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Paris-Méditerranée


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Tandarica
  14 juin 2019
L'église noire de Anatol Baconsky
C'est un roman rédigé « vraisemblablement vers 1970 », refusé par la censure en Roumanie et publié pour la première fois en allemand en 1976. J'ouvre une parenthèse ici pour citer deux autres romans roumains qui sont d'abord parus à l'étranger : il s'agit d'« Un sosie en cavale » de Oana Orlea et de « Le Second messager » de Bujor Nedelcovici, tous les deux parus d'abord en France. L'église noire fut lue sur Radio Free Europe dans le cadre de l'émission hebdomadaire de Virgil Ierunca « Pages oubliées, pages censurées, pages exilées ». le roman ne fut publié en Roumanie qu'en 1990. On a ici une brillante traduction en français signée d'un certain Samuel Richard.



Comme l'indique si bien Alexandru Calinescu, dans sa préface : « c'est un univers qui rappelle à la fois Kafka et Buñuel, le Buñuel de Viridiana, George Orwell et Evgueni Zamiatine ». Il s'agit d'un roman allégorique, d'une utopie politique. Dans une ville isolée du monde, une ligue de mendiants instaure un régime dictatorial corrompu et bestial, fondé sur l'idéologie de l'humiliation comme discipline intérieure. L'on reconnaît aisément la dictature communiste.

L'auteur cultive une atmosphère surchargée en effets poétiques. Est-ce un défaut de ce roman ? Au lecteur d'en juger.
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Diabolo44
  10 mai 2019
Tartarin de Tarascon de Alphonse Daudet
J'ai lu Tartarin de Tarascon lorsqu'il a été déclassé de la bibliothèque de mon école où il figurait par paquets de 12 depuis la fin des années 60, à une époque où les écoles élémentaires recevaient des jeunes jusqu'à 14 ans (en classe de fin d'études, après le certif).

Je me suis dit alors que je n'étais pas sûr qu'on pourrait le faire lire à des gamins de cet âge aujourd'hui, étant donné le niveau de langue.

Toute la gouaille provençale d'un exagérateur burlesque et souvent ridicule qu'est ce Tartarin... rien que le nom, déjà ! et l'on comprend dès lors d'où vient cette expression : "tu serais pas un peu Marseillais toi, sur les bords ?"

Beaucoup d'autodérision méridionale de la part de l'auteur, et le charme suranné des descriptions de l'Afrique du Nord coloniale. Un truc à lire.
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Mimeko
  21 avril 2019
Une odeur de henné de Cécile Oumhani
Kenza, proche de la trentaine est médecin à Tunis et toujours célibataire. Indépendante, elle ne cherche pas - et repousse même - les avances des hommes qui l'entourent; son ambition, faire de la recherche...Ses parents, un père éduqué et une mère villageoise, la pressent pour qu'elle prenne un époux et s'inscrire ainsi dans la tradition de la femme mariée qui devient mère par la suite et s'accomplit dans cette vie. Seule sa grand mère Khadidja semble comprendre la crise intérieure que vit sa petite fille. Mais la possibilité d'obtenir une bourse pour un an d'étude à Paris et le mariage arrangé qui se profile, vont bouleverser son avenir et ses valeurs intimes, lui offrant le choix de la résignation ou celui de l'affranchissement de la tradition.



Entre descriptions très poétiques - des paysages notamment - et celles beaucoup plus froides des sentiments, Cécile Oumhani évoque les tiraillements de la jeunesse tunisienne, éduquée et intellectuelle. Comment concilier tradition familiale et épanouissement personnel, respect des coutumes et ambition professionnelle, comment s'abstraire de la famille et s'affirmer en tant qu'individu, indépendant et libre ? Des questionnements qui sont le fil conducteur de ce court roman.

Une odeur de henné dont le titre évoque la préparation au mariage, quand les paumes des mains des futures mariées sont ornées de dessins et d'arabesques à valeur symbolique, illustre le trouble que peut ressentir la jeunesse tunisienne, séduite par la réalisation individuelle et le besoin de l'ailleurs, dans une société encore très patriarcale et traditionnelle.

Un roman intéressant dans un style quelquefois poétique mais qui dans l'ensemble reste un peu distancié et épuré.
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