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Par zabeth55, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
Quand on se méfie de la pauvreté de sa vie intérieure, il faut emporter de bons livres : on pourra toujours remplir son propre vide. L'erreur serait de choisir exclusivement de la littérature difficile en imaginant que la vie dans les bois vous maintient à un très haut degré de température spirituelle. Le temps est long quand on n'a que Hegel pour les après-midis de neige.
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Par zabeth55, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
Il trônait chez moi à Paris sans que j’ose l’ouvrir. Il y a des livres autour desquels on rôde.
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Par zabeth55, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
Au réveil, mes journées se dressent, vierges, désireuses, offertes en pages blanches.....Chaque seconde d'entre elles m'appartient. Je suis libre d'en disposer comme je l'entends, d'en faire des chapitres de lumière, de sommeil ou de mélancolie.....Ces jours sont des êtres d'argile à modeler.Je suis le maître d'une ménagerie abstraite.
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Par zabeth55, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on ne sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont
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Par zabeth55, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
« Je t’aime bouteille, je t’aime, petit canif, et toi crayon de bois, et toi, ma tasse, et toi théière qui fume comme un bateau blessé. Dehors, c’est une telle furie de vent et de froid que si je n’emplis pas d’amour cette cabane elle risque de se disloquer. »
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Par Madimado, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
Un bois n’a jamais refusé l’asile. Les princes, eux, envoyaient leurs bûcherons pour abattre les bois. Pour administrer un pays, la règle est de le défricher. Dans un royaume en ordre, la forêt est le dernier bastion de liberté à tomber.
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Par Madimado, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
Entre l’envie et le regret, il y a un point qui s’appelle le présent. Il faudrait s’entraîner à y tenir en équilibre comme ces jongleurs qui font tourner leurs balles, debout sur le goulot d’une bouteille.
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Par Madimado, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
La contemplation, c’est le mot que les gens malins donnent à la paresse pour la justifier aux yeux des sourcilleux qui veillent à ce que “chacun trouve sa place dans la vie active”.
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Par Madimado, le 09/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
J’y ai emporté des livres, des cigares et de la vodka. Le reste – l’espace, le silence et la solitude – était déjà là.
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Par twinkle1, le 04/02/2012
Dans les forêts de Sibérie de
Sylvain Tesson
Moscou vend sa taïga aux Chinois. Les tronçonneuses lacèrent le silence des confins : on dépèce la forêt par arpents. Les hommes jaunes débitent les troncs avec la minutie des xylophages. Certains de ces arbres connaîtront un destin étrange. Poussés sur la ligne de crêtes d'une vallée sauvage, ayant survécu à cent ou cent cinquante hivers sibériens, ces cèdres se retrouveront débités en baguettes destinés à fourrer les nouilles d'une soupe au fond du gosier d'un ouvrier de Shanghaï employé à la construction d'un centre commercial pour expatriés. Les temps sont durs pour les sapins.
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