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3.95/5 (sur 33 notes)

Nationalité : Pologne
Né(e) à : Łódź , le 24/06/1914
Mort(e) à : Washington, USA , le 13/07/2000
Biographie :

Jan Karski, de son vrai nom Jan Kozielewski, est un résistant polonais de la Seconde Guerre mondiale, courrier de l'Armia Krajowa (Armée de l'intérieur), devenu professeur de relations internationales aux États-Unis.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Karski
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Yannick Haenel et son invitée, Linda Tuloup, lecture par Emmanuel Noblet. Depuis plus de deux décennies, Yannick Haenel éclaire le paysage littéraire français de ses romans singuliers, où se concentrent les désirs multiples et où nous côtoyons, souvent avec jubilation, l'univers de personnages en quête d'absolu. Au cours de ce grand entretien, un format qui lui sied particulièrement, l'écrivain reviendra sur ses passions. La peinture d'abord (il a écrit sur le Caravage un essai inoubliable), mais aussi le théâtre (son Jan Karski a été adapté sur scène par Arthur Nauzyciel), la photographie (Linda Tuloup sera à ses côtés), l'histoire… On parlera aussi de littérature, de celle qui l'aide à vivre depuis toujours, d'écriture et de ce qu'en disait Marguerite Duras dont l'oeuvre l'intéresse de plus en plus, et de cinéma, vaste territoire fictionnel dont il s'est emparé dans Tiens ferme ta couronne, où son narrateur se met en tête d'adapter pour l'écran la vie de Hermann Melville, croisant tout à la fois Isabelle Huppert et Michaël Cimino… Écrivain engagé, il a couvert pour Charlie Hebdo le procès des attentats de janvier 2015, en a fait un album avec les dessins de François Boucq, et continue de tenir des chroniques dans l'hebdomadaire. Son dernier roman, le Trésorier-payeur, nous entraîne à Béthune dans une succursale de la Banque de France, sur les traces d'un certain Georges Bataille, philosophe de formation et désormais banquier de son état, à la fois sage et complètement fou, qui revisite la notion de dépense et veut effacer la dette des plus démunis. Mais comment être anarchiste et travailler dans une banque ? Seuls l'amour et ses pulsions, le débordement et le transport des sens peuvent encore échapper à l'économie capitaliste et productiviste… Une heure et demie en compagnie d'un écrivain passionnant, érudit et curieux de tout, pour voyager dans son oeuvre et découvrir les mondes invisibles qui la façonnent. À lire (bibliographie sélective) — « le Trésorier-payeur », Gallimard, 2022. — Yannick Haenel, avec des illustrations de François Boucq, « Janvier 2015. le Procès », Les Échappés, 2021. — « Tiens ferme ta couronne, Gallimard, 2017 (prix Médicis 2017). — « Les Renards pâles, Gallimard, 2013. — « Jan Karski, Gallimard, 2009 (prix du roman Fnac 2009 et prix Interallié 2009) — « Cercle, Gallimard, 2007 (prix Décembre 2007 et prix Roger-Nimier 2008). — Linda Tuloup, avec un texte de Yannick Haenel, « Vénus. Où nous mènent les étreintes », Bergger, 2019. Un grand entretien animé par Olivia Gesbert, avec des lectures par Emmanuel Noblet, et enregistré en public le 28 mai 2023 au conservatoire Pierre Barbizet, à Marseille, lors de la 7e édition du festival Oh les beaux jours ! Podcasts & replay sur http://ohlesbeauxjours.fr #OhLesBeauxJours #OLBJ2023
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Page 222 - Seconde moitié 1942

Les allemands publièrent un ordre interdisant tout mariage sans la permission des autorités. Dans presque tous les cas, cette autorisation était refusée, sous prétexte que le couple ne convenait pas au programme d'élévation du standard racial du peuple polonais. En complément à cet édit sans précédent, un autre décréta que tous les enfants "illégaux" pourraient être "confisqués" à leurs parents par les autorités et déportés dans des orphelinats du Reich.

Ainsi, lorsque par suite du premier décret, les villageois commencèrent à contracter des mariages secrets, le second décret entra en jeu. Les enfants de ces infortunés parents leur étaient invariablement arrachés. Souvent les mères tentaient d'emmener leurs bébés dans un autre village où elles pourraient se cacher. Cela réussissait rarement. la Gestapo utilisait toutes ses ressources pour retrouver la mère et emportait le bébé comme s'il était un chiot. Des milliers d'enfants polonais sont ainsi irrémédiablement perdus pour leurs parents. Personne ne sait exactement ce qui leur est arrivé.
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Chapitre II - Prisonnier en Russie - Défaite de l'armée polonaise

Tous les cinq rangs, marchait un soldat soviétique armé d'une mitraillette. Le sort voulait que l'un d'entre eux se tint à un mètre de moi. Dès que j'ai tourné la tête pour mieux l'observer et apprécier mes chances, immédiatement il a saisi mon regard et m'a foudroyé du sien. Au même instant, quatre rangs devant moi, se produisit un léger mouvement. Mon cœur se mit à battre plus fort. Retenant mon souffle, j'observais ce qui se passait. L'homme qui marchait à l'extérieur du rang s'est glissé hors de l'alignement et a sauté dans la foule dans le dos du gardien.Celui-ci à continuer à marcher sans s'être aperçu de rien. Le gardien qui marchait à côté de moi n'a rien remarqué non plus parce qu'il observait attentivement "ses prisonniers". La foule* a immédiatement absorbé l'audacieux et la place vide fut aussitôt comblée par son voisin de droite. Tous les autres prisonniers se sont décalés d'une place et comme les rangs n'étaient pas très réguliers, , cette disparition fut ainsi camouflée.

Toute l'affaire n'avait duré qu'un bref instant. J'ai senti qu'un changement indéfinissable s'était produit dans l'attitude des prisonniers : un de leurs camarades venait de réussir à faire quelque chose de tout à fait différent et de bien plus sensé qu'eux tous jusqu'alors.

*foule polonaise
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Page 145 - Chapitre A l'Hôpital

Le cinquième jour, l'inertie au lit me devint intolérable. Lorsque la religieuse qui m'avait mis le thermomètre dans la bouche le premier jour se présenta, je la suppliai de m'apporter un journal. Elle me fit de gros yeux mais finalement y consentit. Elle alla dans le couloir demander la permission au garde. Il grommela son autorisation et elle revint avec un journal slovaque. Le titre, en énormes lettres noires, me fit l'effet d'une bombe qui exploserait dans ma tête "LA FRANCE A CAPITULE".

Mot à mot, car je ne connaissais pas suffisamment le slovaque pour comprendre chaque phrase du premier coup, je lus l'article qui détaillait ce titre. Je le lisais et le relisais comme si cette répétition pouvait modifier ce que j'avais pensé être un mensonge du lieutenant SS : le maréchal Pétain avait signé un armistice dans la forêt de Compiègne. Devant les allemands, l'armée française s'était complètement effondrée. Le vieux maréchal avait appelé ses compatriotes à une obéissance absolue. La collaboration……… L'Allemagne avait vaincu l'Europe occidentale. Il me fallut quelques minutes pour comprendre et réaliser les faits et je connus alors un véritable désespoir. Pendant des siècles, nous avions été liés à la France par des liens historiques et culturels. Et pour nous autres polonais, la France était une seconde patrie. Nous l'aimions de cet amour profond, irraisonné, dont nous aimions la Pologne. De plus, tout notre espoir de libérer la Pologne reposait sur la victoire de la France. Désormais je ne voyais plus aucune issue.

Puis je réalisais que l'article ne contenait aucune information sur le sort de la Grande-Bretagne. Je tournai les pages fiévreusement jusqu'à ce que je tombe sur le mot "Angleterre" et je lus alors : "L'Angleterre commet un suicide en poursuivant la résistance…." Je me mis alors à prier comme le faisaient tous les peuples libres, je suppose, en ces jours fatidiques, mais avec une passion connue seulement de ceux qui ont été vaincus. Je priai que soit donnée à Churchill la force de résister aux épreuves qu'il était en train d'affronter, je priai pour la résistance ferme et opiniâtre des combattants britanniques pour qu'ils n'admettent jamais la défaite, et je priai pour que le courage n'abandonne pas tous ceux qui n'avaient pas renoncé à la lutte. Tout le reste devenait secondaire devant ce fait capital : l'Angleterre ne s'était pas rendue, l'Angleterre résistait. Tout n'était pas perdu.
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... pendant la seconde moitié de l'année 1942, les Allemands publièrent un ordre interdisant tout mariage sans la permission des autorités. Dans presque tous les cas, cette autorisation était refusée, sous prétexte que le couple ne convenait pas au programme d'élévation du standard racial du peuple polonais. En complément à cet édit sans précédent, un autre décréta que tous les enfants « illégaux » pourraient être « confisqués » à leurs parents par les autorités et déportés dans des orphelinats du Reich.

Ainsi, lorsque par suite du premier décret, les villageois, commencèrent à contracter des mariages secrets, le second décret entre en jeu. Les enfants de ces infortunés parents leur étaient invariablement arrachés. Souvent les mères tentaient d'emmener leurs bébés dans un autre village où elles pourraient se cacher. Cela réussissait rarement. La Gestapo utilisait toutes ses ressources pour retrouver la mère et emportait le bébé comme s'il était un chiot. Des milliers d'enfants polonais sont ainsi irrémédiablement perdus pour leurs parents. Personne ne sait exactement ce qui leur est arrivé.

[Points n° P2543, p. 343]

Note : D'après l'historien polonais Czeslaw Madajczyk, 150.000 à 200.000 enfants polonais furent enlevés et déportés dans le Reich, toute trace d'eux étant irrémédiablement perdue. L'action de nettoyage ethnique entamée le 28 juin 1942 et qui s'est poursuivie jusqu'à l'été 1943, opération la plus citée, entraîna le sort tragique des 30.000 enfants de la région de Zamosc, déportés en camps de concentration.

1596 - [p. 543]
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Nous avions libéré en septembre 1939 un grand nombre de criminels des pénitenciers, et les encourageâmes à reprendre leurs anciennes « professions », sous réserve qu'ils limiteraient leurs activités aux Allemands. Nos autorités gardaient les noms et les dossiers de chacun d'eux, de façon à pouvoir en conserver le contrôle après la guerre. Naturellement, il leur a été promis que leurs condamnations seraient réduites proportionnellement au succès de leurs opérations contre les Allemands. Le fait qu'aucun de ces criminels ne commit un seul de ces méfaits contre un Polonais et que l'on pouvait confier à beaucoup d'entre eux les plus sanglantes missions de l'action clandestine est significatif. Il prouve l'intensité de la haine collective contre l'Allemand.

1609 - [Points n° P2543, p. 345/346]
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Je me souvins d'une rumeur qui avait cours deux ou trois jours auparavant, selon laquelle le gouvernement avait voulu ordonner la mobilisation générale, devant la menace allemande, et en avait été empêché, par les mises en garde des représentants de la France et de l'Angleterre. Il ne fallait pas « provoquer » Hitler. A cette époque, l'Europe croyait encore à l'apaisement et à la réconciliation. L'autorisation de mobiliser « secrètement » fut finalement accordée à contrecœur au gouvernement polonais, au vu des préparatifs, d'attaque effectués presque ouvertement par les Allemands (4)

[p. 36]

Note : (4) Par ses fonctions au ministère polonais des Affaire étrangères, c'est aux meilleures sources et non à de simples « rumeurs » que l'auteur puisait alors son information sur les pressions exercées sur Varsovie, plus particulièrement par l'ambassadeur de France Léon Noël, pour que soit rapporté cet ordre secret de mobilisation du 23 août 1939. Il concernait l'aviation, la défense aérienne et ordonnait la mise en alerte de combat, dans six circonscriptions, de 18 divisions, 7 brigades de cavalerie et 2 divisions et demie de réserve. La signature, le 25 août, du traité d'assistance mutuelle par lequel Londres renforçait sa garantie à la Pologne fit avorter – on le sait aujourd'hui – les manœuvres du ministre Georges Bonnet pour « annuler » le traité de 1921 liant la France à la Pologne. Cependant, Paris et Londres, cherchèrent encore à « sauver la paix à tout prix » par des solutions successives proposées à une négociation directe entre Berlin et Varsovie sur Dantzig et son « corridor ». Le 29 août, dans l'après-midi, informé que la Pologne se voyait contrainte d'ordonner la mobilisation générale, l'ambassadeur Léon Noël, en accord avec son collègue britannique, demanda aussitôt que la décision fût retardée « d'un temps suffisant pour ne pas faire ainsi le jeu de la politique hitlérienne » et que le mot « mobilisation » fût évité : il s'acharna à obtenir gain de cause après du ministre des Affaires étrangères Jozef Beck. La Pologne perdit ainsi vingt-quatre heures. Le 30 août, le président Moscicki déclara officiellement la mobilisation générale. On s'étonne donc de lire, dans la somme du grand Jean-Baptiste Duroselle, La Politique étrangère de la France. L'abîme 1939-1945 (Paris Seuil, 1990, p. 25) au paragraphe « Peu-on sauver la Pologne ? » cette assertion : « Par suite des illusions du colonel Jozef Beck, la mobilisation générale n'avait commencé que le 30 août. De formidables bombardements la désorganisèrent complètement ».

12 - [Points n° P2543, p. 500]
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Cependant la campagne eut à subir une nouvelle atteinte démoralisante pendant la seconde moitié de l’année 1942. Les Allemands publièrent un ordre interdisant tout mariage sans la permission des autorités. Dans presque tous les cas, cette autorisation était refusée, sous prétexte que le couple ne convenait pas au programme d’élévation du standard racial du peuple polonais. En complément à cet édit sans précédent, un autre décréta que tous les enfants « illégaux » pourraient être «confisqués » à leurs parents par les autorités et déportés dans des orphelinats du Reich.
Ainsi, lorsque par suite du premier décret, les villageois commencèrent à contracter des mariages secrets, le second décret
entra en jeu. Les enfants de ces infortunés parents leur étaient
invariablement arrachés. Souvent les mères tentaient d’emmener
leurs bébés dans un autre village où elles pourraient se cacher. Cela réussissait rarement. La Gestapo utilisait toutes ses ressources pour retrouver la mère et emportait le bébé comme s’il était un chiot. Des milliers d’enfants polonais sont ainsi irrémédiablement perdus pour leurs parents. Personne ne sait exactement ce qui leur est arrivé.
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une autre halte, nous eûmes l’occasion de mieux comprendre
leur attitude envers nous. Deux ou trois de nos officiers parlaient
couramment le russe et ils nous servirent d’intermédiaires et
d’interprètes. À l’un d’eux, un grand gaillard d’une trentaine
d’années, les vêtements un peu en désordre, mais qui ressemblait
encore à un officier, une femme assez mal habillée, au visage grave, donna une gamelle d’eau. Il lui exprima sa gratitude et ajouta avec chaleur :
— Vous êtes nos amis. Nous lutterons ensemble contre les barbares allemands et nous les vaincrons.
Elle se raidit et répondit d’un ton méprisant :
— Vous ! Vous avec nous ? Vous, les aristocrates polonais, les
fascistes ?!? Chez nous, en Russie, vous apprendrez à travailler. Vous serez assez forts pour travailler, mais trop faibles pour opprimer le pauvre.
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Au fur et à mesure que la guerre se prolongeait, nous finissions par percevoir, en Pologne, que l'étendue des douleurs et des sacrifices endurés n'était pas toujours reconnue par les autres nations. C'était chez nous un sujet de discussions amères, un sujet d'articles dans la presse clandestine et de questions au gouvernement en exil. En dépit de cela, toutes nos ressources, nos vies, notre existence même en tant que nation avaient été engagées pour la victoire des puissances démocratiques, et nous étions blessés par le fait que d'autres pays, moins obstinés dans leurs efforts que la Pologne, acceptaient même de garder à la foi des relations avec la démocratie et le fascisme, et qu'ils « s'en tiraient » néanmoins mieux que nous.

1604 - [Points n° P2543, p. 320]
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Les Polonais nourrissent un sentiment particulièrement fort des
liens entre individu et nation, accompagné de l’expérience vécue
qu’une défaite militaire entraîne pour toute la nation des
conséquences terribles. D’autres États, après une défaite militaire,
ont été occupés, on leur imposait des contributions de guerre ou la limitation de leur armée, parfois même leurs frontières étaient
modifiées. Quand le soldat polonais était vaincu sur un champ de
bataille, le spectre de l’anéantissement s’abattait alors sur toute la
nation : ses voisins pillaient et se partageaient son territoire et
tentaient de détruire sa culture et sa langue. C’est pourquoi la guerre avait pour nous une dimension totale.
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