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sylvierochon
  14 octobre 2017
La prophétie d'Abouna de Fawaz Hussain
Il s'agit ici du deuxième volet d'une trilogie autobiographique annoncée par l'auteur, après le remarquable " Les sables de Mésopotamie ".



Où se situe ce roman, paru en 2013, dans le parcours littéraire de Fawaz Hussain? "La prophétie d'Abouna " est le roman après lequel s'opère un changement dans la construction narrative des livres qui suivront ("Orages pèlerins" en 2016 et "Le rêveur des bords du Tigre" en 2017). Il est le roman dans lequel l'écrivain fait ressortir le contraste entre le rêve qui habitait un jeune étudiant universitaire en exil et les déceptions que la vie réserve à tous. En ce sens, c'est un roman sur le désespoir humain, sur les errances, sur l'impossibilité de véritablement prendre racine quelque part.



C'est un roman dans lequel la tristesse est poignante. Le petit garçon à qui Abouna (enseignant catholique) avait prédit un avenir radieux s'il allait à Paris, n'a rien perdu de sa curiosité et de sa naïveté lorsqu'il quitte le Kurdistan syrien pour la France. Mais, au fil des ans, le personnage de Mohamed se rend compte que ce qui se passe dans son pays (et les pays tout autour de la Syrie) met son peuple en danger et jette une ombre sur les exilés. Et Fawaz Hussain fait très bien voir le gouffre qui se crée entre les événements dramatiques qui surviennent au Proche-Orient et l'indifférence des Occidentaux face à cette violence. Cette indifférence qui s'ajoute au mépris largement affiché envers les migrants sera l'occasion, pour Mohamed, de prendre conscience de l'absence d'assises dans sa propre existence: faudra-t-il toujours être désigné comme un migrant, multiplier les preuves d'un savoir-être et d'un savoir-faire (après des études ayant mené au doctorat)?



Mohamed, dans son incertitude existentielle, fait des choix douteux pour sa propre vie. La relation amoureuse qui l'entraîne loin de cette France idéalisée a échoué. Là n'est pas le plus important puisque nombre de relations échouent. Toutefois, comment demeurer insensible au témoignage vibrant d'un père qui perd peu à peu ses droits sur son enfant alors que rien dans son comportement envers sa fille ne semble le justifier? Une souffrance aiguë qui va générer chez Mohamed un questionnement bouleversant sur le droit-à-être des exilés et particulièrement des Kurdes.



Il y a beaucoup de descriptions sexuelles dans le roman, ce qui était aussi le cas dans "Chroniques boréales" (L'Harmattan, 2000) et dans "Prof dans une ZEP ordinaire" (Le Serpent à plumes, 2006). La liberté sexuelle est un droit et Mohamed le revendique au nom de sa jeunesse, de ses frustrations passées et d'une confrontation avec la religion musulmane, qui est la sienne. Ici, Fawaz Hussain aborde encore une fois un problème sur lequel il faut que tous réfléchissent lorsqu'il s'agit de condamner les valeurs et les moeurs des musulmans, à savoir combien il est difficile pour l'individu de trouver sa voie, même dans la sexualité, alors que l'éducation en a édulcoré le sens. Actuellement, tout le travail littéraire de l'Algérien Amin Zaoui porte sur cette démystification de la sexualité chez les musulmans. Le Mohamed de "La prophétie d'Abouna" se cherche, n'a que peu de certitudes sinon celle que la littérature et Paris sont ses plus grandes maîtresses.



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nrisovics
  22 septembre 2017
La Locomotive ivre et autres nouvelles de Mikhaïl Boulgakov
Boulgakov arrive çà Moscou sans le sou et nous souffre des nouvelles retraçant quelque peu sa trajectoire et l'état d'esprit, le système dans la Russie communiste des années 20.

A u menu lourdeur bureaucratique, ironie mordante et absurdité à bien des étages.

Intéressant, plein d'esprit mais très inégal.
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lagier
  15 septembre 2017
On a marché dans Pyongyang de Abel Meiers
Je suis mitigé sur ce journal-roman. Le sujet est certes original car les livres traitant de la Corée du nord vu de l’intérieur sont rares, donc ce livre mérite d’exister. Mais il me semble que l’auteur n’a pas pris la peine de relire un minimum ses écrits avant la publication (pourtant il y a des remerciements pour les correcteurs à la fin). Le récit oscille entre journal de bord et histoire vécue romancée. La première partie (où Quentin est seul) est un peu rébarbative (mais peut-être m’a-t-il fallu un peu de temps pour m’habituer au style), et la deuxième, quand femme et enfants débarquent devient un peu plus intéressante et m’a donné envie de poursuivre la lecture. Mais quand j’ai refermé en me disant : « Bon, et alors ? ».

L’auteur a choisi de ne pas prendre parti en restant neutre sur les scènes vécues et en ne jugeant pas. C’est sûrement le bon choix, car ce livre questionne en fait sur la notion de bonheur. Est-on plus heureux quand on libres comme nous de penser et d’agir à notre guise… ou lorsque l’on est guidé par un gouvernement et une armée qui dirige chacun de vos gestes et pensées ? Et c’est une question où chacun à son opinion et je trouve bien que l’auteur ne se positionne pas, nous laissant libre de juger. Pour ma part j’ai une petite idée de la réponse (appréciant d’être libre !), mais c’est un débat néanmoins intéressant et on peut entendre les arguments des deux parties. Encore faudrait-il que la partie « non-libre » (les Coréens du nord) sachent qu’il existe une autre façon de vivre au-delà de leurs frontières.

On comprend dans ce récit que le peuple n’est peut-être pas plus malheureux qu’ailleurs, puisqu’il a une existence guidée par une main divine (Le leader). Mais on comprend aussi que le système est pervers puisque les dirigeants abusent de leurs privilèges (en détournant des médicaments par exemple), et là, cela coince, le peuple n’est finalement là que pour servir, non pas une cause « noble » commune, mais bien quelques privilégiés.

On comprend aussi que le grand malheur de ce pays est son climat capricieux qui chaque année ruine les cultures sous des pluies diluviennes.

On apprend donc un peu de la vie dans ce pays si différent et c’est intéressant. Surtout car c’est vécu de l’intérieur et non déformé par des médias désireux de faire du sensationnel.

Côté récit, il y a régulièrement d’étranges phrases qui sont destinées à illustrer des situations mais qui m’ont vraiment laissées perplexe. Par exemple, page 271 : « Le frigo était vide comme un œil frontiste de Béziers ».

Je me suis demandé où était le lien !? Et qu’est-ce qu’un frontiste de Béziers ? Une petite recherche sur Internet pour voir qu’on parle du Front National à Béziers… et que cela pourrait expliquer cette étrange phrase. Mais toutes ces petites images, probablement très personnelles, ne facilite pas la lecture.

Je conseille néanmoins ce roman-journal pour découvrir ce pays.

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