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Critique de okka


okka
  08 avril 2019
Bienvenue au XXème siècle. L'enfer est sur terre, en Europe, et c'est ce qu'on appellera la Seconde Guerre mondiale. Voici Lemkin, juriste Polonais qui en découvrant le sort : la déportation, violence, crimes, pillages, vols des Arméniens par les Ottomans et de savoir que ces criminels n'ont pas été puni, cela sera son leitmotiv pour faire reconnaître le terme génocide : ''genos'' peuple ou ethnie et ''occidere'' celui qui tue. Et celui qui tue en ce moment sont les nazis et leur partisans contre le peuple Juif, ainsi que toutes celles et ceux qui sont hélas pris dans leur filet. Pendant la Seconde Guerre mondiale Lemkin, fuit son pays pour alerter les Alliés que le génocide recommence en Europe.
Il y a aussi Karski, polonais résistant, espion, qui lui est au coeur du conflit et il y voit de ses propres yeux les atrocités pendant la Seconde Guerre mondiale et tous deux seront les messagers pour les Alliés en leur donnant par écrit, la parole le sort que subissaient, subissent, et subiront les Juifs en Europe par l'Allemagne nazie.
Mais ce n'étaient pas les seuls à avoir documenté sur ce sujet. Et là-dessus cela confirmait ma pensée qu'un si grand crime ne pouvait pas ne pas faire d'échos. Peut-être même Lemkin, Karski, et tant d'autres de ces lanceurs d'alertes ont été perçus comme théoriciens du complot, alors que les services de renseignements des pays Alliés étaient au courant, Enigma fut découvert en 1941 par les Britanniques. Et même si leur message d'aide pour le peuple juif et des civils européens fut transmis dans les journaux Alliés et au président Américain, leurs messages n'ont pas été accepté, car si cela avait été accepté les Alliés se seraient donné les moyens d'agir pour aider ces civils torturés jusqu'à la mort par le régime nazi.


Mais ce que Lemkin veut faire comprendre aux autres est qu'en mettant des mots sur des actes, on fait comprendre l'importance de l'acte. Sur ce point et pendant longtemps ce mot « génocide » sera mal vu par les Alliés, même après la Seconde Guerre mondiale.
La façon qu'a Lemkin de parler de ces massacres, par le terme génocide, est que les États-Unis, sont eux aussi compris dans ce terme par le racisme, l'esclavage, la déportation, et le meurtre du peuple amérindien, mais aussi des Africains. Alors ça ne va pas dans le bon sens de critiquer les « vainqueurs » du conflit, puisque c'est quasi « normal » de nier ses mauvaises actions, puis de soit reporter la faute sur le peuple opprimé d'être faible pour se faire opprimer. Soit de trouver de soi-disant normalité d'avoir agi ainsi.

Mais plus loin que l'ego de ces grands États loin d'être blanc comme neige, Karsi, Lemkin ne veulent plus que ce genre de dérive « génocide » puisse re-exister, puisque les traumatismes sont à vie pour les vivants, et ont privé la vie de ces gens morts. L'utopie aurait été que des peuples entiers s'unissent pour aider des gens qu'ils ne connaissent pas, qui sont en train de vivre l'horreur... Hélas l'histoire nous prouvera le contraire en délivrant qu'à la fin de la guerre les premières victimes, sans oublier l'impunité de leurs bourreaux qui ont échappé aux condamnations en vivant par la suite comme si de rien n'était. Ainsi que le recommencement sur d'autres peuples, d'autres religions : (Cambodge 1975, Bosnie 1992, Rwanda 1994).

Il n'y a pas à dire, ce genre de chose : génocide est la grande échelle des conflits de cours d'écoles, et confits familiaux. Ça commence par un racisme sur des personnes jugés faibles, différentes, minoritaire par du harcèlement, des moqueries, de l'intimidation pour prendre l'argent, le bien d'autri, mais surtout exercer une domination et se sentir dominant, puissant, intouchable.
Rien n'a changé, tout a continué : cette folie de faire le mal, cette shizophrénie mental de savoir, de voir et de ne pas aider. Merci à Annette Becker par son livre de nous rappeler le pourquoi des gens qui en ont les moyens, les pouvoirs, pourquoi ils ne viennent pas porter assistance à ceux et celles qui en ont besoin.


Pour ma part ce fut un livre difficile. Pas dans la lecture, mais dans le fait d'avoir vécu le même genre de situation que Lemkin et Karski: de demander à l'aide à des personnes sensées nous aider, et au lieu de cela on ne trouve qu'un haut mur froid et sombre. Ce mur qui par son haut statut devrait écraser le mal, au final il ne fait que le protéger. Cela nous rend malheureux de tant d'injustice, qui chaque jour est le même calvaire de souffrir à cause d'eux, au lieu que ça soit enfin le bonheur d'être aidé à être libéré pour vivre dans la justice.
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