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Par Outis, le 30/09/2007
Diane ou la chasseresse solitaire de
Carlos Fuentes
Dans aucun pays on n’accorde autant d’importance à la célébrité qu’aux États-Unis. C’est l’apogée du grand tapage moderne, cette salve de trompettes qui depuis un demi-millénaire proclame que le nous ne suffit plus, pas même le moi, qu’en plus du nom, c’est le re-nom qu’il faut, la Renommée. Andy Warhol l’avait fort bien énoncé « Nous serons tous célèbres pendant un quart d’heure ».
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Par Nanne, le 04/05/2009
L'Instinct d'Inez de
Carlos Fuentes
Inés. Il répéta le nom féminin. Inés. Il rimait avec vieillesse, et le maestro aurait voulu rencontrer, dans le sceau de cristal, le reflet impossible des deux, l'amour interdit par le passage des ans : Inés, vieillesse. C'était un sceau de cristal. Opaque, mais lumineux. C'est surtout cela qui en faisait une merveille. Placé sur son trépied devant la fenêtre, il était traversé par la lumière et le cristal rayonnait. Il était parcouru de fulgurances qui faisaient apparaître, révélées par la lumière, des lettres illisibles, les lettres d'une langue inconnue du vieux chef d'orchestre ; une partition dans un alphabet mystérieux, peut-être la langue d'un peuple disparu, peut-être le cri sans voix venu de très loin dans le temps et qui, d'une certaine façon, se moquait de l'artiste, si attaché à la partition que, bien que la connaissant par cœur, il avait toujours besoin de l'avoir sous les yeux à l'heure de l'exécution ... Lumière dans le silence. Lettre sans voix.
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Par Nanne, le 04/05/2009
L'Instinct d'Inez de
Carlos Fuentes
Ce fut le silence troué par la pluie de bombes qui fit exploser Atlan-Ferrara, lequel se déchaîna sans y penser à deux fois, sans attribuer sa colère à ce qui se passait dehors ni à son rapport avec ce qui se passait dedans, mais à la rupture du subtil équilibre musical qu'il voulait imposer - harmoniser le chaos -, par cette voix aérienne et profonde, isolée et souveraine, "noir" velours et "rouge" feu, détachée du chœur des femmes pour s'affirmer, solitaire comme le personnage d'une œuvre qui ne lui appartenait pas en propre, non parce que celle-ci appartenait à Berlioz, ou au chef, ou à l'orchestre, aux solistes ou au chœur, mais parce qu'elle était celle de tous, alors que la voix de la femme, doucement contrariée, proclamait : - La musique est à moi.
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Par Outis, le 29/10/2007
Les Années avec Laura Díaz de
Carlos Fuentes
Je suis à la foi habité par une foi immense et un doute immense. Je crois que la certitude, c’est la fin de la pensée. Et je crains toujours qu’un système que nous contribuons à bâtir finisse par nous détruire.
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Par Stemilou, le 07/05/2011
La frontière de verre de
Carlos Fuentes
La Lincoln, au capot relevé cette fois, traversa rapidement le désert crépusculaire, froid et silencieux, qu’il emplit de bruit de moteur et de mécanique, faisant fuir les lièvres qu’on voyait bondir hors de la route droite, cette ligne ininterrompue jusqu’à la frontière où elle brisait le verre illusoire de la séparation, la membrane invisible entre le Mexique et les Etats-Unis, pour poursuivre son chemin sur les autoroutes du Nord jusqu’à la cité enchantée, la tentation du désert, illuminée, scintillante (…).
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Par Aela, le 23/01/2011
Le bonheur des familles de
Carlos Fuentes
La mère. Elvira Morales était chanteuse de boléros. Pastor Pagán l'avait connue dans un cabaret de deuxième zone de l'avenue Villalongín, près du Monument à la Mère. Toute jeune déjà, Elvira chantait des boléros chez elle, quand elle faisait sa toilette, quand elle aidait au ménage, et avant de s''endormir. Les chansons étaient ses prières. Elles l'aidaient à supporter la triste vie d'une fille sans père, et d'une mère désemparée. Personne ne l'avair soutenue.
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Par annie, le 14/04/2009
Terra nostra de
Carlos Fuentes
tu contemples un abîme et tu me donnes le vertige.
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Par Outis, le 30/09/2007
Diane ou la chasseresse solitaire de
Carlos Fuentes
Ce qui peut perdurer, c’est la volonté de passion… Pour l’un comme pour l’autre, l’amour était l’occasion de tout recommencer, même si pour elle vivre c’était vivre ce qui n’a pas encore été vécu, alors que pour moi, c’était savoir revivre ce qui a déjà été vécu. Pour le meilleur ou pour le pire, je ne veux pas faire de mon passé un orphelin errant.
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Par Aela, le 06/04/2011
L'Instinct d'Inez de
Carlos Fuentes
Il se dirigea vers le choeur avec l'énergique assurance qui, à l'âge de quarante-deux ans, lui valait d'être l'un des chefs d'orchestre les plus sollicités de la nouvelle planète musicale, sortie de la plus atroce des guerres, le conflit qui avait fait le plus de morts de toute l'histoire humaine. C'est pourquoi il exigeait de ce choeur mexicain, qui avait en lui la mémoire de la guerre civile, et de la mort dans la vie quotidienne, de chanter le Faust comme s'il était porteur de la chaîne sans fin de l'extermination, de la torture, de la souffrance et de la détresse contenues dans les noms qui étaient comme la signature du monde en ce demi-siècle: ils devaient voir un bébé nu hurlant au milieu des ruines de la gare de Chongjin bombardée; entendre le cri muet de Guernica tel que l'a peint Picasso, non pas comme un cri de douleur, mais un appel au secours, auquel ne répond que le hennissement d'un cheval mort.
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Par Outis, le 29/10/2007
Les Années avec Laura Díaz de
Carlos Fuentes
Un jour le contact de ses pieds fit que Laura retira involontairement les siens, que les coudes de son mari commencèrent à lui provoquer de la répulsion, elle regardait cette articulation à la peau plissée entre le bras et l’avant-bras et elle voyait tout le corps de son mari comme un énorme coude, une peau relâchée des pieds à la tête.