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Journal d'une sorcière de
Celia Rees
Le texte qui va suivre est tiré d'une remarquable collection de documents signés sous le nom de "Manuscrits de Mary". Trouvés à l'intérieur d'une couverture en patchwork de la période coloniale, ces documents constituent une sorte de journal intime, tenu sans régularité. Toutes les dates sont le fruit de déductions établies à partir des événements rapportés. Les premiers documents ont été datés de mars 1659. L'original a été modifié aussi peu que possible, mais la ponctuation, le découpage en paragraphes et l'orthographe ont été modernisés pour le lecteur d'aujourd'hui.
Alison Ellman
Boston, Massachusetts
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Par murielan, le 25/01/2013
Journal d'une sorcière de
Celia Rees
Je suis Mary.
Je suis une sorcière. Ou du moins est-ce ainsi que certains m'appellent. "Progéniture du diable", "petite sorcière", siffle-t-on dans la rue, alors que je ne me connais ni père ni mère. Je ne connais que ma grand-mère, Eliza Nuttall ; mère Nuttall pour ses voisins. Elle m'a élevée depuis ma naissance. Même si elle a su qui étaient mes parents, elle ne me l'a jamais dit.
"Fille du roi des aulnes et de la reine des fées, voilà qui tu es."
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Par murielan, le 27/01/2013
Vies de sorcières de
Celia Rees
C'était un signe. Elle en savait assez pour le savoir. Comme la mèche de cheveux blancs, le don de sorcellerie se transmettait dans sa famille par les femmes. Sa tante, sa grand-mère et la grand-mère de cette dernière, toutes avaient suivi la voie de la sorcellerie.
" Si ça doit t'arriver, ça t'arrivera, lui avait dit sa tante. C'est aussi naturel que tes règles. Pas moyen d'y échapper."
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Vies de sorcières de
Celia Rees
Je suis toujours là. La neige n'a cessé de tomber, traversant l'air sans un bruit, effleurant mes joues comme des doigts d'anges, pesant sur mes paupières, se déposant sur moi, me recouvrant comme un édredon fourré du plus fin duvet.
Je ne sens pas le froid, mais je ne peux plus remuer. Mes membres sont devenus insensibles. J'ai beau savoir que le sommeil signifierait la mort, je ne parviens pas à rester éveillée. Parfois, j'en viens presque à espérer qu'ils vont revenir et me trouver, mais je rejette cette pensée dès qu'elle surgit. Je préférerais mourir plutôt que d'être capturée. Je préférerais geler sous cet arbre plutôt que d'être pendue.
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Par Now, le 17/07/2012
Tuer n'est pas jouer de
Celia Rees
La vérité serait-elle un jeu dangereux ?
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Journal d'une sorcière de
Celia Rees
Je n'avais jamais vu la mer, mais avant même que le charretier ne me secoue de son bras musclé, j'ai senti une différence dans l'air, l'humidité contre ma joue et l'odeur du sel et du poisson pourrissant. Puis j'ai entendu le cri des mouettes, comme un rire moqueur. Mes yeux se sont ouverts sur des bancs ondulant de brume blanche. Ils laissaient voir les mâts et les gréements de hauts bateaux. La charrette longeait le quai dans le fracas des roues ferrées, et, tout autour, on entendait le clapotis de l'eau, le craquement du bois, le grincement des navires l'un contre l'autre. Je me demandais lequel d'entre eux allait m'emmener en Amérique.
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Vies de sorcières de
Celia Rees
- Oh, et avant de venir me voir, n'oublie pas de mettre la boucle d'oreille.
La main d'Agnes s'éleva pour trouver la boucle d'oreille déjà en place. Elle avait dû la mettre ce matin sans même y penser. Elle savait ce que cela signifiait. Ces perles possédaient un pouvoir ; sa tante les avait ramenées du désert et avait confectionné la boucle d'oreille pour elle. La plume striée de brun appartenait à teiakoiatahkwas, le faucon, une plume-esprit protectrice. Mais pour la protéger de quoi ? Mary pouvait-elle lui vouloir du mal ?
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Mémoires d'une pirate de
Celia Rees
Ce que j’avais d’abord pris pour un objet inanimé, puis pour un animal blessé, était en réalité un être humain. Ce que je croyais être un écheveau de corde, un licou ou le collier d’un cheval, était un tas de haillons. La créature était une femme à l’allure squelettique. Sa peau était terne et grisâtre sous une fine couche de sable blanc.
[...]
- Elle est vieille. Elle va bientôt mourir, dit-il en haussant les épaules pour indiquer que tout ce que nous pourrions faire pour elle serait du gaspillage. Les esclaves abandonnés ne sont plus bons à rien.
De son fouet, il désigna d’autres formes dans le fossé, puis, au-delà d’une étroite bande d’herbe et de buissons, les bords du lagon. Ils étaient jonchés de formes sombres et immobiles semblables à des épaves rejetées par la mer. On aurait dit des bois flottant qui séchaient au soleil. Thomas haussa de nouveau les épaules et secoua la tête ; ses yeux sombres avaient une expression morne.
En effet, à quoi bon sauver l’une de ces épaves alors qu’il y en avait tant d’autres ?
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Mémoires d'une pirate de
Celia Rees
Juste avant notre premier abordage, je me tenais à côté de Minerva, mes pistolets chargés et passés à ma ceinture, mon sabre affûté comme un rasoir, ma hachette pendant à une boucle de ma ceinture. Je ne pouvais empêcher mes jambes de trembler et je serrais si fort le bastingage que les jointures de mes mains étaient blanches. En revanche, Minerva était d'un calme souverain.
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Par LaLo, le 04/04/2011
Malédiction du sang de
Celia Rees
Le titre JOURNAL INTIME était imprimé en lettres dorées sur la couverture et les pages étaient bordées de minces frises ondulées aux couleurs de l'arc-en-ciel. Ellen, qui n'avait jamais tenu de journal intime plus de quelques jours, sentit soudain l'attraction qu'exerçait ce livre sur elle, le désir de le posséder pour couvrir ses pages de mots n'appartenant qu'à elle-même.
Elle l'ouvrit avec précaution de crainte de l'abîmer, consciente de son ancienneté, de la fragilité de sa tranche qui craquait, et lut sur la page de garde :
Ce livre appartient à
Ellen Laidlaw
1878
Pour le protéger des regards trop curieux
Malheur à celui qui y jettera les yeux
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