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Par petitefa, le 29/06/2011
Le Jardin du lettré de
Antoine Marcel
La sérénité de celui qui a vieilli, qui a su prendre une certaine distance par rapport à ses propres ambitions, lui permet de renouer avec l'innocence de l'enfance, d'ouvrir des yeux émerveillés sur le monde proche des végétaux et des insectes, des pierres, des oiseaux, de toutes les menues choses qui se présentent dans une vie vécue au jour le jour dans la campagne.
Se libérant de la gangue du rôle social, se décrispant, brisant les limites de la pensée conventionnelle, il s'ouvre au riche contenu du quotidien, et u prend plaisir. De ses observations il tire quelque sujet de poème, quelque esquisse.
Dans sa retraite, le lettré ne cultive ni ascétisme, ni hédonisme. Il jouit de l'idéal d'une vie simple et authentique, celle de l'homme authentique selon le naturel, zhen ren ziran.
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Par petitefa, le 29/06/2011
Le Jardin du lettré de
Antoine Marcel
La montagne est le corps de la terre. Ravinée, elle est la manifestation des eaux auxquelles elle fait retour. Multiple par ses formes, elle est l'expression de l'Un, du principe unique, c'est-à-dire le tao, invisible mais efficient, source immobile des énergies, vide médian.
C'est par l'art de cacher et de délivrer, de montrer et de rompre, d'ouvrir puis de fermer, que le jardinier pourra manifester les pulsations de l'invisible. Devant cette expression de la dynamique secrète de son corps et de son esprit, l'homme reconnaît le reflet de son propre visage. Un avec montagne et eaux, il se délivre de lui même et réalise l'immortalité de ce qui dans les formes changeantes est depuis toujours immobile : le vide.
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Par petitefa, le 28/06/2011
L'Esprit du bonsaï de
Antoine Marcel
FIGURER - Un paysage miniature est un mode de figuration du réel, partant, il est un langage. Un langage où la roche est le signe de la montagne tout en étant la montagne elle-même (la partie vaut le tout), le plateau figurant la terre, et l'arbre miniature, en général, un arbre antique.
Un monde figuré en miniature , étant une représentation, est une œuvre de l'esprit. Plus intelligible que le monde dont il est l'image simplifiée, ce monde fait figure de modèle. Modèle réduit, ce monde est plus vrai que nature. Prenant un caractère d'emblème sacré, d'archétype, il devient l'image mythique des origines, en quelque sorte le garant de l'authenticité du monde réel.
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Par petitefa, le 05/07/2011
Le Jardin du lettré de
Antoine Marcel
La vraie force est sise au fond d'une assurance tranquille. Pour vaincre elle n'a plus besoin de combattre car elle soumet sans avoir besoin d'agir. Cet idéal de maîtrise et de force intérieure est partagé par les trois écoles, confucianisme, taoïsme et bouddhisme. L'homme fort fait fi du pouvoir, il se retire dans les montagnes et cultive son jardin.
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Par petitefa, le 28/06/2011
L'Esprit du bonsaï de
Antoine Marcel
STYLES COMPLEMENTAIRES
Néagari (Racines exposées)
Le jeu des racines est légèrement apparent, donnant une impression d'assise inébranlable, de force (fig. 35). Le terme nébari, lui, signifie "jeu des racines".
Sharimiki (Tronc écorcé)
Le tronc en partie écorcé donne une impression de vieillesse, de patine du temps, et d'un arbre ayant survécu aux adversités naturelles.
Le style Sharimiki est souvent employé sur des arbres qui n'ont par ailleurs qu'une forme imparfaite. Il permet de transformer l'arbre en une sculpture naturelle, qui s'apparente à l'usage que font certains sculpteurs de souches ou de bois flottés. Il est préférable d'utiliser la technique du shari sur des espèces dont le bois est peu putrescible : if, genévrier, cèdre. Ce style est celui des milieux naturels hostiles, on l'applique presque exclusivement aux conifères.
Le terme shari provient du sanscrit sharira, qui signifie relique.
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Par petitefa, le 28/06/2011
L'Esprit du bonsaï de
Antoine Marcel
Ainsi l'action qui semble un mal à l'Occidental (non arboriculteur), telle la coupe d'une branche, qui pourrait être interprétée comme une mutilation, se tranforme en bien, c'est-à-dire en épanouissement supérieur de l'individu.
Un beau bonsaï, même extrêmement vieux, jouit d'une santé florissante.
(...) C'est dans le contexte d'une culture chinoise tournée vers la nature et y prenant ses modèles que s'élabore un art du bonsaï tout d'abord empreint de magie, puis d'une philosophie naturaliste. Au-delà des Himalayas, la sagesse se trouve au contact des montagnes, des cascades et des torrents, dans une compréhension intime de l'immanence du Tao. C'est ce qu'on nomme dans le zen "l'éveil à sa propre nature", c'est-à-dire la bouddhéité.
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Par petitefa, le 28/06/2011
L'Esprit du bonsaï de
Antoine Marcel
Le bonsaï suit la voie négative : moins de branches, moins de racines, moins de dimension, pour une plus grande perfection, pour faire aller l'arbre vers son essentiel, pour concentrer l'expression de sa manifestation d'être au monde, rendre particulièrement manifeste son être au monde spécifique par un style épuré. L'action de l'homme développe les qualités latentes de l'arbre, en enlevant et non en ajoutant (...).
L'arbre étant ainsi recréé dans ses lignes de forces manifeste par une esthétique du vide la vacuité dont il est l'émergence mystérieuse. il fait "retour à sa racine", disent les taoïstes : il exprime en son microcosme les principes suprêmes enfin retrouvés.
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Par petitefa, le 28/06/2011
L'Esprit du bonsaï de
Antoine Marcel
Bunjingi (style dit "du Lettré", wenren en chinois)
Tronc oblique, houppier réduit porté en dehors du pot, élégance. Ce style est fortement inspiré de la calligraphie et de la peinture de bambous de style sumi-e. Ce style peut être particulièrement imprégné de zen (fig. 30).
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Par petitefa, le 29/06/2011
Le Jardin du lettré de
Antoine Marcel
Dans l'art du jardin, le séparer et le relier, le montrer et le cacher s'articulent rigoureusement comme les rimes et les rythmes d'un poème. Sans règles, le poème est un chaos, sans inspiration il reste formel et sans objet. L'art du créateur de jardin sera de savoir établir une certaine progressivité dans la visite tout en ménageant des contrastes. On ouvre, mais on ferme d'abord. On montre, mais en cachant. Le grand, on le montre par le petit. Le petit, on le dévoile par le grand.