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Note moyenne 4.04 /5 (sur 1144 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 17/06/1947
Biographie :

Michel Pastoureau est un historien médiéviste français, spécialiste de la symbolique des couleurs, des emblèmes, et de l'héraldique.

Archiviste paléographe, il soutient en 1972 une thèse à l'École des chartes, qui porte sur le bestiaire héraldique du Moyen Âge. Il est historien, et directeur d'études à l'École pratique des hautes études (4e section), où il occupe depuis 1983 la chaire d'histoire de la symbolique occidentale.

Il est membre de l'Académie internationale d'héraldique, président de la Société française d'héraldique et de sigillographie (2008-2017) et enseigne régulièrement à l'École du Louvre.

Il a publié une quarantaine d'ouvrages consacrés à l'histoire des couleurs, des animaux et des symboles. Ses premiers travaux portaient sur l'histoire des emblèmes et les domaines qui s'y rattachent : héraldique, sigillographie et numismatique.

Il a reçu le 16 septembre 2007 le Prix national du livre médiéval : Provins patrimoine mondial, pour son livre "L’Ours, histoire d’un roi déchu".

Il obtient le prix Médicis essai 2010 et le Prix France Télévisions - Essai 2011 pour son ouvrage "Les Couleurs de nos souvenirs" (2010).

Après "Les Couleurs de nos souvenirs", Michel Pastoureau publie la même année un catalogue de 350 photographies, "Couleurs", pour inaugurer un rapport différent à la couleur, via l'image.

Abondamment illustré, "Jaune" (2019) est le cinquième ouvrage d’une série commencée en 2000 par Michel Pastoureau et consacrée à l’histoire des couleurs en Europe, de l’Antiquité à nos jours. Il fait suite à "Bleu. Histoire d’une couleur" (2000), "Noir. Histoire d’une couleur" (2008), "Vert. Histoire d’une couleur" (2013) et "Rouge. Histoire d’une couleur" (2016).
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Michel Pastoureau - Les couleurs de nos souvenirs

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Michel Pastoureau
Harioutz   21 octobre 2019
Michel Pastoureau
"Voyageons un peu dans le passé et transportons-nous à Falaise, petite ville de Normandie, à la fin du mois de janvier 1386.

Une truie, maladroitement costumée en habits féminins, est rituellement conduite à l’échafaud, puis pendue et brûlée. Qu’avait-elle fait ? Renversé le berceau d’un nourrisson mal surveillé et commencé à lui dévorer le visage.

Capturée, emprisonnée, conduite au tribunal, défendue par un avocat peu efficace, elle est condamnée à mort par le juge-bailli de Falaise qui l’estime responsable de ses actes. Son propriétaire, en revanche, n’écope d’aucune peine ni amende.



Aujourd’hui, de telles pratiques nous font rire, de même que nous nous esclaffons devant les questions que l’on se pose à la même époque en milieu clérical ou universitaire : peut-on faire travailler les animaux le dimanche ? Doit-on leur imposer des jours de jeûne ? Où vont-ils après la mort ? En Enfer ou au Paradis ? Que de croyances absurdes ? Que de superstitions grotesques ! Quels ramassis d’imbéciles tous ces médiévaux !



Nous avons tort de réagir ainsi. En jugeant le passé à l’aune des savoirs, des morales et des sensibilités du présent, nous montrons que nous n’avons rien compris à ce qu’était l’Histoire. En outre, nous oublions aussi que nos propres comportements sont tout aussi ridicules, qu’ils feront pareillement sourire nos successeurs dans quelques siècles, et qu’ils sont souvent plus atroces et beaucoup plus dangereux que ceux de nos ancêtres. Dangereux pour toutes les espèces vivantes, dangereux pour l’avenir de la planète.



Qui parmi nous a déjà visité une porcherie industrielle ? Je suis normand d’origine et breton de cœur, je n’ai aucune animosité envers les éleveurs de porcs, je ne milite dans aucune société protectrice des animaux ; je suis simplement historien, spécialiste des rapports entre l’homme et l’animal. Or l’honnêteté m’oblige à dire que ces porcheries industrielles sont des lieux abominables, constituant une sorte d’enfer sur terre pour les animaux qui s’y trouvent. Les truies sont enfermées par centaines dans des espaces qui leur interdisent de se déplacer. Leur vie durant, elles ne voient jamais la lumière du soleil, ne fouillent jamais le sol, sont nourries d’aliments chimiques, gavées d’antibiotiques, inséminées artificiellement. Elles doivent produire le maximum de porcelets en une seule portée, avoir le maximum de portées dans les quelques années de leur misérable vie, et lorsqu’elles ne sont plus fécondes, elles partent à l’abattoir. Les porcelets eux-mêmes doivent engraisser le plus vite possible, produire le maximum de viande, et tout cela, bien sûr, au moindre coût. Ces crétins du Moyen-Âge qui pensaient que les cochons étaient des êtres sensibles, qu’ils avaient une âme et qu’ils pouvaient comprendre ce qu’était le Bien et le Mal, n’avaient certainement jamais pensé à cela : martyriser des porcs pour gagner de l’argent !



Récemment, un directeur de porcherie industrielle située dans les Côtes d’Armor à qui je venais de faire part de mon indignation m’a répondu d’une manière sordide : « Mais, Cher Monsieur, pour les poulets c’est bien pire ». De fait, dans des établissements carcéraux du même genre, les poulets ne peuvent pas poser leurs deux pattes au sol en même temps : il y circule un courant électrique qui les oblige, à longueur de vie, à poser au sol une patte après l’autre. Pourquoi un tel supplice ? Pour faire grossir leurs cuisses, bien sûr, et les vendre ainsi plus cher. La cupidité de l’être humain est devenue sans limite.



Où sont passés les cochons de nos campagnes ? Où peut-on encore les voir gambader autour de la ferme, jouer les uns avec les autres, se faire caresser par les enfants, partager la vie des paysans. Nulle part ! Nous avons oublié que les cochons – mais cela est vrai de tous les animaux de la ferme - étaient des êtres vivants et non pas des produits. Qui, dans la presse, évoque leur sort pitoyable, leur vie de prisonniers et de condamnés lorsque l’actualité parle du prix de la viande de porc et du mécontentement des éleveurs ? Qui a le courage de rappeler qu’avant d’être un produit de consommation le cochon était un animal vivant, intelligent, sensible, anatomiquement et physiologiquement cousin très proche de l’être humain ? A ma connaissance, personne. De même, à propos des débats autour des cantines scolaires, qui s’interroge sur les raisons qui font que certains peuples mangent du porc et d’autres non ? C’est pourtant un dossier passionnant, l’occasion de s’instruire et de rappeler les nombreuses hypothèses qui ont été avancées depuis le Moyen-Âge pour expliquer les rejets et les tabous qui entourent cet animal.



Les animaux domestiques n’ont plus d’histoire, plus de mythologie, plus de symbolique. Ils ne suscitent plus aucune curiosité, aucune interrogation, aucune nostalgie. Ils n’ont même plus droit à une vie simplement animale. Ce sont des produits ! Comme tels, ils doivent participer au « redressement productif » de notre pays (cette expression est en elle-même absolument répugnante) et générer du profit. Un profit ironiquement bien mince, voire inexistant pour les éleveurs de porcs, ce qui rend encore plus aberrante et intolérable l’existence de ces porcheries industrielles, inhumaines, « inanimales » même, si l’on peut oser un tel néologisme. Elles polluent l’air, la terre, les eaux des rivières et celles de la mer. Dans mon petit coin de Bretagne, des sangliers sont morts à cause du rejet dans la nature du lisier produit par l’élevage intensif de leurs cousins domestiques. Un comble ! À la cupidité s’ajoute l’absurdité.



L’être humain est devenu fou. Il tue non seulement ses semblables mais tout ce qui vit autour de lui. Il rêve même d’aller sur Mars ou ailleurs vérifier si la vie existe et, si c’est le cas, y semer la mort. Tout en donnant des leçons à l’univers entier et en paradant à la COP 21, 22, 23, 24.



Protéger la nature, défendre l’environnement, sauver la planète ? Certes. Mais pour quoi faire ? Pour sauver une humanité barbare et suicidaire, cruelle envers elle-même, ennemie de tous les êtres vivants ? Le mérite-t-elle vraiment ? Le souhaite-t-elle réellement ? Il est permis d’en douter."
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cuisineetlectures   04 janvier 2013
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Les couleurs ne sont pas anodines, bien au contraire. Elles véhiculent des codes, des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens variés qui influencent profondément notre environnement, notre langage, notre imaginaire.

Les couleurs ne sont pas immuables. Elles ont une histoire, mouvementée, qui remonte à la nuit des temps et qui a laissé des traces jusque dans notre vocabulaire : ce n’est pas par hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons blanc comme un linge, verts de peur ou bleus de colère….

[…]

On verra ici comment la religion les a mises sous sa domination, comme elle l’a fait d’ailleurs pour l’amour et la vie privée. Comment la science s’en est-elle mêlée, débordant sur la philosophie – onde ou particule ? Comment la politique, aussi, s’en est emparée – les rouges et les bleus n’ont pas toujours été ceux que l’on connait. Et comment, aujourd’hui, nous sommes toujours lestés par cet étrange héritage. L’art, la peinture, la décoration, l’architecture, la publicité bien sûr, mais aussi nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures…. Tout ceci est régi par un code non écrit dont les couleurs ont le secret.



Avant-propos de Dominique Simonnet

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gouelan   28 janvier 2015
Bleu : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
Enfin, et surtout, il faut rapprocher du bleu des romantiques allemands le "blues", forme musicale d'origine afro-américaine, probablement née dans les milieux populaires à l'horizon des années 1870 et caractérisée par un rythme lent à quatre temps, traduisant des états d'âme mélancoliques. Ce mot, anglo-américain, "blues", que de nombreuses langues ont adopté tel quel, provient de la contraction du syntagme "blues devils"; ce dernier désigne la mélancolie, la nostalgie , le cafard, tout ce que le français qualifie d'une autre couleur : "idées noires". Il fait écho à l'expression anglaise "to be blue" ou "in the blue", qui a pour équivalents allemand "alles swartz sehen", italien "vedere tutto nero", et français "broyer du noir".
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Jean-Daniel   28 février 2018
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Nos ancêtres avaient d'autres conceptions et d'autres visions de couleurs que les nôtres. Ce n'est pas notre appareil sensoriel qui a changé, mais notre perception de la réalité, qui met en jeu nos connaissances, notre vocabulaire, notre imagination, et même nos sentiments, toutes choses qui ont évolué au fil du temps.
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Aela   20 juillet 2012
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Vous rappeliez que pendant longtemps la mariée était en rouge

Oui ; car jadis chez les Romains par exemple, la virginité d’une femme n’avait pas l’importance qu’on lui a donnée ensuite.

Avec l’institution définitive du mariage chrétien, au XIII ème siècle, il est devenu essentiel.

A compter de la fin du XVIII ème siècle, alors que les valeurs bourgeoises prennent le pas sur les valeurs aristocratiques, on somme les jeunes femmes d’afficher leur virginité, probablement parce que celle-ci n’allait plus de soi.

Le code nous est resté.

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tamara29   04 juin 2017
Rouge : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
[Le petit chaperon rouge] : pourquoi rouge ? Chaque spécialité peut apporter sa réponse. Parce qu’on a eu longtemps l’habitude d’habiller les enfants de rouge (histoire). Parce que le récit se situe le jour de la pentecôte (Liturgie). Parce que la fillette est pubère et a très envie de se retrouver dans le lit avec le loup (psychanalyse). Parce qu’il s’agit d’une triade de couleurs et qu’au rouge du chaperon il faut associer le noir du loup et le blanc du petit pot de beurre (sémiologie).
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Erik35   23 janvier 2019
Le loup : Une histoire culturelle de Michel Pastoureau
Contrairement à une idée reçue, en effet, les affaires de sorcellerie ne concernent pas tant le Moyen-Âge que l'époque moderne [NB : l'ancien Régime] : la grande chasse aux sorcières commence à l'horizon des années 1430 et va occuper l'Europe pendant trois siècles. Une surenchère à l'orthodoxie pousse désormais l'Église à voir partout des hérétiques, des adorateurs du Diable, des déviants de toutes espèces parmi lesquels de nombreux loups-garous.
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Mimimelie   14 septembre 2014
Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau
Regardez les vêtements des enfants à la sortie d'une école primaire : dans un quartier plutôt défavorisé, vous verrez beaucoup de couleurs. Dans un quartier chic, la palette sera moins bariolée. La richesse et le luxe s'incarnent dans la retenue.
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gouelan   27 janvier 2015
Bleu : Histoire d'une couleur de Michel Pastoureau
Pour les Égyptiens comme pour d'autres peuples du Proche et du Moyen- Orient, le bleu est une couleur bénéfique qui éloigne les forces du mal. il est associé aux rituels funéraires et à la mort pour protéger le défunt dans l'au-delà. Souvent le vert jour un rôle voisin et les deux couleurs sont associées.[...]



Plus encore que les Grecs, les Romains voient dans le bleu une couleur sombre, orientale et barbare; ils l'utilisent avec parcimonie.

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Erik35   21 janvier 2019
Le loup : Une histoire culturelle de Michel Pastoureau
Cette mise en scène d'un loup [NB : Ysengrin] qui fait rire au lieu de faire peur ne constitue peut-être pas tant un exutoire, comme on pourrait le croire au premier abord, que le reflet d'une certaine réalité. Il semble bien que l'on ait moins peur du loup dans les campagnes des XIIè et XiIIè siècles qu'avant l'an mille, du moins en Europe occidentale. La peur du loup ne sera de retour qu'à la fin du Moyen Âge et, surtout, à l'époque moderne, où elle deviendra une angoisse permanente dans la vie des campagnes. Cette peur est en effet liée au périodes de crises (climatiques, agricoles, sociales), pas aux moments de prospérité économique ni d'essor démographique. Ce n'est pas un hasard si l'histoire de la Bête du Gévaudan trouve sa place dans la France du XVIIIè siècle et non au cœur du Moyen-Âge. À l'époque féodale, dans les campagnes françaises, on a surtout peur du Diable, du dragon, de la mesnie Hellequin ou des revenants, mais on n'a plus guère peur du loup. Cette accalmie, hélas ! ne durera pas ; cette peur reviendra avec force moins de deux siècles plus tard.
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