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Critique de mumuboc


mumuboc
  12 mars 2017
Livre lu dans le cadre d'une Masse Critique/Albin Michel
On entre, avec ce roman, dans un univers qui m'était totalement inconnu même si j'en avais quelques images dans la mémoire, d'une catégorie du gratin américain des années 60.

Jolies femmes élevées, éduquées pour devenir les épouses de riches hommes d'affaires afin de parfaire leur image en société mais qui n'étaient qu'en représentation à longueur de journée, devaient prévenir et prévoir tous les besoins de leur "cher" époux, n'élevaient que très rarement leurs enfants car ils étaient confiés à des nourrices triées sur le volet.

Dans ce parterre de beaux oiseaux, arrive Truman Capote, qui deviendra leur confident, leur ami, leur clown aussi parfois. Entre Babe Paley (photo ci-dessus) et Truman Capote, va s'instaurer un amour/amitié profond,
ils se comprennent, ont besoin l'un de l'autre, se confient ce qu'ils n'ont jamais confié : leurs désespoirs réciproques de ne pas avoir été aimés comme ils auraient aimé l'être, leurs manques, leurs espoirs, leurs rêves.
Elle d'être autre chose qu'un objet précieux pour son mari, lui son mal être, son espoir d'être un grand écrivain reconnu mais une souffrance de ne pas avoir été aimé de sa mère.
Si pour les amies de Babe il n'était qu'une relation valorisante, pour Babe il était bien plus que cela. Mais Truman va utiliser les confidences de ces femmes pour écrire des nouvelles après la parution de Sang-Froid car il est en panne d'inspiration. Cette trahison marquera la fin de la belle époque de leur amitié : tout basculera à partir de ce moment-là ..... Fin d'une époque où se côtoyaient aristocratie, personnages fortunés et stars, où rien n'était important que de paraître, d'être la plus belle, de lancer une mode (c'est à Babe Paley que l'on doit la mode du foulard noué au sac à main), d'être vu, invité, celui ou celle dont on parle. Fin d'une amitié dont aucun des deux ne ressortira indemne.
Amies féministes ce récit va vous faire hurler : la femme n'est traitée que comme un objet, un joyau qui vous rend plus beau, plus important, plus envié..... et ce qu'elles trouvaient auprès de Truman c'est un peu de considération, d'intérêt même si parfois lui aussi ne les voyait que comme des beautés presque irréelles, pleines de grâce et de classe.
On croise dans ce récit le gratin, Hollywood, le show business, la haute société, où l'argent coule à flot, ceux qui font l'actualité, les lieux où il faut être vus mais j'en garde un sentiment de vie gâchée pour la plupart des protagonistes, de tristesse quand l'âge avance et que l'on est plus ce qu'on était, qu'une nouvelle vague arrive qui vous efface et qu'il ne vous reste rien car tout n'était qu'artifice.
Se lit facilement, plein de détails sur l'époque et le milieu, peut être un peu long parfois.

Lien : http://mumudanslebocage.cana..
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