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ISBN : 2070391655
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 7034 notes)
Résumé :
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m'appelle Palo... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (606) Voir plus Ajouter une critique
babiole
05 juillet 2009
Je ne partage pas du tout l'engouement de certains pour l'Élégance du Hérisson. Au lieu d'un roman, j'ai cru lire le Bescherelle.
D'abord, j'ai pensé aux cours magistraux atroces de ma vieille prof de français de 4e, qui, complexée de son statut et fanatique de la grammaire, usait de mots improbables pour se donner l'allure d'une académicienne. le dos cambré, les lunettes en demi-lune au bout du nez, elle en prononçait chaque syllabe avec jouissance puis claquait sa langue, triomphant de son audience inculte.
Après « chuinter », je me suis dit que c'était pire encore et j'étais convaincu que la co-présentatrice de « Des Chiffres et des Lettres » avait écrit le livre en y plaçant sa collection privée de mots de 9 lettres à 7 consonnes.
Puis, je me suis fait une raison.
Heureusement, la profonde complexité des relations humaines fut subtilement dépeinte dans le roman avec les « méchants pas beaux » contre les « gentils mignons tout plein ».
Du côté des « gentils mignons tout plein », la concierge, forcément. Je dois bien admettre que l'idée d'une concierge brillante, férue d'Anna Karénine, était hors du commun et a attisé ma curiosité (ou peut-être c'était le présentoir à la Fnac, je ne sais plus). Mais après quelques pages, on se rend vite compte que la concierge inouïe se confond avec son stéréotype: antipathique, fermée d'esprit, repliée sur soi et maniaque (de la grammaire). Même remarque pour Paloma, la seconde héroïne du roman. L'adolescente surdouée qui se veut en dehors du troupeau est finalement le cliché même de la pré pubère en mal de devenir: « mes parents, c'est trop des cons d'abord, ils me comprennent pas, ma soeur est une pouffiasse, la société elle n'a que des problèmes et je veux me suicider ». Il ne manquait que Tokyo Hotel.
De l'autre côté, celui des « méchants pas beaux », les riches…évidemment, puisqu'il sont riches.
Enfin, l'amour du Japon, à la fois dans les références aux Soeurs Munakata et incarné dans la relation entre Renée et Kakuro, parachève le côté bobo du hérisson. Contrairement à iris, cette passion me parait terriblement banale de nos jours. Comble de l'originalité, il se tient même un salon exclusivement dédié au Japon aujourd'hui même.
A terme, si nos profs de philo se mettent au yoga et au feng shui, suivent la mode bobo obsédée par le bien-être oriental, la satisfaction béate et la « zen-attitude », oubliez les Kant, Nietzsche et Husserl, dans deux ans, on lira « Le Bonheur en 7 jours » , « Etre bien dans son corps et dans son esprit » et autres niaiseries en vogue.
Une petite diatribe de Mme Michel sur le tri sélectif des poubelles de l'immeuble et on avait la totale bobo…
Le style ampoulé et le ton péremptoire, les références pédantes et élitistes, pour tartiner sa culture et aboutir sur une histoire d'amour aussi enivrante qu'une relation minitel, sont une insulte à ces pauvres hérissons.
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Nanou2008
04 octobre 2008
Livre très pédant, où l'auteur a trop tendance à étaler sa culture élitiste. La première partie est limite ennuyeuse : le récit en parallèle de la jeune fille super intelligente et de la concierge hyper cultivée (2 personnages pas toujours très crédibles d'ailleurs), les deux cachant leurs grandes qualités intellectuelles et méprisant royalement tous ceux qui les entourent, tous plus idiots et superficiels les uns que les autres.
A la moitié du livre arrive le héros de ces dames, un vieux Japonais aussi intelligent et cultivé que riche et aimable. le récit devient un peu plus palpitant (c'est un grand mot) et les personnages principaux plus attachants car ils quittent leurs masques de froideur et de mépris pour se montrer tels qu'ils sont.
La fin est même touchante dans certains aspects.
L'auteur met aussi des touches d'humour dans son livre.
Je garde cependant une impression de grande déception par rapport au succès immense du livre auprès des libraires. Ce livre exclut, par ses références élitistes et ultra spécialisées (Ozu, littérature russe, réflexions sur l'art, etc.), une grande partie du public, le faisant passer pour sous-cultivé.
Assez désagréable…
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Lolokili
06 octobre 2011
C'est une belle rencontre et de loin le meilleur livre que j'ai lu cette année là, sans doute chanceuse de l'avoir découvert dès sa sortie, vierge de toute propagande médiatique.
Brillant, spirituel et délicat, certainement pas prétentieux (juste intelligent, eh oui) il reste pour moi un conte humaniste d'une grande... élégance.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Lenora
23 janvier 2013
L'élégance du hérisson serait le troisième roman que j'emmènerai sur une île déserte pour la simple et bonne raison qu'en plus d'être une belle histoire, c'est aussi une déclaration d'amour à la langue française. Et de notre temps, il est rare de trouver un aussi subtil éloge. Oui, quel bel hymne à la langue de Molière !
Outre ce petit préambule qui porte sur la forme linguistique, je vais brièvement me concentrer sur le fond.
Ma première rencontre avec le roman fut un appel visuel. le manuscrit était exposé sur un comptoir, entouré de la célèbre banderole qui annonce un joli prix décerné, grand, blanc, avec le magnifique titre "L'élégance du hérisson". Moi qu'on surnommait souvent le petit hérisson, j'ai couru vers le livre comme s'il me criait de venir le chercher et je me suis pressée d'en lire la quatrième de couverture. Et qu'ai-je lu ? L'histoire de deux personnes marquées par la vie. Deux vies abimées qui vont être amenées à se rencontrer et se sauver l'une l'autre. Et je l'avoue, je suis faible face à d'aussi belles histoires car pour moi, ce sont les plus belles, celles qui portent le plus d'espoir dans cette société où on voit peu à peu l'humanité s'en aller en laissant derrière elle de pauvres âmes perdues et solitaires.
Et de très loin, je ne regrette pas mon achat et cette rencontre fortuite dans une petite librairie.
Je ne pourrai expliquer en détail ce que ce livre m'a fait ressentir, ce qu'il m'a apporté. Mais je puis dire qu'il est émouvant. Qu'il partage des émotions fortes à travers ses pages. Vous touche. Vous accroche à lui. Vous entraine dans des amitiés insolites. Vous fait rire, vous fait pleurer, vous excède, vous gratifie.
Il est loin de vous laisser indifférent.
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Gwordia
03 mai 2012
Par habitude, je suis une lectrice particulièrement bibliophage mais pas spécialement "dans l'actualité". Oui, le syndrome d'inaccessibilité culturelle s'étendant également au domaine littéraire, je ne prends bien souvent connaissance des titres en vogue que tardivement, une fois l'édition de poche dans les rayons.
Et puis parfois, souvent à l'occasion d'une rencontre plus ou moins fortuite avec une édition pour moi symbole de l'incarnation même du livre, le fétichisme prend le pas sur la patience et je craque. Passée l'euphorie matérialiste, vous réalisez que malgré l'entrée en possession de la reliure fétiche, vous n'en restez pas moins en décalage. Et doublement désormais car vous devenez la retardataire des 100 % réactifs de l'actualité littéraire (public plutôt aisé) et la "nouvelle riche quasi arriviste" des 100 % contraints d'attendre la culture au rabais (public plutôt fauché) qui, en plus d'une jalousie bien naturelle, vous évitent pour ne pas vous entendre parler du livre dans lequel ils souhaitent, impatients mais contraints, se jeter dans l'intrigue à corps perdu et sans indice aucun. Mais après tout, la littérature n'est-elle pas un plaisir solitaire si l'on y songe bien ?
La dernière prise de pas du fétichisme sur ma patience concerne bien évidemment L'élégance du hérisson de Muriel Barbery que tous les "in" ont déjà lu et tout les avides "out" vont attendre avec encore plus d'empressement désormais. Toujours un peu réticente à la simple mention d'un "succès incontournable", je suis pour le coup absolument ravie de la justesse de la critique. Si l'auteur possède certainement les relations indispensables de nos jours pour se faire éditer, son talent inouï n'en a pas moins de mérite.
Entendons-nous bien, j'aime les livres passionnément. Mais rares sont ceux que je lis en ayant la conviction intime lorsque je les achève qu'ils m'ont marquée indéfectiblement. Si l'on considère le nombre de livres que nous pouvons compulser dans une existence et si, à partir de ce total, nous faisons le rapport entre ceux dont nous sommes incapables de parler deux ans après et ceux dont nous pouvons ne serait-ce que citer le nom exact des personnages après dix longues années, les seconds représentent une large minorité. Dont fait partie L'élégance du hérisson.
Cette oeuvre magnifique est la subtile alliance de tout ce que j'apprécie profondément dans la littérature : la richesse infinie du vocable et de la syntaxe, un fil conducteur captivant, une conséquente matière à réflexion, beaucoup d'originalité et d'inattendu. Bref, ce livre est une perle qui ne peut qu'élever celui qui offre à ses yeux mais surtout à son esprit l'incommensurable chance de le parcourir. Les fétichistes jusqu'auboutiste apprécieront le raffinement de l'alternance typographique dissociant les deux récits.
Je me permets de déroger à mon habitude de retranscrire quelques extraits, la présente note étant à mon sens déjà trop longue. Mais j'y remédierai dès demain, promis.
Lien : http://gwordia.hautetfort.co..
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Citations & extraits (596) Voir plus Ajouter une citation
sld09sld0916 juillet 2017
Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Je n'ai pas fait d'études, ai toujours été pauvre, discrète et insignifiante. Je vis seule avec mon chat, un gros matou paresseux, qui n'a pour particularité notable que de sentir mauvais des pattes lorsqu'il est contrarié. Lui comme moi ne faisons guère d'efforts pour nous intégrer à la ronde de nos semblables. Comme je suis rarement aimable, quoique toujours polie, on ne m'aime pas mais on me tolère quand même parce que je corresponds si bien à ce que la croyance sociale a aggloméré en paradigme de la concierge d'immeuble que je suis un des multiples rouages qui font tourner la grande illusion universelle selon laquelle la vie a un sens qui peut être aisément déchiffré.
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Chloe_De_BonChloe_De_Bon17 juillet 2017
Ceux qui savent faire font, ceux qui ne savent pas faire enseignent, ceux qui ne savent pas enseigner enseignent aux enseignants et ceux qui ne savent pas enseigner aux enseignants font de la politique.
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calypsocalypso14 juillet 2017
En pensant à ça, ce soir, le cœur et l'estomac en marmelade, je me dis que finalement, c'est peut-être ça la vie : beaucoup de désespoir mais aussi quelques moments de beauté où le temps n'est plus le même. C'est comme si les notes de musique faisaient un genre de parenthèses dans le temps, de suspension, un ailleurs ici-même, un toujours dans le jamais.
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calypsocalypso14 juillet 2017
Vivre, se nourrir, se reproduire, accomplir la tâche pour laquelle on est né et mourir : ça n'a aucun sens, c'est vrai, mais c'est comme ça que les choses sont. Cette arrogance des hommes à penser qu'ils peuvent forcer la nature, échapper à leur destin de petites choses biologiques... et cet aveuglement qu'ils ont à l'égard de la cruauté ou de la violence de leurs propres manières de vivre, d'aimer, de se reproduire et de faire la guerre à leurs semblables...
Moi, je crois qu'il y a une seule chose à faire : trouver la tâche pour laquelle nous sommes nés et l'accomplir du mieux que nous pouvons, de toutes nos forces, sans chercher midi à quatorze heures et sans croire qu'il y a du divin dans notre nature animale. C'est comme ça seulement que nous aurons le sentiment d'être en train de faire quelque chose de constructif au moment où la mort nous prendra. La liberté, la décision, la volonté, tout ça : ce sont des chimères. Nous croyons que nous pouvons faire du miel sans partager le destin des abeilles ; mais nous aussi, nous ne sommes que de pauvres abeilles vouées à accomplir leur tâche puis à mourir.
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calypsocalypso14 juillet 2017
Savez-vous ce que c'est, une pluie d'été ?
D'abord la beauté pure crevant le ciel d'été, cette crainte respectueuse qui s'empare du cœur, se sentir si dérisoire au centre même du sublime, si fragile et si gonflé de la majesté des choses, sidéré, happé, ravi par la munificence du monde.
Ensuite, arpenter un couloir et, soudain, pénétrer une chambre de lumière. Autre dimension, certitudes juste nées. Le corps n'est plus une gangue, l'esprit habite les nuages, la puissance de l'eau est sienne, des jours heureux s'annoncent, dans une nouvelle naissance.
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