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Critique de irisrivaldi


irisrivaldi
  02 juin 2020
Présentation :

« le Mystérieux évadé » de Daniel Devaux fait suite au roman « le paradoxe de Casanova ». Le thème du voyage dans le temps, avec son lot de mystères et sa part de dangers, continue de nous être conté au travers des péripéties d'un certain Jacques Cazeneuve, scientifique hors pair qui, avec l'aide d'une équipe de chercheurs dévoués, a conçu un formidable dispositif qui lui a permis de se retrouver à Venise au dix-huitième siècle. Endroit et époque pour lesquels ledit Cazeneuve voue justement une passion proche de la vénération. La résonance de son patronyme avec celui d'un célèbre aventurier vénitien ne doit rien au hasard. Oui, dans cette nouvelle dimension, Jacques expérimente une sorte d’incarnation alternée puisqu'il partage, selon les cycles veille – sommeil, la même enveloppe corporelle que Giacomo Casanova ! Dingue, pas vrai ? Avouez qu'il aurait pu plus mal tomber... En effet, son double, non seulement amateur du beau sexe, sait aussi comment user de toutes les ressources de son intelligence pour faire profiter Jacques des privilèges d'une fort plaisante vie de patricien. Hélas, le sieur Casanova n'a pas que des alliés et, à cause d'une affreuse méprise… il se voit incarcéré dans la prison des Plombs. Et là, un inexplicable imbroglio spatio-temporel extrait le prisonnier hors de sa geôle. Suite à quoi, Jacques – Giacomo atterrit dans un charmant coin de Normandie, cette fois, au vingt-et-unième siècle. Le corps physique de Jacques a certes changé puisqu'il apparaît aux yeux de tous sous les traits de Casanova mais son esprit demeure. Quant à Giacomo, il n'est jamais bien loin…
D'abord désorienté, notre évadé n'aura de cesse de vouloir retourner d'où il vient ! Réaction curieuse quand on a vent des conditions de détention en ces temps reculés… Ainsi les « Soupirs » du célèbre pont n'ont rien à voir avec les murmures des amoureux qui aujourd’hui se laissent glisser dessous en gondole, mais font référence aux malheureux qui transitaient jadis des cellules d'interrogatoire du palais des Doges jusqu'aux cachots d'en face.
Alors pourquoi tant d'obstination à revenir en lieu si sinistre ? Parce qu'informé des hauts faits de son « hôte », et même si la date lui échappe, Jacques Cazeneuve sait que Casanova s'évadera un jour des Plombs. Qui plus est, quand l'horloge cosmique se grippe, cela ne présage jamais rien de bon. Et si la théorie du chaos et son fameux effet papillon vous disent quelque chose, vous aurez compris que le saut temporel d'un scientifique en mal d'aventure pourrait entraîner des conséquences désastreuses dépassant amplement le destin d'un seul homme. D'autant qu'au vingt-et-unième siècle, à l'évocation du nom de l'aventurier Giacomo Girolamo Casanova, l'humanité est soudain frappée d'amnésie collective. Wikipédia est formel, nulle trace, en 2018, de l’illustre libertin ! Ainsi s'explique le sentiment de panique de Jacques Cazeneuve qui va tenter l'impossible pour remettre les pendules à l'heure.

Mon avis :

Le premier opus des aventures de Jacques Cazeneuve avait été chroniqué le 19 février dernier. Ceci donc, avant la drôle de période qui nous habitue à présent à utiliser des masques d'un autre style que les parures habituellement associées au carnaval de Venise...
J'avais alors beaucoup apprécié mon incursion dans la Sérénissime du siècle des Lumières, en 1755 pour être exacte, où, sous prétexte d'une expérience scientifique aussi dangereuse qu'interdite, et au fil d'une plume habile, l'auteur nous conviait à une balade riche en rebondissements le long des canaux et recoins secrets de moult venelles. Grâce à des bonds constants entre le dix-huitième siècle et notre bon vieux troisième millénaire, on pouvait se rendre compte, abstraction faite du flot incessant de touristes venus arpenter ses « calli » (ruelles en vénitien) et des progrès prodigieux de l'hygiène publique (béni soit le tout-à-l'égout), que Venise offre un visage très semblable à celui de l'époque de Casanova, quand le carnaval durait pas moins de six mois... À l'abri de la pollution automobile et des bruits de la modernité, les somptueuses demeures seigneuriales de la Cité des Doges révèlent en effet, de nos jours encore, une splendeur préservée. Et c'est dans une langue savoureuse empreinte d'une tourbillonnante érudition que Daniel Devaux renouvelle sa très belle invitation au voyage.
Par ailleurs, la personnalité du héros est de nouveau très approfondie, d'autant plus d'ailleurs qu'un même corps héberge deux individus ! Et quand se produit le transfert de l'un à l'autre, on se prend facilement au jeu d'une schizophrénie addictive.
Lien : http://scambiculturali.over-..
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