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Critique de gerardmuller


Cacao
Jorge Amado (1912-2001)
Au sud de Bahia au Brésil s'étend le vaste « Domaine Fraternité, une immense plantation de cacaoyers. Jouxtant les plantations, des cases de paille rudimentaires abritent les ouvriers agricoles dont le seul moment de détente se prend à l'heure du tafia, une liqueur forte et mitigative obtenue à partir de la canne à sucre, avant de s'endormir sur des planches d'un sommeil sans rêves et sans espérances.
« On vivait pour ainsi dire hors du monde et notre misère n'intéressait personne. »
L'impasse du Bourbier, et ses jeunes prostituées offre aussi quelques joies à ces coeurs modestes « loués » une misère par le Colonel Marré-la -Peste, un être bedonnant et prévaricateur, exploitant la détresse pour s'enrichir.
« Pauvres filles, qui pleuraient, priaient et se soûlaient dans la rue du Bourbier. Pauvres ouvrières du sexe. Quand viendra-t-il le jour de votre libération ? »
C'est là que débarque Sergipano, un jeune homme instruit mais un peu égaré depuis la mort de son père qui dirigeait une usine de filature et la dépression de sa mère restée comme hallucinée après-coup et délaissant ses enfants. C'est là aussi qu'il fait l'expérience de la fraternité qui lie les âmes sans espoir, affamées et courageuses. Il découvre la souffrance des travailleurs exploités et sans avenir, mais solidaires.
Malgré tout, Sergipano garde espoir qu'un jour les opprimés puissent marcher la tête haute.
Ce n'est qu'à la toute fin du récit que l'on connaît le vrai nom de Sergipano (originaire de la région de Sergipe), José Cordeiro, un homme qui a étudié mais qui reconnait ne disposer que d'un vocabulaire réduit pour s'exprimer et raconter sans prosopopée l'histoire des ouvriers du Domaine Fraternité. Il précise qu'il n'a eu aucune prétention littéraire en composant les pages de ce récit de souvenirs sans intrigue réelle sinon la tentation d'un amour fugace avec Maria la fille du Colonel, ce qui explique la simplicité du style : Amado a voulu faire parler un homme simple et authentique travaillant dans les plantations de cacaoyers. Il

Jorge Amado, qui fait partie des grands auteurs brésiliens, a publié ce deuxième roman à l'âge de 21 ans en 1933. Il a bien connu la condition de ces travailleurs qui travaillent dur pour la production des cabosses contenant les fèves de cacao. La chaleur, les serpents et la pression des chefs pour augmenter le rendement rendent la survie des travailleurs très aléatoire. Sans parler du salaire de misère qui est vite largement entamé par un économat lié au Domaine. L'auteur a toujours pris la défense du sort des opprimés et des déshérités, s'intéressant vivement à la lutte des classes. Un roman social rappelant par certains côtés l'oeuvre de Steinbeck (Les raisins de la colère) et même de Zola.





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