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Critiques sur Les Cygnes de la Cinquième Avenue (22)
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Crazynath
27 mars 2017
C'est amusant : alors que je suis incapable de m'interresser aux peoples actuels et d'avoir une notion même superficielle de leurs noms ou de leur existence, voila que je me suis retrouvée à lire un bouquin qui parle, eh bien, de ce qu'on pourrait qualifier les " ancêtres" de ces dits peoples. Bon, à l'époque, on parlait de personnalités mondaines apparemment...C'est vrai que je trouve que cela sonne bien mieux que people...
Bref,voici donc un livre, assez bien écrit, qui nous emmène dans les années 1950 à New-York. ici, tout est dans les apparences , les faux semblants. et les rapports superficiels. C'est dans ce milieu huppé et très select qu'évolue Babe Paley dont l'existence semble vouée à être une icône de l'élégance.
Elle va rencontrer et se lier d'amitié avec une personnalité qui sort du moule : Truman Capote. Même si j'ai déjà lu deux livres de cet auteur, je ne m'étais pas du tout penchée sur sa vie. Et effectivement, Truman Capote a fait partie de ces cercles huppés de stars et gens richissimes qui évoluaient à New-York à cette période. Comment un trublion comme Capote et une mondaine élégante comme Babe vont -ils pouvoir s'entendre alors que tout semble les opposer ? C'est ce que raconte Mélanie Benjamin qui mêle avec une certaine réussite les éléments de l'histoire et la fiction.
Je me suis plus attachée au personne de Capote, fascinant de complexité et d'autodestruction qu'à celui de Babe. Elle est restée pour moi inaccessible avec le fort sentiment que cette personne est passée à coté de sa vie.
Un livre somme toutes intéressant, même si le sujet est aux antipodes de mes thèmes favoris
Encore merci à Babelio et son opération Masse Critique ainsi qu'aux éditions Albin Michel.
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Josephine2
12 mars 2017
Pauvres petites filles riches, si élégantes, belles, raffinées, si bien mariées… Tout leur réussi, elles sont admirées, enviées, convoitées, de beaux trophées pour leur mari qui les délaisseront. Elles ont été élevées pour ça. Etre parfaites pour leurs riches maris. Mais si seules… Les moeurs n'évoluent pas tant que ça, la preuve en est avec le « Pénélope Gate »

Que se cache-t-il sous le vernis ?

Truman Capote est comme un chien dans un jeu de quille…. Il voudra tout connaître d'elles. Et il saura les amuser, il deviendra leur meilleur ami. Les « cygnes », peu à peu, se confieront. Toutes lui dévoileront leurs secrets les plus intimes.

Il se servira d'elles pour divulguer au public l'intimité de ce monde si « parfait » que tous envi. Il les trahira toutes, même Babe.

Potins, vous avez dit potins. Pour ceux qui sont férus de potins mondains. Les autres, passez votre chemin.

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour m'avoir permis de découvrir ce roman lors d'une masse critique privilégiée.
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mumuboc
12 mars 2017
Livre lu dans le cadre d'une Masse Critique/Albin Michel
On entre, avec ce roman, dans un univers qui m'était totalement inconnu même si j'en avais quelques images dans la mémoire, d'une catégorie du gratin américain des années 60.

Jolies femmes élevées, éduquées pour devenir les épouses de riches hommes d'affaires afin de parfaire leur image en société mais qui n'étaient qu'en représentation à longueur de journée, devaient prévenir et prévoir tous les besoins de leur "cher" époux, n'élevaient que très rarement leurs enfants car ils étaient confiés à des nourrices triées sur le volet.

Dans ce parterre de beaux oiseaux, arrive Truman Capote, qui deviendra leur confident, leur ami, leur clown aussi parfois. Entre Babe Paley (photo ci-dessus) et Truman Capote, va s'instaurer un amour/amitié profond,
ils se comprennent, ont besoin l'un de l'autre, se confient ce qu'ils n'ont jamais confié : leurs désespoirs réciproques de ne pas avoir été aimés comme ils auraient aimé l'être, leurs manques, leurs espoirs, leurs rêves.
Elle d'être autre chose qu'un objet précieux pour son mari, lui son mal être, son espoir d'être un grand écrivain reconnu mais une souffrance de ne pas avoir été aimé de sa mère.
Si pour les amies de Babe il n'était qu'une relation valorisante, pour Babe il était bien plus que cela. Mais Truman va utiliser les confidences de ces femmes pour écrire des nouvelles après la parution de Sang-Froid car il est en panne d'inspiration. Cette trahison marquera la fin de la belle époque de leur amitié : tout basculera à partir de ce moment-là ..... Fin d'une époque où se côtoyaient aristocratie, personnages fortunés et stars, où rien n'était important que de paraître, d'être la plus belle, de lancer une mode (c'est à Babe Paley que l'on doit la mode du foulard noué au sac à main), d'être vu, invité, celui ou celle dont on parle. Fin d'une amitié dont aucun des deux ne ressortira indemne.
Amies féministes ce récit va vous faire hurler : la femme n'est traitée que comme un objet, un joyau qui vous rend plus beau, plus important, plus envié..... et ce qu'elles trouvaient auprès de Truman c'est un peu de considération, d'intérêt même si parfois lui aussi ne les voyait que comme des beautés presque irréelles, pleines de grâce et de classe.
On croise dans ce récit le gratin, Hollywood, le show business, la haute société, où l'argent coule à flot, ceux qui font l'actualité, les lieux où il faut être vus mais j'en garde un sentiment de vie gâchée pour la plupart des protagonistes, de tristesse quand l'âge avance et que l'on est plus ce qu'on était, qu'une nouvelle vague arrive qui vous efface et qu'il ne vous reste rien car tout n'était qu'artifice.
Se lit facilement, plein de détails sur l'époque et le milieu, peut être un peu long parfois.

Lien : http://mumudanslebocage.cana..
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Verdure35
10 mai 2017

j'ai eu très envie de lire ce roman (de beaux souvenirs sur la 5ième avenue), tout en pensant qu'il s' agissait d'une bluette vite lue . Que nenni !
Dans les années 1950 régnait sur NY un escadron de jeunes femmes très élégantes, très riches et formatées pour la majorité d'entre elles pour devenir des maitresses de maison accomplies, des épouses parfaites et des icônes de mode. Dior, Chanel, et aute grands noms sortaient quotidiennement chez Tiffany ou autre lieu à la mode de l'époque.
Bref, des femmes parfaites.
Elles avaient pour nom, Agnelli , Guinness, Churchill-Harriman, Paley , etc …
La plus remarquable d'entre elles était justement Babe Paley, mais comme chacune d'entre elles, elle cachait sa tristesse, ses manques(autres que matériels!) aux photographes paparazzi qui ne cessaient de rapporter leurs sorties et leurs toilettes.
Un jour, accidentellement invité par un des leurs, débarque un petit homme amusant, léger, homosexuel maniéré ; il devient le chouchou de ses dames, leur amuseur, toléré par leurs maris aux situations tellement importantes, qui ne craignent pas la compagnie de cet avorton pour leurs épouses .
Ce jeune homme , écrivain inconnu à l'époque, s'appelle Truman Capote.
Il est introduit partout, et aidé matériellement par toutes ces dames. Petit à petit, Babe Paley lui ouvre son coeur , lui raconte son enfance , le désert intime de sa vie ; ses amies aussi se laissent aller à des confidences. Entre Babe et Truman s'installe une sorte d'amour platonique apparemment, et surement sincère pour les deux.
Truman devient célèbre, il a écrit « De sang-froid », se met à boire plus que de raison, ne veut plus être amuseur, et sa propension à colporter des ragots vrais ou inventés d'ailleurs prend de telles proportions qu'elle finira par tuer.
Comme on apprend dès la première page qu'un drame s'est produit, on ne peut prendre à la légère la vie dorée en apparence de ces femmes. Quant à Truman Capote, certains lecteurs pourront voir dans son comportement une victime du « système », moi je n'y ai vu qu'un sale type près à tout pour qu'on parle de lui.
Cela dit je vais relire « Desang-froid », la génèse de ce livre est ici si bien racontée.
J'ai vraiment aimé cette lecture bien plus profonde que son titre ne le laisse soupçonner.
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MelleFifi
30 mars 2017
Merci aux éditions Albin Michel et à Babélio pour la découverte de ce titre.
J'ai redécouvert l'univers de Truman Capote ces derniers mois.
Ainsi, c'est tout à fait convaincue et impatiente que je suis entrée dans la lecture de ce titre. Cependant, je n'arrive pas à m'intéresser à ces femmes. L'intérêt reprend lorsque Truman intervient dans le récit.
Pour l'instant, je suis déçue et bien incapable d'en dire plus. Je reprendrai ma critique dans quelques jours...
A suivre...
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MurielT
21 mars 2017
Les cygnes de la cinquième avenue - Mélanie Benjamin

Ce livre évoque la vie ou tout au moins une partie de la vie de Truman Capote, sa rencontre avec Babe Paley et ses amies, grâce à elle Truman Capote entre dans la haute société américaine. Sa fascination pour ce « monde » dont il va partager l'intimité, va l'inspirer mais aussi le conduire à dépasser des limites qu'il n'aurait pas du franchir et mettre en péril son amitié avec Babe.

J'ai trouvé ce roman très intéressant. Il décrit la « bonne » société américaine des années 50, 60 et début 70, de la vie à New-York et des célébrités de cette époque. C'est à la fois fascinant et déroutant. Ces gens qui ont tant d'argent, de pouvoir et de « liberté » et qui se retrouvent enfermés dans des carcans. Ils dépensent leur argent dans des frivolités, ils ne sont même pas sûres de connaître l'amour ni de savoir ce que veut dire ce mot et quand au bonheur ils en ont une définition qui doit être à des années lumières de la notre ou tout au moins de la mienne. En lisant l'histoire de ces gens on se demande si nous vivons tous sur la même planète ?
Je ne suis pas particulièrement passionnée par ce genre de personnages, mais j'ai lu il n'y a pas si longtemps que cela « De sang froid » et le parcours de Truman Capote m'intéressait et j'ai appris pas mal de choses en lisant ce livre, sur sa vie, sur sa façon de travailler et surtout pourquoi il n'avait pas écrit plus de livres que cela.

Je n'aurai sûrement jamais acheté ce livre alors je remercie beaucoup Babelio Masse critique et les Éditions Albin Michel de me l'avoir proposé
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ScoutCurtis
21 mars 2017
Avant de donner mon avis, je tiens à adresser un immense merci aux éditions Albin Michel et à Babelio pour leur confiance pour cette opération Masse critique privilégiée.

Lorsque j'ai reçu l'invitation pour participer à cette Masse critique, je reconnais que je n'ai pas hésité longtemps étant une grande fan de l'oeuvre de Truman Capote. Si je connais bien son oeuvre, sa vie après avoir quitté Monroeville m'était plutôt inconnue. J'étais donc ravie d'avoir la possibilité de connaître ses folles années à New-York.

Ce roman traite de l'amitié de Truman Capote avec les femmes de la haute société New-Yorkaise, appelé par Capote ses «cygnes». Les cygnes étaient composés de Barbara Paley, Slim Keith, C.Z. Guest, Maria Agnelli et Gloria Guinness. Truman était particulièrement proche de Barbara "Babe" Paley, la « parfaite » femme du président de la chaîne CBS, Bill Paley, et une grande partie de ce roman tourne autour l'amitié presque fusionnelle de Babe et Truman.

Pendant de nombreuses années, Truman Capote a fait partie la vie de ces femmes, qui l'aimaient et l'adoraient et qui lui ont fait de nombreuses confidences sur leurs vies qu'elles auraient finalement dû lui taire.

Sincèrement, je n'ai pas réussi à m'attacher à ses femmes que j'ai trouvées superficielles, matérialistes, solitaires et terriblement narcissiques, leur vie m'a paru affreusement ennuyeuse. En ce qui concerne Truman Capote, l'auteur nous décrit un homme à la fois sûr de lui en ce qui concerne son talent d'écrivain et son importance et en même temps c'est homme qui désire plus que tout l'approbation et l'acceptation.

Même si la plume de l'auteur est plaisante, il faut tout de même être amateur de potins des stars de New-York entre les années 1950 et 1970 pour apprécier ce livre à sa juste valeur.
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Brize
10 avril 2017
En 1975, Truman Capote publie dans le magazine Esquire une nouvelle intitulée « La Côte basque 1965 » (La Côte Basque est le nom d'un restaurant new-yorkais) qui fait scandale car il s'est servi, pour l'écrire, de ce qu'il connaissait des femmes de la haute société qu'il fréquentait, celles qu'il appelait ses cygnes. Dès lors, celles-ci lui battent froid et le bannissent définitivement de leur monde, y compris Babe Paley, icône de l'élégance (elle faisait la couverture des magazines de mode) et peut-être la seule amie qu'il ait eue.

J'avais entendu parler de cette anecdote littéraire en regardant, il y a peu, un documentaire consacré à Truman Capote (c'était après ma lecture de « de sang-froid »), où j'avais d'ailleurs trouvé l'auteur pour le moins détestable. La démarche de Mélanie Benjamin (expliquée dans la postface que j'ai lue avant de commencer le livre), consistant à revenir sur cet épisode en faisant oeuvre de fiction à partir de la documentation qu'elle a épluchée, a éveillé ma curiosité car la personnalité de Capote m'intriguait.

Plongée dans un milieu privilégié, cible des paparazzi de l'époque, « Les cygnes de la cinquième avenue » réussit avec brio le pari toujours risqué de la biographie (ici partielle) romancée. Les situations et les dialogues y sont plus vrais que nature, on se représente parfaitement l'irruption de Truman Capote, en 1955 (il avait 31 ans) dans le cercle des cygnes, jeunes femmes aux maris richissimes qui prennent plaisir à prendre sous leurs ailes ce joli lutin atypique et terriblement distrayant, car c'est bien connu, les mondanités, ça lasse. Alors on l'invite partout, dans les demeures qu'on possède ici ou là ou en croisière sur les yachts, la mascotte de service, c'est lui. Les époux n'ont rien à craindre puisqu'il est homosexuel et vont même jusqu'à partager l'engouement de leurs femmes pour ses facéties et sa mordante langue de vipère.
Truman se lie en particulier à Babe Paley, épouse d'un milliardaire qui l'arbore comme l'une de ses plus belles possessions mais ne s'intéresse pas à elle, malgré le soin qu'elle apporte à faire de son quotidien une source permanente de satisfactions. Babe et Truman se découvrent âmes soeurs et l'auteur dépeint à merveille la rencontre de ces deux êtres secrètement blessés, qui se rejoignent au-delà des apparences.

Tableau vivant et coloré d'une catégorie sociale très particulière que l'auteur parvient à rendre digne de notre intérêt (enfin au moins du mien), « Les cygnes de la cinquième avenue » dresse le portrait d'un Truman Capote espiègle et cancanier et apprécié comme tel, qui se délecte d'être parvenu dans des sphères dont il n'est pas issu, une revanche pour ses origines modestes. On suit en filigrane son parcours d'écrivain, qui sera à jamais marqué par la rédaction de « de sang-froid ». Après une oeuvre d'une telle ampleur, dont la lente venue au jour l'aura usé (il lui a fallu attendre l'exécution des deux protagonistes du drame pour pouvoir la publier), il aura définitivement changé, tant psychologiquement (difficile de créer quelque chose d'une envergure similaire, qui a en outre un retentissement phénoménal sur sa notoriété déjà acquise) que physiquement : le séduisant petit jeune homme a cédé la place à un personnage ventripotent qui s'adonne à la boisson du matin au soir.
Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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delfina
05 avril 2017
Je connaissais Truman Capote par ses romans ou nouvelles et je ne m'étais jamais penchée sur sa vie. Les cygnes de la Cinquième avenue de Mélanie Benjamin m'a permis de mieux le connaître mais aussi de plonger dans les années 50, 60 et 70 au travers des différents personnages.

Le lecteur suit surtout la relation de Truman et Babe, deux âmes soeurs. Truman vient d'être couronné de succès avec son roman « de sang froid » tandis que Babe est une femme très en vue. La vie semble se passer pour le mieux pour eux deux mais ça ne va pas durer. Tandis que Truman est rattrapé par son succès et commence à glisser dans la dépendance à l'alcool, Babe se sent vieillir. Il en est de même pour les autres cygnes qui s'aperçoivent que d'autres plus jeunes sont prêtes à prendre leur place. La publication des nouvelles de Truman va plonger tout ce petit monde dans le désarroi mais aussi la colère, la déception.

La lecture de ce roman ne laisse pas de marbre car on voit le glissement de l'innocence (parfois feinte) vers le drame. le personnage de Truman est celui qui a le plus retenu mon attention car au fur et à mesure des pages, on comprend son dessein lorsque les cygnes parlent entre elles. Au début, on sent qu'il est considéré un peu comme un jouet n'étant pas à sa place mais qui amuse donc on veut être en sa compagnie puis le jeu va s'inverser. Il va faire l'irréparable en racontant leurs secrets. L'auteure a réussi habilement à mêler la réalité et la fiction. Ce qui a été inventé est plausible.
Mélanie Benjamin arrive parfaitement à nous transporter dans les années 50, 60 et 70 grâce à la présence des personnes connues mais aussi l'ambiance et les us de l'époque. Quant à la Femme décrite, c'est un être fait que d'apparence et d'artifices qui attend bien sagement son mari à la maison avant de sortir dans les soirées mondaines… L'émancipation n'avait pas encore fait son apparition !

Une belle découverte qui se lit facilement grâce à une écriture plaisante.

Je remercie Babelio ainsi que les éditions Albin Michel qui m'ont permis de découvrir Les cygnes de la Cinquième avenue de Mélanie Benjamin

Lien : http://mapetitebibliotheque...
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Bellonzo
28 mars 2017
Snobissimo, le milieu dépeint par Melanie Benjamin, au coeur d'un New York palpitant, mais huppé puisque Les Cygnes de la Cinquième Avenue sont les femmes les plus fortunées, les mieux mariées, les plus élégantes de la Big Apple. C'est ainsi que les appelle le maître d'oeuvre de cette mise en scène, le grand ordonnateur des fêtes les plus dispendieuses en ces années soixante. Truman Capote, vous l'aviez reconnu, le célébrissime auteur de Breakfast at Tiffany's et de de sang froid, accessoirement connu comme une langue de vipère à la prose assassine. Je me méfiais bien un peu de cette incursion de plus de 400 pages au coeur de la jet set newyorkaise de cette époque, craignant de m'y sentir mal à l'aise et surtout de m'y ennuyer prodigieusement entre cocktails, défilés de mode et yachts caribéens. D'ailleurs je n'ai lu ce roman, en épreuves non corrigées, que dans le cadre de Masse critique de Babelio que je remercie. Or Les Cygnes de la Cinquième Avenue s'est révélé un excellent bouquin, bien plus profond que je ne l'imaginais.

La vie de Barbara "Babe" Paley, la plus emblématique de ces dames, toute entière vouée au luxe et au paraître, alors même qu'elle évoque très peu par exemple les quatre enfants de ses deux mariages, est distillée par Melanie Benjamin quaisment à l'aune, unique et exclusive, de sa rencontre et de son amitié avec Truman Capote, ce personnage ambigu, tout en fascination-répulsion, grand talent littéraire et insupportable cabotin. Il faut se rappeler l'omniprésence, au coeur de l'intelligentsia de la Côte Est, de Capote, à la fois histrion et intello, passionné par le meurtre gratuit perpétré par deux jeunes hommes dans le Kansas ( cela donna de sang froid, livre de Capote, puis film de Richard Brooks), fashion victim, icône gay avant l'heure, ami de tout le gratin de Jackie Kennedy à Andy Warhol, bref de tout ce qui comptait dans la jungle urbaine branchée. Il faut lire notamment les pages sur le célèbre Bal en noir et blanc donné par Truman, où l'on croise Sinatra et Bacall (ce roman n'est pas avare en name dropping). Bouffi et extravagant, moulinant de grands gestes, Capote va finir par blesser la belle faune de là-bas, ses chers cygnes glissant apparemment sans effort de cocktails en vernissages. Son recueil Prières exaucées ne paraîtra vraiment qu'après sa mort. Mais quelques-uns des textes qui le composent seront lisibles dans le magazine Esquire. Devenu la caricature de lui-même, cynique et pathétique, il dépeint, à peine masqué, ses chères et tendres amies dans la nouvelle La Côte Basque (c'est le nom d'un restaurant de prestige). Ce sera la fin de ses relations avec Babe, mais aussi les autres, Slim, Gloria, C.Z., etc...

Meurtris, ces fameux Cygnes de la Cinquième Avenue qui n'ont bien sûr rien d'oies blanches, vont ainsi vieillir, bientôt malades, et affronter un ennemi inachetable par leurs différents, successifs et richissimes époux. C'est toute cette histoire courant sur une douzaine d'années, et leurs rapports avec Truman Capote, grand écrivain et serpent venimeux, que raconte très bien Melanie Benjamin. C'est un éloquent portrait de groupe avec chute d'une société aux commandes, ou qui croit l'être, ce qui n'évite pas forcément l'essoufflement et le crash final.

"La poitrine de Truman ressemblait à celle d'un ange, si innocente, la peau si blanche, entièrement recouverte d'un fin duvet doré qui semblait l'éclairer d'une lueur éthérée. Ses biceps étaient étonnament bien dessinés et, avec son visage boudeur, son regard rêveur, il aurait pu passer pour un Adonis, si ce n'atait ce ventre légèrement grassouillet".


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