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Critique de VibrationLitteraire


Un roman poignant et profond…

Dans ce récit, nous suivons Starr, une jeune fille scindée en deux entre sa vie dans le ghetto et sa scolarité dans une école réputée, en dehors de son quartier. Sa vie bascule lorsque son meilleur ami, Khalil, se fait froidement assassiner par un policier lors d'un simple contrôle de papiers…

Angie Thomas expose ici habilement toute la situation malheureusement encore d'actualité aux USA.
On découvre avec horreur la situation toujours si précaire d'une partie de la population noire de ce pays.

Au niveau des personnages, ils sont vraiment très réfléchis et travaillés. Starr est une jeune fille intelligente, déjà tiraillée entre deux mondes et ayant déjà perdu l'une de ses amies, tuée d'une balle perdue. On découvre les gangs avec elle, mais aussi une notion de famille importante. J'ai adoré découvrir son quartier où tout le monde s'entraide et se respecte en dehors des histoires de gangs. Ça donnait vraiment envie de faire partie de cette belle famille unie dans l'adversité.

Angie Thomas nous démontre via ce récit que, malgré toutes les avancées après Martin Luther King, Malcolm X et j'en passe, le combat pour l'égalité est loin d'être terminé.

Ce roman est vraiment fin et surprenant. J'ai eu l'impression au départ qu'il était très tranché, très positionné dans un combat noir contre blanc, ce que je trouvais ridicule dans un roman dénonçant un crime racial. Et finalement, ce livre m'a vraiment beaucoup fait réfléchir et j'ai trouvé que l'auteure avait décidément beaucoup travaillé son roman et qu'il est porteur de beaucoup de beaux messages de tolérance, de respect et d'amour. On explore le racisme dans toutes les sphères de la vie, que cela soit au niveau amical, familial, scolaire, etc !

Elle nous montre par petites touches toutes les conséquences découlant d'années, de centaines d'années de souffrance. Ce roman va bien plus loin qu'un meurtre racial atrocement injuste. L'auteure nous propose un récit dans lequel le racisme n'a pas de couleur et nous démontre que « la haine qu'on donne » ne fait qu'apporter la haine en retour et fout tout le monde en l'air. « THUG LIFE » = « The Hate U Give Little Infants F***s Everybody » : ce roman, c'est exactement ça qu'il met en avant. le fait que la haine, peu importe qui la donne, ne fait que tout foutre en l'air. Et c'était fin, c'était beau, il fallait y arriver sans trop de polémique ! Car en effet, ce roman met aussi en avant une certaine forme de « reverse racism » qui est la conséquence naturellement observée. le racisme découle d'une méfiance et d'un rejet, le racisme provoque cette même méfiance et ce même rejet chez celui qui en est victime. Et c'est habilement montré ! J'avoue avoir été un peu agacée à quelques passages du roman un peu trop « black power » au détriment d'un « reverse racism » très présent. Cependant, je pense que ces passages sont véridiques et nécessaires à la mise en nuance de la fin. Et oui, j'ose le dire ! le racisme n'a pas de couleur !

Je me suis retrouvée devant un texte qui m'a fait beaucoup réfléchir. D'apparence très tranché et manquant d'un peu de nuances. Cependant, la fin nous remet tout en perspective grâce à une réflexion très intéressante chez Starr et son entourage.

Au fond, je dirai simplement que ce roman reflète bien la société américaine et appelle au changement des moeurs de ce pays toujours bien trop ancrées.

Un roman fort et percutant qui va bien plus loin que ce que l'on imagine au premier abord. Un récit qui fait grandement réfléchir sur la condition humaine actuelle aux USA. Des personnages attachants et une fin toute en nuance qui appelle au respect et à la tolérance de chacun.

Lien : http://vibrationlitteraire.c..
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