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Citations sur Petrograd An 1919 (24)

Le carnet noir

Les journaux sont comme d'habitude, c'est-à-dire qu'il est absolument impossible de rien comprendre, les mots sont toujours les mêmes : " écraser ", " anéantir ", etc.

( p.127)
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Le Carnet noir

24 septembre ( 1919)

Hier, annonce de soixante sept exécutions à Moscou ( des professeurs, des personnalités, des femmes).Aujourd'hui, vingt- neuf exécutions ici.Pour ce qui est des pourparlers de paix avec l'Estonie, qui auraient été interrompus mais sembleraient sur le point de reprendre, nous ne savons rien, nous ne comprenons rien, nous ne pouvons ( et nous ne devons) rien imaginer.Après Kiev, Dénikine a pris Koursk.Trotski annonce à grands cris des victoires.Une impression de ténèbres et de gouffre.De démence silencieuse.

( p.118)
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Le Bloc-notes gris

J'ai compris depuis longtemps que le froid est plus pénible que la faim.Et pourtant, pourtant, je le répète encore, le froid et la faim ensemble ne sont rien à côté de notre souffrance intérieure, de la mortelle souffrance de nos âmes- la seule.(p.179)
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Préface de Sophie Benech (la traductrice)

(...)
Presque un siècle s'est écoulé depuis que Zinaïda Hippius a écrit les pages que vous avez lire.Elles ont été imprimées et même traduites en français en 1921, mais elles n'ont pas été lues à l'époque comme nous pouvons les lire aujourd'hui, armés de connaissances historiques qui leur donnent leur véritable poids.
Zinaïda Hippiys raconte au jour le jour ce qu'elle voit autour d'elle dans le Petrograd de l'année 1919, deux ans après le coup d'État bolchévique.
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Préface de la traductrice, Sophie Benech

(...)
Aujourd'hui, nous savons que tout ce que raconte Zinaïda Hippius est vrai, qu'il n'y a pas dans ces lignes la moindre exagération : oui, le régime bolchévique a été dès ses premières heures un régime de terreur, oui, il fusillait et allait fusiller à tour de bras pendant des décennies non seulement tous ses opposants réels, mais aussi ses adversaires en puissance ou présumés, il allait exterminer des dizaines de millions d'innocents.Oui, on arrêtait n'importe qui sous n'importe quel prétexte, on se servait de chair humaine pour la culture des bacilles dans les laboratoires, on nourrissait les animaux du zoo avec les cadavres des fusillés (..)
Et il ne s'agissait pas d'un chaos provisoire dû à des circonstances historiques exceptionnelles, mais d'une terreur d'État systématique mise en place par Lénine, au nom d'une idéologie totalitaire. L'une de ces idéologies qui ont sévi durant ce siècle et qui, toutes, se sont caractérisées par un mépris absolu de la personne humaine.(p.13)
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Le Bloc-notes gris

(...)Aujourd'hui, décret sur le recrutement dans l'Armée rouge de tous les étudiants qui restent encore, cette fois sans la moindre exception.Ceux qui ne sont pas bons pour le service, dans les camps! On ne laisse à Pétersbourg que ceux qui sont alités.
Ce recrutement est une mesure punitive.Les étudiants sont considérés comme une opposition latente.C'est pour les mater.
Quels sales froussards ! Il est vrai que les étudiants sont effectivement tous contre les bolcheviks, mais ils sont complètement impuissants : d'abord, ils se comptent sur les doigts de la main, et cela fait longtemps qu'il n'existe plus aucune université à proprement parler. Deuxièmement , ces malheureux étudiants, même s'ils sont employés dans des institutions soviétiques, titubent de faim, et sont totalement incapables de quoi que ce soit.( p.
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Le Bloc-notes gris

Ça, les bolcheviks ne se compliquent pas la vie avec la diplomatie! Ils vont jusqu'à l'extrême limite de la franchise quand ils parlent de leurs plans: ils savent bien que de toute façon, l'Europe ne comprendra rien. Ils ne se gênent pas.(p.168)
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Le Carnet noir

Si les bolcheviks ne tombent
qu'"au bout du compte", alors on ne trouvera sous la décombres qu'un désert. Et là, on félicitera l'Europe.Mais y aura-t-il encore quelqu'un à féliciter, "au bout du compte " ?
(p.89)
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Le Carnet noir

Je lis le récit de Leskov- La Vallée des larmes-.C'est sur la famine de 1840 en Russie centrale. Notre situation rappelle beaucoup celle des serfs dans le domaine du gouvernement d'Orlov, eux aussi, ils devaient mourir comme ça, sur place, privés de tous droits, même celui de partir. (p.86)
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Le Carnet noir

Comme si nous ne les connaissions pas, comme si nous n'avions pas su, avant toute révolution quelle qu'elle soit, que les bolcheviks, c'est la guerre permanente, la guerre sans aucune issue ?
Le pouvoir bolchévique en Russie est le fruit, l'enfant de la guerre.La guerre civile? Non, pas tout à fait.La guerre, tout simplement, et en plus, une guerre double, à la fois extérieure et intérieure. Cette dernière sous la forme la plus abjecte, celle de la terreur, c'est-à-dire l'assassinat par des hommes armés de gens désarmés et sans défense. ( p.70)
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