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Critique de colimasson


colimasson
  09 mars 2015
Hermann Hesse se livre mystérieusement. Il efface les repères habituels en proposant un titre qui suggère l'autobiographie alors qu'il ne propose en fait qu'un ensemble de nouvelles apparemment indépendantes. Quel est alors le lien qui les réunit dans la structure du recueil ? Hermann Hesse écrit :


« Depuis longtemps, je voyais que ma mission, ou plutôt le chemin que j'avais à suivre pour mon salut, ne conduisait plus au pays du lyrisme, de la philosophie ou de toute autre spécialité du même genre : il s'agissait uniquement de conserver en moi le peu qui s'y trouvait de réellement fort et vivant et de faire preuve d'une fidélité absolue envers ce que je sentais vivre encore en moi. Cela, c'était vivre, c'était sentir la présence de Dieu. »


Et si chaque nouvelle de ce recueil symbolisait une étape de ce parcours visant à exalter le sentiment de vie intérieure ? Il s'agit alors de retrouver la spontanéité, l'enthousiasme et le grand génie naturel de cet enfant qui voulait devenir un magicien, avant que la réalité du monde adulte ne vienne doucement ensevelir ses réjouissances discrètes.


« Très lentement, imperceptiblement, la corolle se fanait, j'allais à la rencontre de quelque chose de limité, qui jadis ne l'était pas, à savoir le monde réel, le monde des grandes personnes. A la longue, mon désir de devenir magicien, bien qu'il n'eût pas perdu toute ardeur, me parut à moi-même moins important, presque un enfantillage. Déjà, il s'était passé quelque chose en moi qui faisait que je n'étais plus un enfant. »


La grande sensibilité d'Hermann Hesse lui donnera toutefois maintes occasions de renouer avec le petit enfant magicien qu'il avait été dans sa plénitude. Par l'amour ou par l'étude, par la musique ou par la poursuite des idéaux marginaux, entre culture et barbarie, Hermann Hesse reconnaît à l'être humain son incohérence qui se manifeste par la poursuite de voies parallèles. Il observe l'individu qui se disperse mais ne le condamne pas au jugement rapide de l'éparpillement car il perçoit au contraire l'authenticité d'une démarche qui peut être angoissée lorsqu'elle ne se reconnaît plus, mais qui n'est finalement rien d'autre que le besoin de se retrouver aux racines de son être –c'est ce qu'on appelle l'enfance ou la magie.
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