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Critique de 5Arabella


Dernière oeuvre due à la collaboration de Quinault et Lully, la pièce est créée en 1686 à l'Académie royale de musique, au Palais Royal. Commandée par le roi, elle ne sera pourtant pas donnée à la cour, d'abord en raison d'une maladie du souverain, et après les raisons ne sont pas connues avec certitude : disgrâce de Lully, dévotion de plus en plus marquée d'un Louis XIV vieillissant qui s'accorde difficilement avec l'opéra, les caractéristiques de l'oeuvre elle-même… L'Armide sera un grand succès à la ville, mais la cour ne la verra pas, sauf en version de concert donnée pour la Dauphine, ce qui n'empêchera pas le Dauphin d'aller la voir plusieurs fois au Palais Royal. Lully meurt en 1687, il est donc difficile de savoir comment la faveur royal et la carrière du compositeur auraient évoluées. le texte de Quinault en tous les cas, a survécu à la faveur et au succès de Lully. Alors que Lully n'était plus guère joué, en 1777, Gluck l'a repris in extenso pour une nouvelle Armide.

Le texte écrit pas Quinault est inspiré par La Jérusalem délivrée du Tasse. Ce livre, ainsi que le Roland furieux de l'Arioste sont des livres incontournables, de grands réservoirs d'histoires, qui ont été reprises à maintes fois, en littérature, en peinture, puis dans l'opéra. le poème du Tasse racontait la première croisade sous le commandement de Godefroy de Bouillon, de façon très libre (c'est le moins que l'on puisse dire), en intégrant au récit des éléments venus des romans de chevalerie, de poèmes épiques, de l'Iliade, de l'Enéide… le Roland furieux en tout premier lieu, dont certains personnages sont repris par Le Tasse. Malgré ces influences profanes, un sujet inspiré par La Jérusalem délivrée, racontant la prise de Jérusalem par les croisées, semble à priori plus « respectable » qu'une intrigue tirée de la mythologie païenne pour un souverain de plus en plus tourné vers la religion.

Le personnage titre de l'oeuvre, Armide, est une puissante magicienne. Dans le poème du Tasse elle est utilisée par son oncle pour détruire le camp chrétien. Elle provoque en effet chez les chevaliers, un amour irrésistible, qui les fait se combattre entre eux et suivre l'enchanteresse. le seul qui résiste est Renaud. Mais insulté par un chevalier séduit par Armide, il le tue, et doit fuir la colère de Godefroy de Bouillon, ce qui prive le camps chrétien de son meilleur élément.

La pièce de Quinault commence à ce moment. La plus grande partie des chevaliers chrétiens est prisonnière d'Armide, qui refuse de se plier à l'amour et de se choisir un époux. Mais Aronte vient d'annoncer à Armide que Renaud vient de délivrer les chevaliers. Armide est bien décidée à se venger de lui à n'importe quel prix. Au deuxième acte, Renaud est endormi par des sortilège, et Armide prête à l'occire. Mais elle succombe à son tour, et ne peut le faire mourir. Elle utilise ses charmes pour le rendre amoureux. Au troisième acte, Armide lutte en vain contre son amour. Au quatrième, deux chevaliers, Ubalde et le chevalier danois, équipés d'objets magiques qui dissipent les sortilèges, viennent délivrer Renaud. Ils combattent quelques sortilèges, et sortent vainqueurs des épreuves. Au cinquième acte, ils libèrent Renaud des enchantements d'Armide. Renaud annonce à Armide son départ. Désespérée, elle jure de se venger, et détruit son château plein de sortilèges.

Une intrigue, très simple, sobre et efficace, écrite de façon très poétique et imagée. de la belle ouvrage.
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