parfois de revenir en arrière pour vérifier si on est en train de lire un nouveau concept ou si le même est proposé différemment...

Sur le fond, cette proposition communiste de salaire à vie, prolongé a partir des avancées sociales de 1945 est tout à fait pertinente.

La différence avec le revenu universel ou revenu de base apparaît cruciale dans la mesure où le salaire à vie à fait ses preuves avec la fonction publique. Il vise plus large, inclut son financement par une cotisation et passe par une mutualisation des outils de production de valeur ; c'est une mise au rebut du capitalisme, par la réappropriation de la valeur par les salariés qui la produisent.

Les principes sont clairs et sans ambiguïté, mais ça se corse dans les détails concrets, dont la mise en oeuvre rappelle les expériences soviétiques ou cubaines.

Cela dit si on veut vraiment changer le système, ça reste une des rares propositions concrètes viables, à condition de retenir les expériences passées. Mais à moins d'un grand soir dont on peut anticiper l'issue dans le sang, je vois mal comment la transition peut se faire avec une classe ouvrière exportée le plus loin possible, des syndicats divisés et un pouvoir de manipulation de la classe dominante de plus en plus important.

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