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Critique de oblo


oblo
  19 novembre 2016
Les années 1600 en France. Henri IV travaille à la pacification du royaume, érigeant lentement contre lui les mécontents catholiques et protestants. C'est dans ce contexte historique, qui a pour point d'orgue l'assassinat du roi le 14 mai 1610 par Ravaillac, que Patrick Cothias et André Juillard ont choisi de placer leur aventure. Car, malgré les affres de la politique, Henri IV est aussi un père de famille. Son fils, le futur Louis XIII, est né le 27 septembre 1601. le même jour, en Auvergne, naît dans des circonstances dramatiques, la jeune Ariane de Troïl, fille du baron Yvon de Troïl, lequel, par tristesse et rage, chasse son frère Gabriel des terres familiales. Gabriel, chemin faisant vers l'exil, croise alors une vieille femme - que l'on recroisera dans l'aventure, médiatrice entre les hommes et leur destin, médiatrice entre la fiction et le lecteur - qui, pour prix de son âme, le fait justicier. Un justicier masqué, donc, connu sous le nom de Masquerouge, et qui n'aura de cesse durant les premiers albums de défier l'autorité du conte de Bruantfrou, personnage autoritaire et sans scrupules. L'action de Masquerouge, aussi appelé "L'épervier", car cet oiseau le suit partout et agit selon ses ordres, fait naître l'admiration d'Ariane et un certain goût, chez elle, de la justice.

Le scénario navigue ainsi entre l'Auvergne et Paris, entre la petite et la grande Histoire, entre les duels à l'épée et les apparitions fantastiques, dont celle du Diable, lequel se cache dans les détails et surgit dans une case pour donner un coup de pouce aux destins qui se jouent. Car les Sept vies de l'épervier sont la narration de destins d'hommes et de femmes, embarqués dans les vissicitudes de leur temps et les passions de leurs âmes, personnages marquants et épris de justice ou d'aventure : Henri IV, Louis XIII, Gabriel de Troïl, Ariane et Guillemot de Troïl, Germain Grandpin sont de ceux-là. Cependant, c'est la narration qui semble hériter du point faible de l'oeuvre qui paraît se heurter à son ambition même. La narration est parfois forcée - ainsi l'arrivée de Grandpin en Auvergne semble bien heureuse pour le déroulement de l'histoire, entre autres facilités narratives - et l'on ressentirait, outre un immense plaisir de lecture, une sensation d'inachevé ou, plutôt, de récit incomplet (ce que semble prouver l'abondance de récits parallèles, depuis le cycle Masquerouge jusqu'à celui du Fou du roy ou de Coeur brûlé).

Ce ne sont cependant pas quelques fausses notes qui viendront ternir la mélodie d'une oeuvre forte de la bande-dessinée. Les défis que se sont lancés Cothias et Juillard sont tous relevés : respect du contexte historique, dialogues ciselés et répliques marquantes, grande crédibilité de la narration et intégration réussie du fantastique (le personnage de la vieille femme est clé, ainsi que celui de Léonard Langue-Agile). Juillard, lui, fait dans le grand art. le dessin est superbe de précision et la reconstitution du Paris d'Henri IV est une leçon historique. Les personnages dégagent aussi une grande esthétique. Cothias et Juillard livrent ainsi un récit de grande qualité, qui n'a de défaut que celui de donner au lecteur l'envie de lire les autres aventures des éperviers.
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