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Ginkgo


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Dernières critiques
ShubNiggubarth
  15 juin 2018
Sherlock Holmes a Chamonix de Charmoz Pierre
Ce livre se lit vite. C'est un de ses points forts.

Ce livre a un style s'approchant des vieux Conan Doyle. Son second point fort.

Ce livre, pour un savoyard, fait référence à de beaux paysages qu'on voit en fermant les yeux même lorsqu'on est expatrié. C'est son dernier point fort, malheureusement.



Pour le reste, soyons honnête : c'est gentillet. Ça se laisse lire mais ça n'emporte pas, rien de transcendant. Les quelques idées sympathiques sont vites noyées par des lourdeurs, des caricatures trop lourdes.



Les enquêtes n'ont pas lieu et les évènements poussent Sherlock Holmes à avancer balloté en suivant, sans jamais prendre la main sur les aventures, se laissant porter tranquillement vers la fin. Dans un film, on penserait à un acteur célèbre qui viendrait cachetonner pour payer ses impôts, assurant le minimum syndical sans se fouler. Le jeune Gaston, plus qu'un remplaçant de Watson, devient un sidekick un peu lourdingue mais sympa.



En réfléchissant après lecture, en jetant un œil sur la quatrième j'ai listé :

- le mystère de l'ascension ? Sherlock ne s'y intéresse pas et n'en parle même jamais. Faut dire qu'il n'en a même pas connaissance.

- La mort de son oncle Wymper? Jamais élucidée. On a un début de réponse en sous main, mais sans enquête.

- L'étrange rousse aux yeux verts? On ne sait pas trop ce qu'il en est et , au final, on s'en fiche un peu.

- Les inquiétants agents prussiens? Ils se terminent tout seul sans que l'esprit de Sherlock ne les inquiète jamais.



Au début de l'histoire, les auteurs font dire à Sherlock que ses coups d’œils magiques, ses déductions exceptionnelles, il ne les pratique plus; qu'ils étaient sur-évaluées par Watson sous la pression de son éditeur. Et bien ce dernier avait peut être raison, ça permettait de jolis voyages.

Ce qu'ici il n'y a pas.

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Marsepe
  17 mars 2018
Les nouvelles charcutières de Maltère Céline
Disons-le tout net : la littérature de Céline Maltère ne s’adresse pas aux demi-portions, aux lymphatiques et aux sensibles, ceux à qui la vue du sang (de boudin) fait lever le cœur, ceux qu’une saucisse-cocktail rassasie, ceux qui "craignent" les bizarreries de l’âme humaine et la cruauté du réel… Non, vous pouvez passer votre chemin : vous trouverez aisément de quoi lire tranquille.

Pour aimer la littérature de Céline Maltère, il faut avoir lu ses classiques, aimer ricaner et se laisser porter sur les chemins de l’étrange par sa prose précise et belle.



Les Nouvelles Charcutières (Ginkgo éditeur, 2017) s’inscrit dans la lignée des Cahiers du sergent Bertrand (Sous la Cape, 2015) et de La Grotte aux Nouilles(Sous la Cape, 2016), dont il pourrait constituer le troisième volet d’une trilogie. Pour le choix de la forme d’abord, un mélange de nouvelles et de poèmes, mais aussi par la proximité de ton et d’inspiration. Deux textes du recueil figurent d’ailleurs dans ces deux ouvrages antérieurs, confirmant la filiation.

Sous le patronage de Lisa Macquart, l’héroïne charcutière du Ventre de Paris, Céline Maltère, le tablier noué dans le dos, la trancheuse à jambon à la main, a construit rigoureusement son temple du boudin : cinq tranches, comme les cinq actes d’une tragédie, un prologue, un intermède et un épilogue. Entrée, plat et dessert ! Et tout cela se lit d’une traite, sans risque d’indigestion (le trou normand est offert par la maison !).



Tout commence par un concours où sont rassemblées les tueuses mythiques, les assassines de l’histoire – on reconnaît Médée, Judith, les Danaïdes – toutes prétendantes au titre de Charcutières de légende. Mais le concours tourne court : il est bien beau de tuer, mais encore faut-il savoir cuisiner ! Toutes ont laissé perdre la viande. "Revoyez vos mythes", lance, impitoyable, le président en annulant les jeux. Le ton est donné dans ce prologue drolatique et les mythes revisités à la sauce grand veneur : Frankenstein, la guerre de Troie (de Troyes, évidemment !), la légende de Saint-Nicolas…



Les nouvelles sont brèves et percutantes : on a retiré le gras du jambon pour ne laisser, en guise de fioriture, qu’un brin de persil dans les narines de la tête de cochon. Derrière la vitrine, quel aréopage ! On croise une artiste-charcutière pour qui il n’y a qu’un pas du lard à l’art, la patriotique Mme Gaifule et son ambitieux projet pour la tour Eiffel, la terrible Miss la Truie dont la vengeance sera terrible, Elsa Couenne, la tueuse de nazis, Madeleine la mal-nommée, La Raisin et son andouillette magique, mademoiselle Dubouchet, la Prométhée-charcutière, etc.



Ces nouvelles charcutières sont des combattantes et l’ouvrage, sans forcer le trait, est un manifeste subtil qui trouve son sommet dans l’intermède, "Le tétraptyque de la femme gestante". Accompagnés des collages de Jean-Paul Verstraeten, ces textes en forme de saturnales donnent à réfléchir à la condition animale : mangerions-nous un enfant de lait ? Quel sort les animaux, à la verticale sur leurs deux pattes, réserveraient aux humains, si le rapport de force était inversé ? Rosende est l’héroïne de ce combat, la mater dolorosa des animaux martyrs, celle qui récite la "Litanie des abattoirs" devant ses bocaux de formol. C’est féroce, cruel, mais Voltaire, après tout, a bien fait comprendre l’horreur de la guerre en donnant à voir une boucherie héroïque…



Humour noir, grotesque, souvenirs d’enfance et de lectures, leitmotive et préoccupations sociétales entrent dans cette terrine littéraire, admirablement préparée, qui amuse les papilles, sans jamais peser sur l’estomac. Une manière de corriger les mœurs par le rire.



Stéphane Maltère
Lien : http://salon-litteraire.lint..
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frandj
  02 mars 2018
Qu'a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou
Attention, ceci est un OLVI (objet littéraire non identifié) exceptionnel. J'ai rarement lu un roman qui m'a autant surpris, L'auteure est une Grecque, quasiment inconnue, dont la créativité et aussi la subtilité méritent notre admiration. Voici, en deux mots, le début de l'histoire:

Dans un futur indéterminé, un cataclysme a bouleversé la planète: le Grand Débordement a noyé une partie de l'Asie et de l'Europe, avec leurs habitants faisant de Paris un port au bord de la Mer Méditerranée. C'est alors qu'un « sel » mauve, aux propriétés étranges, est sorti des entrailles de la Terre, au niveau de ce que nous appelons la Mer Morte (c'est cette particularité qui est suggérée dans le titre du livre, Sodome étant située dans cette région). Une Compagnie mystérieuse et tentaculaire (les "Soixante-Quinze") exploite ce « sel », dans une colonie isolée, où se passe l'essentiel de l'action.

Un obscur spécialiste des « lettres croisées » (sortes de mots croisés extrêmement complexes), Phileas Book, est contacté par un agent des Soixante-Quinze. Il est chargé d'interpréter des lettres qui ont été précédemment envoyées à la Compagnie. Les auteurs de ces lettres sont plusieurs personnages influents de la colonie exportant le « sel »; ils ont plongé dans le désarroi, quand le tout-puissant gouverneur de la colonie est décédé mystérieusement. Dans leurs lettres, ces six "Pieds Nickelés", qui ont de sombres antécédents, ont donné leur vision personnelle des événements invraisemblables auxquels ils se sont confrontés. On les voit s'agiter pathétiquement, afin de tenter de tirer leur épingle du jeu – c'est du moins l'impression qu'ils donnent.

Au terme de ce long roman, Phileas Book finira par décrypter ces récits et par découvrir la vérité, à laquelle le lecteur ne s'attendait pas. Elle lui sera révélée d'une manière assez elliptique. Ce dénouement fait tout le "sel" de ce roman, si j'ose dire…



Mais je dois surtout insister sur la richesse de l'imagination de Ioanna Bourazopoulou, qui évoque en détails un monde hautement improbable mais fascinant. Ce n'est pas de la science-fiction, ce n'est pas non plus une uchronie, c'est la description d'un monde virtuel. L'auteure suggère bien ce que pourrait être l'écrasante emprise d'une compagnie mondiale, sur une planète future ou en tout cas possible – et les citoyens que nous sommes actuellement, dans le monde réel, se sentent interpellés.

Pour conclure, je ne saurai pas trop recommander ce roman bizarre et surtout très original, sans comparaison possible avec la quasi-totalité des romans contemporains.



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