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Critique de Pois0n


Pois0n
  13 septembre 2021
Le résumé de « Le syndrome du scaphandrier » donnait plutôt envie. Des cambriolages oniriques ? Une frontière floue entre rêve (ou réalité ?) et (autre ?) réalité ?
Eh bien, dans les faits, la réalité de l'histoire est toute autre. Les rêves ne constituent qu'une part très réduite du roman, la plus grande partie de celui-ci se consacrant plutôt au mal-être de David dans le monde « d'en haut », bien terne par rapport au monde onirique « d'en bas » dans lequel il plonge.

Si le premier chapitre, décousu rêve oblige, peut faire peur, la suite s'avère bien plus facile à suivre, bien que la narration reste sacrément lourde. On a connu Serge Brossolo plus efficace, notamment dans ses thrillers médiévaux. Un choix probablement volontaire, pour mieux coller au ressenti de David qui, même éveillé, ne parvient à voir le monde qui l'entoure que via son regard de rêveur. Il y a ainsi davantage d'onirisme dans la réalité décrite que dans les rêves, qui obéissent certes à leur propre logique, mais manquent, paradoxalement, d'originalité et d'épaisseur. Là encore, choix assumé. Une chose est sûre : le syndrome du scaphandrier n'est ni une lecture joyeuse, ni un livre qui plaira à tout le monde... Mais l'on ne peut nier le talent de l'auteur et l'inventivité de cet univers où même la question du stockage des rêves fanés – ultra polluants qui plus est – est abordée. Ça fourmille d'idées et l'on ne demande qu'à y croire, c'est un régal.

Cependant, cet éphémère voyage au pays des rêves solides ne manque pas d'être gâché par quelques détails qui fâchent, comme le traitement des figures féminines, bien peu flatteur, qu'il s'agisse d'Antonine la maîtresse officielle, de Nadia celle du monde d'en-bas, ou de Marianne la psy. Et que dire de Soler Mahus, cet ancien plongeur déchu, enfermé dans ses souvenirs oniriques de sauveur blanc où, le temps d'un chapitre, se déverse un concentré nauséabond de racisme et de sexisme pleinement assumé par le personnage... mais dont le propos ne semble nullement déranger David et n'est à aucun moment remis en question, comme si c'était normal ? Ambiance. Ce personnage est d'ailleurs le seul à n'être pas égratigné au passage, les gens ordinaires, comme le gardien du musée ou ses anciens collègues reconvertis n'étant pas non plus épargnés par la critique.

Bref, en dépit d'un univers sombre mais accrocheur qui vaut vraiment le coup, son protagoniste tout sauf attachant et le style vraiment lourd ternissent sacrément le plaisir de lecture. Pas un mauvais livre, mais un de ceux qui pétillent sur le palais tout en laissant un arrière-goût désagréable...
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