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Joëlle Losfeld

Joëlle Losfeld, fille de l`éditeur Eric Losfled, crée en 1991 la maison d`édition qui porte son nom. La maison est vendue au groupe Mango en 1997 puis aux Éditions Gallimard en 2003. Elle édite et fait connaître en France de nombreux auteurs de langue anglaise tels que Janet Frame ou John Meade Falkner. En 1999, le succès d’Effroyables jardins de Michel Quint (avec 250 000 exemplaires vendus) lance la maison d`édition.

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Collections de Joëlle Losfeld



Dernières parutions chez Joëlle Losfeld


Dernières critiques
mfla
  28 octobre 2021
Du côté de Canaan de Sebastian Barry
un superbe livre tout en retenue pour raconter une vie assez douloureuse.

le style est fluide et poétique pour raconter la douleur de cette vieille dame au seuil de la mort.



De l'enfance en Irlande, de l'immigration, des guerres c'est aussi la grande histoire racontée par la petite histoire.

mais c'est aussi une histoire d'amour familiale et d'amitié avec ses voisins.



un livre qui fait du bien
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Kirzy
  25 octobre 2021
Des jours sans fin de Sebastian Barry
Cet étonnant western m’a surprise de bout en bout par sa façon très singulière d’explorer les fondements de la nation américaine ( l’émigration et la dispersion d’un peuple sur des terres inhospitalières , la guerre de Sécession et le génocide amérindien ) jusqu’à construire une méditation profonde sur la notion d’identité nationale.



Le héros est un tout jeune Irlandais qui a traversé l’Atlantique, déterminé à se forger une nouvelle vie, en Amérique, après le choc traumatique de la Grande famine qui a décimé sa famille. Il atterrit dans le Missouri à la fin des années 1840. Tour à tour danseur travesti dans un saloon pour mineurs en manque de femmes, soldat dans l’armée américaine pour exterminer les Amérindiens, soldat dans l’armée unioniste, on colle aux pas de ce personnage incroyablement souple et mobile. Sa narration est terriblement propulsive, très chargée aussi, hantée par les cris de la guerre civile et des carnages d’Amérindiens, traversée par une nature sauvage et punitive ( très proche d’un Cormac McCarthy dans ce registre ) qui abat sur les hommes faim, canicule, fièvre jaune, inondation et pluie verglaçante. Certaines scènes sont saisissantes, pas tant par la violence décrite, réelle, mais par la puissance de leur clarté à la retranscrire en flairant le banal dans l’apocalyptique, et inversement. Les descriptions de combat au corps à corps sont ainsi souvent dérangeantes mais jamais gratuites.



Le roman est tout aussi inattendu par le choix d’un personnage principal homosexuel, revêtant avec bonheur une tenue féminine en temps de paix tout en cochant toutes les cases des stéréotypes virilistes du guerrier lorsque le clairon retentit. Qui plus est lorsqu’avec John, son amoureux rencontré à l’adolescence dans le saloon, ils « adoptent » une fillette sioux. Cette fluidité des genres tout comme cette redéfinition de la famille respirent l’anachronisme, et pourtant, on y croit tellement tout est rupture, refonte, plasticité dans ce pays mouvant dévasté par la convoitise des frontières et l’anarchie. On y croit à cette famille de substitution dans ce pays fracturé peuplé de figures spectrales et de quasi squelettes affamés errants à la recherche d’un lieu pour se poser et être heureux.



La potentielle lourdeur des symboles est miraculeusement allégée par la sincérité de la voix de Thomas, exceptionnel narrateur avec son éloquence verbale bien au-dessus de celle à laquelle on s’attendrait. Elle surprend par sa simplicité pleine de sagesse et sa candeur juvénile, questionne et charme. La prose de Sebastian Barry est souvent éblouissante, notamment lorsqu’elle se pare d’accents lyriques qui rendent hommage à la somptuosité de la nature qui force l’admiration.



« Le souffle de nos trois cents chevaux forment une brume qui s’élève dans la fraicheur de novembre. Leurs corps chauds fumaient sous l’exercice. On avait ordre de rester en formation mais les vieux séquoias nous laissaient pas faire. Ils nous écartaient comme si c’était eux qui se déplaçaient. On aurait pu attacher jusqu’à cinquante chevaux au tronc de certains. Les oiseaux d’Amérique, toujours étonnants, piaillaient d’un arbre à l’autre et faisaient tomber des myriades de gouttes de givre depuis les cimes. De temps en temps, on entendait un crépitement comme un tir de mousquet. Les arbres avaient pas besoin de nous. Ils faisaient leurs petites affaires. Nous, on était bruyants, avec notre harnachement, nos éperons, nos sacoches qui se heurtaient et s’agitaient, les sabots de nos chevaux qui frappaient le sol. Pourtant, les soldats parlaient à peine, on chevauchait sans un mot, comme si c’était une chose entendue. Alors que c’était les arbres qui nous réduisaient au silence. »



Mais ce qui charme le plus, malgré les atrocités qui traversent le roman, c’est son optimisme presque joyeux. Contrairement au couple condamné de Brokeback Mountain, l’homosexualité de Thomas et John n’est pas un drame, c’est un recours pour survivre aux remous de la vie. Aux fracas de l’extérieur, répond le calme quasi sacré de l’intériorité d’un couple qui s’aime tendrement, avec pudeur, et puis c’est tout.

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MIP
  23 octobre 2021
Des jours sans fin de Sebastian Barry
On suit Thomas et John dans cette Amérique du milieu du 19ème. La guerre contre les indiens puis la guerre de sécession. Au cours d'un massacre, ils vont protéger et adopter la fille du chef. Ces trois personnes forment une famille toute particulière. Thomas se considère avant tout comme une femme qui aime John. Tout ce qui lui arrive de bon, lui arrive en tant que femme ; les spectacles de travestis, la vie avec John et Winona ; tout ce qui lui arrive de mauvais, lui arrive en tant qu'homme : le départ de son pays, la mort de ses parents, les guerres.

Un livre écrit sous la forme d'un récit dans lequel les dialogues sont noyés. L'auteur raconte simplement le froid du pays, la souffrance, la guerre et les massacres. Il y a l'essentiel pour ressentir les émotions et les peurs de Thomas. Un livre qui nous plonge dans l'immensité d'un pays avec ses pages les plus noires. Un livre aussi sur l'amour de Thomas et John qui s'aiment tout simplement.
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