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Critique de April-the-seven


Je remercie infiniment les éditions Lumen pour leur confiance. le premier tome de Scott Sigler m'avait fait forte impression. le mystère collait à la peau et on oscillait entre malaise et curiosité. Après les explications finales, j'étais curieuse de savoir ce que l'auteur nous réservait par la suite. J'avais le sentiment qu'il gardait encore de nombreuses cartes dans sa manche. de fait, j'attendais quelque chose d'assez sensationnel, riche en tension et en émotion. Je ne me suis pas trompée. J'y ai même trouvé plus – beaucoup plus ! – que prévu…

À partir d'ici, la chronique comportera des spoilers très importants. Si vous n'avez pas lu Alive, je vous déconseille fortement de poursuivre.

Em et ses compagnons ont finalement réussi à rejoindre Omeyocan, laissant les Adultes en orbite. Ils sont décidés à se construire une vie bien méritée sur cette nouvelle planète qui ne semble attendre qu'eux. Seulement les choses se gâtent très rapidement. Les réserves s'épuisent, les conflits internes se révèlent au grand jour et des dangers règnent en maître sur la planète. le compte à rebours a commencé. S'ils veulent survivre, ils vont devoir s'organiser, coopérer et livrer une lutte acharnée. La pauvre Em est de plus en plus sous pression et sa position de chef va la propulser en premier plan dans cette aventure uniquement guidée par l'instinct de survie.

Commençons déjà par ce qui fâche : les mauvais points. Pour être honnête il n'y en a qu'un seul, très vite occulté par toutes les qualités que nous offre cette aventure ahurissante. J'ai malheureusement trouvé que l'histoire commençait trop lentement. Il m'a été difficile de m'immerger au début, et comme Em et les autres, j'ai dû patienter un petit moment avant de m'habituer aux lieux, à l'atmosphère – bien différente du terrifiant huis clos de Alive – et aux nouveaux enjeux. Après une petite centaine de pages, la magie a commencé à opérer et j'ai vraiment pu me régaler.

Car c'est le premier mot qui me vient en tête, Alight est un régal. Scott Sigler tape haut et fort, il nous prouve de bout en bout qu'il a pensé à tout, que rien n'est acquis et que tout peut encore basculer. Il serait vain de vous décrire l'étendue de tout ce que le roman m'a évoqué, mais je suis passée par un caléidoscope d'émotions à l'état brut. Je me suis surprise à haïr certains personnages, à en aimer d'autres, certaines scènes étaient un supplice, ni plus ni moins, et d'autres me filaient la chair de poule.

Loin des clichés de Young-Adult, Scott Sigler brime ses personnages, il les met face à leurs doutes, leurs hésitations et leurs pires cauchemars. Combien de fois ai-je été contrainte de refermer le livre, simplement pour respirer quelques minutes et échapper à toute la pression générée par cette histoire ? Ce n'est pas très compliqué : Alight, c'est 568 pages sur la corde raide.

Parlons personnages, maintenant. Dans Alive, j'avais eu un mal fou à cerner Em. Elle-même se connaissait peu, et certaines de ses propres réactions la choquaient. Difficile de comprendre un personnage qui ne se comprend pas… Dans Alight, les choses ont sensiblement évolué. La vérité, c'est qu'Em n'est pas là pour qu'on l'aime ou qu'on la déteste. Elle est là, c'est tout. Efficace et parfois dure, même envers ses plus proches amis, elle tente de rester digne et de ne pas se laisser submerger par la situation de plus en plus critique. Scott Sigler n'essaie pas de nous la rendre sympathique, car Em n'est pas une personne constante. Elle est complexe et peut paraître désagréable et imbue d'elle-même. le plus étrange, c'est que je me suis beaucoup attachée à elle dans cet opus, et ses élans, qui auparavant ne m'inspiraient pas confiance, prennent peu à peu tout leur sens. Em est une héroïne comme on n'en fait plus, tout simplement. Elle a un grand coeur, même si elle peine à l'exprimer, et elle est indécise et pas infaillible. Contrairement au premier tome, elle se remet régulièrement en question, commence à douter d'elle, de ses capacités et de sa place de leader.

Sa position est plus instable qu'on ne le croit dans Alight. On est aux premières loges pour découvrir la dynamique de groupe. Pour Em qui est aux commandes de tout ce petit monde, les choses se compliquent. Entre les mutineries, le danger du dehors, la menace invisible des Adultes et la survie pure et dure… Rien n'est rose sur Omeyocan et l'équilibre du groupe est sans cesse en péril. Comment garder en vie trois cents enfants et adolescents ? Em n'a pas terminé de cogiter à ce sujet…

Concernant les autres personnages, j'ai beaucoup aimé Bishop (ses airs de grand colosse timide sont parfaitement attendrissants) ainsi que Spingate. Par contre, j'ai eu un énorme problème avec Aramowski.

Aramowski... le simple fait qu'il soit là et qu'il ouvre la bouche me donnait envie de lui arracher la langue. Ce personnage est tout bonnement insupportable ! À chaque fois qu'il intervenait dans l'histoire, je mettais au point tous les sévices qu'il serait bon de lui faire subir. Au lieu de contribuer à la survie du groupe, il engendre de nouveaux problèmes et rend la situation plus corsée de jour en jour. le pire, c'est qu'il s'en gargarise et invoque sa religion, toujours sa religion.

La palette de personnalités n'est pas là par hasard. Chaque personnage représente un mode de pensée, un rouage de notre communauté. le groupe mené par Em est une microsociété qui cherche à se construire, à s'établir et à se défendre. On y trouve des frictions, des insurrections et des idées qui divergent les unes des autres. le travail de Scott Sigler est impressionnant, sur ce coup-là.

En résumé, Alight est une suite bluffante qui a frôlé le coup de coeur de très près. Malgré un début un peu trop lent à mon goût, ce roman présente des qualités très appréciables. Les amitiés se nouent et se dénouent, les interrogations se pressent sur nos lèvres, et Scott Sigler ne laisse absolument rien filtrer, pour notre plus grande frustration. Au niveau de l'intrigue, on a affaire à un véritable page-turner, et le côté humain n'est pas en reste non plus. Vous aurez sans doute envie de pleurer, d'assassiner et torturer quelques personnages au passage… mais vous aurez surtout une envie folle de découvrir le troisième et dernier opus de The Generations.

Lien : http://april-the-seven.weebl..
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