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Critique de AlexianeTh


AlexianeTh
  31 octobre 2018
Le récit prend place à la seconde moitié du XIe siècle alors que l'Angleterre et la France sont en guerre pour l'accession au trône saxon. Guillaume de Normandie, le Conquérant, mandate l'un de ses chevaliers les plus méritants et dignes de confiance afin de s'emparer du fief de Thurston. Gautier de Fougères, obéissant, et défenseur de la cause de son sire, est bien décidé à venir à bout de cette mission. Il n'imaginait cependant pas se heurter à Lady Alinor, fille du seigneur de Thurston, en charge du fief en l'absence de son père. Rompue aux arts de la guerre comme aux tâches logistiques et domestiques incombant aux dames de bonne naissance, cette jeune femme ne compte pas laisser le domaine familial et tout ce qui l'entoure aux mains de ces barbares normands. Elle est prête à tout pour bouter ce Gautier de Fougères hors de ses terres et préserver son fief de la tyrannie normande.


De la Haine au Désir est un roman nous initiant à l'univers de Loraline Bradern, une première rencontre avec ses personnages et le contexte historique. Nous plongeons au XIe siècle, au coeur de la guerre qui confronte deux puissantes nations.



L'immersion est réussie grâce aux très nombreuses recherches de l'autrice. Elles permettent d'agrémenter son récit d'anecdotes, de termes (avec définitions), de descriptions précises et d'évènements, immisçant ainsi une authenticité tout à fait appréciable. Peu ou pas d'approximations, Loraline Bradern a à coeur de respecter autant que faire se peut cette époque médiévale, allant jusqu'à emprunter les expressions, parfois le vocabulaire, de l'époque. Il faut avouer que les romances historiques oublient de temps à autre de poncer l'intrigue à l'aide de ce qui rapprocherait le plus d'une exactitude historique. Ici, aucune inquiétude : en plus d'assouvir notre plaisir à lire une fiction, nous engrangeons en plus des connaissances de façon ludique et agréable. S'il faut parfois s'arrêter quelques secondes pour appuyer sur les définitions, cela ne gâche en rien l'expérience de la lecture, bien au contraire.

Bien que le vocabulaire soit parfois « archaïque », en majorité durant les dialogues, la plume reste accessible et tout à fait fluide. Les phrases s'enchainent les unes après les autres, sans rencontrer de difficulté nous forçant à ralentir pour enregistrer l'information. le récit se lit comme l'on boirait du petit lait et ce petit pavé parait alors n'être qu'un livre d'une centaine de pages.

Ce qui permet aussi à ce premier tome de se démarquer, c'est dans la création de son héroïne, Alinor. Un protagoniste très fort qui met à mal les stéréotypes et les clichés du genre : caractérielle, d'un naturel passionné, rompue aux arts guerriers, elle préfère dégainer l'épée plutôt que de s'occuper d'aiguiser ses talents de châtelaine. Rares sont les héroïnes de romance historique qui parviennent à tenir la dragée haute aux protagonistes masculins, s'émanciper vraiment de leurs conditions féminines de l'époque. Il n'est pas question de savoir simplement manier un peu la dague, ici, Alinor — bien qu'elle ne soit pas non plus aussi forte qu'un guerrier excellant depuis des années — maitrise l'épée, l'arc, l'équitation et n'hésite pas à porter l'armure et son tabard d'azur. Intelligente, persévérante et téméraire, elle est tout aussi capable de régenter un fief et de commander les troupes. Malgré cela, elle reste une jeune femme encore quelque peu immature et impulsive qui doit faire des erreurs pour apprendre et se remettre en question. Ses qualités martiales ne résument pas son tempérament à eux seuls. C'est une fille ainée aux trop lourdes responsabilités, à la dévotion inéluctable, patriote, une soeur soucieuse du bien-être et de la sécurité de sa fratrie… une femme qui ignore encore tout le pouvoir de la séduction, de la passion et de l'amour. Derrière cette carapace qu'elle s'est forgée, derrière cette langue qui débite des injures aussi vite qu'elle décoche ses flèches, Alinor est encore une enfant perdue, se retrouvant confrontée à un titan.

Gautier de Fougères est, quant à lui, plus familier du genre : chevalier puissant, talentueux, au sens de l'honneur affuté, il arbore une carrure imposante sous des vêtements noirs. Ténébreux, parfois incisif et bourru, sa verve joute avec celle d'Alinor. Au-delà de ses manières quelque peu brutes et maladroites, il couve en lui un homme de bien. Mais nous vous laissons découvrir en quoi… C'est un héros qui, nous semble-t-il, dissimule encore des brèches qu'il nous faudra découvrir par la suite. Gautier est un homme qu'il est difficile de détester — ses nombreuses facettes rééquilibrent la balance. Ses nuances s'entremêlent ou se heurtent à celles d'Alinor ; s'il semble parfois entrer dans ce carcan préétabli du genre « classique » de la romance historique tel qu'il s'est popularisé, Fougères est susceptible de nous prendre à contrepied tout comme son héroïne-partenaire.

D'autres protagonistes gravitent autour de couple formant le noyau : la mère d'Alinor, Lady Judith, ses frères et soeurs dont Geoffrey et Aileen, mais aussi Thibault, le cousin de Gautier… et nous ne comptons pas la gouvernante ou les antagonistes : ces témoins ou non de ce qui déroule au coeur du fief de Thurston. Ils permettent chacun à leur façon de soutenir, seconder, guider les héros ou, à l'inverse, les prendre au dépourvu et nourrir la confusion ainsi que les quiproquos.

[...]

[Lire toute la chronique : http://marmiteauxplumes.com/t-1-combat-damour-de-la-haine-au-desir-de-loraline-bradern-saga/]
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