AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de Aela


Aela
  20 juillet 2012
Saviez-vous que jusqu'au 19ème siècle, la couleur de la robe de la mariée était le rouge ?
Rouge qui signifiait alors prospérité.
Saviez-vous que le bleu était une couleur fort dépréciée du temps des Romains, à tel point que les femmes qui avaient les yeux bleus étaient mal vues, car supposées mener une vie de débauche ?
Saviez-vous que le noir a été la couleur du deuil réservée aux nobles et aux membres des classes supérieures jusqu'au 19ème siècle ? ceci en raison du coût élevé pour obtenir des vêtements de cette couleur.

Michel Pastoureau, célèbre historien anthropologue, interrogé ici par Dominique Simonnet, auteur de romans et d'essais, nous relate l'histoire des couleurs, ou plus exactement l'histoire de la perception des couleurs au travers des âges.
C'est un essai que j'ai trouvé réellement passionnant.

Bien sûr il y a des constantes au cours de cette Histoire : ainsi même si certaines couleurs comme le blanc, le rouge gardent globalement le même symbolisme au travers des âges, le blanc étant apparenté à l'innocence, la pureté et le rouge au pouvoir, et à la guerre, certaines couleurs ont eu un statut qui a fortement « bougé » au travers des siècles.
Le meilleur exemple est la couleur bleue, qui va être « méprisée » tout au long de l'Antiquité, symbolisant alors la débauche, tout simplement parce qu'à cette époque elle était une couleur difficile à obtenir et chimiquement instable.
Ce n'est qu'au Moyen-Age que le bleu va acquérir un statut de couleur « noble », en étant associée au divin et aux cieux.
Depuis le 18ème siècle, cette couleur devient la couleur préférée des Occidentaux, à l'inverse des Japonais qui lui préfèrent le noir.
Une histoire passionnante.

Michel Pastoureau nous montre tout l'enjeu et l'importance de cette perception des couleurs.
Les couleurs ne sont pas anodines. Elles véhiculent des tabous, des préjugés conscients ou inconscients.
Elles possèdent aussi des sens cachés et ont une histoire mouvementée qui raconte l'évolution des mentalités.
L'art, la peinture, la décoration, l'architecture, la publicité, nos produits de consommation, nos vêtements et même nos sous-vêtements, tout est régi par ce code non écrit.
Michel Pastoureau nous montre magnifiquement que cette perception évolue certes au fil du temps mais aussi en fonction des variables géographiques et sociales : ainsi l'Europe occidentale est moins colorée que l' Asie, l'Afrique ou l'Amérique du Sud.
De même, il nous montre fort bien que l'on ne vit pas la couleur de la même manière selon les milieux sociaux. Et encore de nos jours, dans les quartiers défavorisés, vous verrez beaucoup plus de couleurs que dans les quartiers «huppés ».
J'ai adoré ce livre, court et passionnant ;
La couleur qui m'a passionnée le plus est la couleur blanche, la plus ambivalente finalement.
Une couleur aussi bien associée à l'enfance qu'à la vieillesse, à la naissance et à la mort…
Quel exploit…
Commenter  J’apprécie          420



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (34)voir plus