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Critique de Josephine2


Josephine2
  22 juillet 2019
Muriel BARBERY revient avec une histoire différente de son précédent roman, « L'élégance du hérisson », que j'avais adoré à l'époque. Avec brio, elle se lance dans un tout autre registre qui est celui de la féérie. Un monde qu'elle crée de toute pièce.

Depuis une semaine maintenant, ma vie est faite d'un songe, un songe permanent qui me suit et poursuit tout au long des journées, mon esprit vagabonde, ne peut rester un instant sans penser à cette féerique histoire que m'a contée Muriel BARBERY avec son roman « La vie des Elfes ».

Je suis rentrée dedans et suis triste de l'avoir terminée…. Vous allez me dire, ne désespère pas, la suite de ce roman est sortie. Il s'agit d'« Un étrange pays ». Ben oui, mais non, je viens de le terminer aussi, d'où mon ressenti.

Je suis orpheline, abandonnée, seule, malheureuse… Heu ! c'est un peu exagéré me direz-vous. Mais voilà, quand on aime, on ne compte pas. Un roman que l'on a aimé, une fois fini, c'est comme un Amour qui se termine.

J'ai aimé me laisser porter par la merveilleuse histoire contée par Muriel BARBERY, j'ai aimé découvrir sa poésie, son lyrisme, son amour de la nature, des arts, de la littérature, de la peinture, de la bonne cuisine et du bon vin, qui sans cela, nous ferait paraître la vie bien fade. Je me suis attachée à Clara et Maria, à Petrus et tous les autres. J'ai frémis devant le devenir des Brumes, et les guerres à venir, j'ai espéré un monde d'amour et de joie, de beauté, un paradis quoi. Mais voilà…

Tant d'imagination ! Que je donnerais cher pour en avoir, ne serait-ce qu'un tout petit peu.

Au vu des critiques sur Babelio, peut-être faut-il avoir gardé l'âme d'un enfant à qui l'on contait des histoires et qui en lisait, pour apprécier plonger dans celles de Muriel BARBERY. C'est ce que j'ai fait, je me suis laissée porter, j'ai traversé le pont qui relie le monde des Elfes et des Humains, je me suis enfoncée dans les Brumes et peut-être ai-je bu le thé des Elfes qui vous met en liaison avec le monde pour être entré dans l'univers de Murielle BARBERY ? Qui sait ?

Voici deux extraits en fin du 2ème livre de Muriel BARBERY, qui vous donnera peut-être envie de retrouver votre âme d'enfant et de la lire :

1er extrait :

Quand il n'est pas songe, le roman est mensonge, écrira un écrivain que Petrus rencontrera peut-être un jour.
 
Les esprits du monde ne sont pas différents de ceux du roman – par conséquent, celle ou celui qui tient la plume tient, sous cette encre, la totalité de ce qui a été et sera. Si le premier elfe à avoir traversé le pont des brumes s'était rendu à Yepes, c'est qu'il avait voulu aller à la limite du réel, au coeur du fief étrange où s'abolissent les frontières des terres et de l'esprit. Et si le premier elfe à avoir opté pour une vie humaine s'était lui aussi rendu sur la terre poétique de l'Estrémadure, c'est que ma plume l'avait décidé, et mon songe, et la totalité de l'univers auquel ceux de ma sorte donnent sa voix.
 
En dernière instance, j'y ai mis aussi des fantômes et du vin, parce que tout homme est l'héritier d'une histoire qu'il doit faire sienne à son tour, ce qui, on le sait, ne saurait souffrir de la magnanimité d'un bon cru de garde.

2ème extrait

L'idiot, par sa cécité, est celui qui voit loin en avant ; par le coeur connaît les espaces et les temps, par l'esprit les strates et les alluvions du réel ; c'est par lui que tous sont assemblés ici, parce qu'il est le servant des récits et que je l'ai décidé ainsi.
 
Petrus connaissait la puissance de l'espoir et l'inexorabilité de la chute, la grandeur de la résistance et l'éternité de la guerre, la force du songe et la pérennité des batailles – bref, il savait que la vie n'est que ce qui a lieu dans les interstices du désastre. Il n'est meilleurs amis que les désespérés, plus vaillants soldats que les tenants du rêve, plus valeureux chevaliers du merveilleux que les incroyants et buveurs devant l'apocalypse.
 
En témoignent les mots qu'il dit à la fin, au moment où tous se tenaient devant les eaux noires et que mouraient dans les bras de ceux qu'ils aimaient les hommes et les elfes qui n'avaient pas connu le thé de mille ans.
 
Nous avons perdu la bataille mais le temps ne s'arrête pas à cette défaite – aussi suis-je voué à continuer le roman de cet étrange pays de guerre et de songe que nous appelons la vie des humains et des elfes.
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