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Critique de Bazart


Bazart
  06 avril 2020
On a entendu parler en France pour la première fois de la dramaturge Eve Ensler en 1996 avec "Les Monologues du vagin".

Au milieu des années 90, Eve Ensler, qui avait fait parler d'elle aux USA grâce à des revendications féministes affirmées, décide en effet de s'attaquer à un tabou :à partir du témoignage sans tabou de 200 femmes sur la part la plus intime de leur identité sexuelle, elle a l'idée de faire parler les femmes de leur « vagin » mais surtout de la manière dont elles se le représentent, comment elles l'ont « découvert » et de la liberté qui leur est laissée d'en user et de l'assumer...

Une pièce qui aura un retentissement planétaire incroyable,et qui dans de nombreux pays comme en France aura été joué des milliers de fois, souvent par des personnalités féminines reconnues et qui plus de 20 ans avant me too aura contribué à poser les premières germes de la libération de la parole des femmes.

En ce début d'année 2020, La France a eu des nouvelles de cette icone féministe toujours très médiatisée aux USA avec la publication chez Denoël- qui avait déjà publié les monologues du vaginPardon.

Dans ce terrible cri du coeur, on apprend qu'Eve Ensler a connu une enfance terrifiante, totalement détruite par un père monstrieux, incestueux jusqu'à ses 10 ans, puis après violent et l'humiliant à chaque occasion. Trente ans après la mort de ce dernier, elle décide d'écrire à sa place la lettre de pardon que son bourreau ne lui aura jamais adressée de son vivant et qu'elle aura attendue en vain pendant de longues années .

"Comment est ce que cela a commencé? Je sais que c'est pour toi crucial. Comment quelqu'un déborde t-il les frontières de ce qui est permis? Comment transgresse t- i un tabou codé dans notre ADN collectif? La réponse c'est lentement peu à peu. Je te rappelle que je me targuais d'être un homme très moral. Je disais scrupuleusement la vérité."



Dans ce texte court mais qu'on lit d'une traite en retenant son souffle, on comprend à quel point Eve Ensler a eu besoin du pouvoir catarshitique de l'écriture pour enfin se libérer de son bourreau et de la honte et du dégout d'elle même que ce prédateur lui avait inoculé

Comment panser ses plaies lorsqu'on a été victime de tels abus ? Pourquoi les hommes ne savent pas s'excuser du mal qu'ils ont fait aux femmes?

Si le foudroyant récit d'Eve Ensler ne nous donne pas toutes les clés à ces question sfondamentale, et nous laisse avec nos doutes et l'horreur de cette violence domestique, ce texte terriblement dur mais o combien salutaire permet de mieux comprendre le mécanisme de prédation et comprendre l'origine de l'engagement féministe de son auteur puisqu'elle a fait de sa rage d'enfant violée et violentée la source de son indispensable combat .


Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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