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Critique de Iboo


Iboo
  07 mars 2018
Magnifique ! Je viens de le terminer à l'instant et ce livre m'a tenue en haleine jusqu'à sa dernière ligne. J'en suis encore toute chamboulée.

Et l'écriture de Kourkov ! Prodigieuse. Je ne me souviens pas avoir déjà lu un bouquin rédigé dans un style aussi... efficace.
Pas de descriptions alambiquées qui s'éternisent et vous font décrocher de l'intrigue. En une courte et simple phrase, avec les mots justes, Kourkov plante à chaque fois le décor. On y est. On y est tout de suite et on y est vraiment.
Pas de lourdeurs psychologiques ou de blabla sociologique. Kourkov n'explique pas. Il raconte. Il nous fait rencontrer ses personnages tels que nous aurions pu les croiser dans la réalité ; soit en ne montrant d'eux que ce qu'ils laissent apparaître : leur physique, leur gestuelle, leurs paroles et, surtout, leurs actes.
À aucun moment il ne se pose en analyste. Ce qui fait que, comme dans la vraie vie, on ne sait à quoi s'attendre : sont-ils ce qu'ils ont l'air d'être ? Vrais méchants ou braves gens, finalement ? Ne comptez pas sur Kourkov pour vous livrer du prémâché. Il va vous falloir faire connaissance et avancer dans l'histoire pour le découvrir.

Une histoire superbement construite, très rythmée où les événements s'enchaînent sans qu'on ait eu le temps de les sentir arriver. Que de péripéties ! Et pourtant, rien ne nous semble improbable. Par son style incomparable et d'une grande précision, tel détail qui pouvait sembler insignifiant s'avère capital quelques pages plus loin. Aucune négligence, tout se tient.

Au début du livre et jusqu'à la fin, j'ai eu comme le sentiment que Victor, le personnage principal, avait négligemment tiré un petit bout de laine qui dépassait d'une tapisserie figurant une fresque ukrainienne. Et il tire, il tire, et la laine ne casse pas. Et Victor ne lâche pas. Et la trame se découvre et se déroule inexorablement.
En fait, je ne suis pas exacte en disant que Victor est le personnage principal car celui-ci est incontestablement Micha, le pingouin. Il fallait l'oser ça ! Faire d'un pingouin le personnage central de son histoire. D'un pingouin qui ne parle pas, qui n'a pas de pouvoirs surnaturels, qui n'est rien de plus qu'un pingouin comme tous les autres pingouins. Sauf peut-être qu'il est dépressif - mais on le serait à moins. Comme il m'a émue ce pingouin ! Comme je me suis inquiétée pour lui.

Ce livre m'a littéralement transportée. On ressent chez Kourkov le don de l'écriture et l'amour pour ses lecteurs. Il imagine une histoire, la cisèle et nous l'offre sans autre considération. Il y a chez lui l'humilité du véritable talent.

Splendide ! Un moment unique que j'aurais tant aimé vous faire partager dans une critique plus convaincante mais quand je suis à ce point enthousiaste, j'ai tendance à m'éparpiller et à manquer de cohérence.

N.B. : Je ne saurais clore ma chronique sans faire un petit clin d'oeil à Bookycooky qui m'a recommandé cet auteur en Octobre dernier. Un immense merci à toi, Idil.
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