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Par andman, le 19/05/2013
Dona Flor et ses deux maris de
Jorge Amado
Tombée sur le lit de fer, dona Flor frémissait. Cette nuit-là le fiel se transforma en miel, de nouveau la douleur naissait dans le suprême plaisir ; jamais elle n'avait été si violente cavale montée par son fougueux étalon, si licencieuse chienne en chaleur et possédée, esclave soumise à la débauche, femelle parcourant tous les chemins du désir, plaines de fleurs et de douceurs, forêts aux ombres humides et aux sentiers défendus, jusqu'au réduit final. Nuit où l'on pénétrait par les portes les plus étroites et les plus fermées, nuit de la reddition du dernier bastion de sa pudeur, oh ! Deo gratias, alléluia ! Quand le fiel se transforme en miel et que la douleur devient le rare, l’étrange, le divin plaisir, nuit faite pour se donner et recevoir.
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Par andman, le 14/05/2013
Dona Flor et ses deux maris de
Jorge Amado
Jamais une amourette ne l'empêcha de savourer la vie pleine et lumineuse, jamais une absence féminine, une dispute, la fin d'une liaison, ne le rendit morose, avec l'âme creuse et des idées de suicides. Il allait vers un autre corps de femme comme il changeait de table de jeu lorsque le 17, son numéro favori, ne sortait pas.
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Par nadejda, le 30/04/2012
Navigation de cabotage de
Jorge Amado
Je ne suis pas né pour être célèbre ni illustre, je ne me mesure pas à cette aune, je ne me suis jamais senti un écrivain important, un grand homme : juste un écrivain et un homme. Enfant grapunia -- des terres du cacao --, citoyen de la ville pauvre de Bahia, où que je me trouve je ne suis qu'un simple Brésilien marchant dans la rue, vivant. Je suis né coiffé, la vie a été prodigue avec moi, elle m'a donné plus que je n'ai demandé et mérité. Je ne veux pas dresser un monument ni poser pour l'Histoire en chevauchant la gloire. Quelle gloire ? Pff ! Je veux seulement conter quelques histoires, certaines drôles, d'autres mélancoliques, comme la vie. La vie, ah ! cette brève navigation de cabotage !
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Par andman, le 28/04/2013
La bataille du Petit Trianon : fable pour éveiller une espérance de
Jorge Amado
« Chant d’amour pour une ville occupée, poème d’Antônio Bruno, écrit après la chute de Paris, peu avant la mort du poète. »
Impossible de décrire l’émotion du public, personne n’espérait entendre, déclamé sur la scène du théâtre Fénix, le poème maudit. Ce fût comme une décharge électrique, quelqu’un se mit debout, d’autres suivirent, bientôt tout le parterre se leva, applaudissant, et debout resta. Le silence se fit enfin, un silence si total que les mots de sang et de feu, les strophes mouillées de larmes et secouées par la colère, l’humiliation et la révolte, la haine et l’amour, semblaient venir du fond des temps, des quatre coins du monde, ébranlant les murs du théâtre.
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La Terre aux fruits d'or de
Jorge Amado
- Si tu veux, tu peux partir. Moi, je reste ici... Je reste ici et je ne donne pas ma terre ! Non, je ne la donnerai pas !
Il sourit et dit :
- Alors, nous allons rester...
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Par andman, le 24/04/2013
La bataille du Petit Trianon : fable pour éveiller une espérance de
Jorge Amado
Cette farce avait été prévue et suggérée par le poète lui-même, comme on peut le vérifier dans son « Testament et Veillée funèbre d’un certain Antônio Bruno, troubadour et bohème trois fois mort par excès d’amour ».
Ainsi fut-il. Larmes et rires, plus de rires que de larmes, avait-il demandé dans le poème. Femmes belles et folles, « je veux entendre le cristal de vos rires ». Vêtements de fête, « je veux deviner la douceur du sein dans le décolleté ». Celles qui étaient là connaissaient le poème, strophe par strophe, quelques-unes le savaient par cœur. « Venez toutes, celle qui m’a fait souffrir et celle qui seulement m’a souri dans la rue… » Elles étaient toutes venues et dans les soupirs il y avait, comme il l’avait demandé, le libertin, « le roucoulement des soupirs d’amour dans les aubes en fête ».
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Par andman, le 06/05/2013
Dona Flor et ses deux maris de
Jorge Amado
Si beau et si mâle, si expert dans le plaisir ! Une fois de plus les larmes envahirent les yeux de la jeune veuve. Elle essaya de ne pas penser à ce qu'elle se remémorait malgré elle et qui n'était pas convenable pour un jour de veillée funèbre.
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La Terre aux fruits d'or de
Jorge Amado
Pour Ranulfo, travailleur perdu au fin fond des fazendas de cacao, rien de tout cela n'a d'importance, il ne connaît pas de code moral, il ne connaît d'autre loi que celle qui interdit de s'enfuir de la fazenda quand on doit de l'argent au magasin.
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La Terre aux fruits d'or de
Jorge Amado
Aucun des assistants ne connaissait Horacio aussi bien que lui qui avait été son associé lors des luttes de Sequeiro Grande ; ils s'étaient enrichis ensemble en brûlant la forêt, en plantant du cacao, en commettant des meurtres.
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La Terre aux fruits d'or de
Jorge Amado
Avec ses pieds énormes et noirs elle ressemblait plus à un arbre de cette terre, planté là avec ses racines profondes qu'à la jeune femme qu'elle avait été autre fois.