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Critique de Warrenbismuth


Warrenbismuth
  30 août 2018
Dernière pièce de théâtre achevée par KOLTÈS en 1988 avant son décès du sida un an plus tard, ce « Roberto Zucco » est bien sûr, vous l'aurez sans doute deviné, une biographie du tueur délirant des 80's Roberto SUCCO.

S'attachant aux dernières heures du meurtrier avant son suicide, cette pièce stylisée fait intervenir pas mal de témoins, des proches aux quidams en passant par les gardiens de prison entre autres, une vingtaine de personnes se succédant ou dialoguant. le ton est brut et poétique à la fois, les situations parfois choquantes (la pièce a fait scandale à sa sortie), une biographie stylisée et sans concession, à l'écriture soigneuse, pointilleuse et exigeante. Oui ce Zucco est fou à lier : assassin de ses parents, d'un flic, interné en hôpital psychiatrique puis évadé, repris et incarcéré, la pièce commence alors qu'il est juché sur le toit de sa prison, c'est le dernier baroud d'honneur de l'italien. On va rapidement en savoir plus sur son parcours par ses proches, par celles et ceux qui l'ont côtoyé d'une manière ou d'une autre, mais aussi par ses propres rencontres avec l'un ou l'autre des protagonistes, assister même au meurtre de sa mère, protectrice et dépassée.

Dans cette pièce, KOLTÈS s'est inspiré du théâtre classique, même si l'on peut çà et là ressentir les influences du théâtre contemporain. Support ambitieux que celui de présenter une biographie par le truchement du théâtre où l'on peut imposer librement un ton, un rythme différents, en version brut de décoffrage, faire parler l'imaginaire sans suivre de fil, moins de deux heures pour résumer une vie qui se clôture en forme de naufrage, une manière bien singulière de redécouvrir ce Roberto complètement azimuté qui a fasciné l'opinion publique à la fin des années 80 (et fait s'interroger pas mal de professionnels de la psychiatrie).

La pièce fut écrite la même année que la mort de SUCCO (1988), donc en quelque sorte le nez dans le guidon. Dans ce livre, des bonus permettent de jouer les prolongations en compagnie de l'auteur : « Tabataba », un dialogue tendu entre une soeur et son frère cadet sur fond de Harley Davidson, « Coco », une esquisse de pièce de théâtre avec Coco CHANEL comme personnage central (que visiblement KOLTÈS ne portait pas dans son coeur), le recueil se terminant par « Un hangar, à l'ouest », interview où KOLTÈS parle de son travail (notamment pour les pièces « Quai ouest » et « Combat de nègres et de chiens »), son approche, sa perception du théâtre, etc. le tout est sorti en 2001 aux Éditions de Minuit, alors que la pièce « Roberto Zucco » fut montée en 1990 à Berlin.
https://deslivresrances.blogspot.fr/
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