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Par csapin, le 16/12/2011
L’aimer ou le fuir de
Delphine de Malherbe
J'ignore aussi s'il est vrai que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Ou si l'on encaisse le coup à terre telle une bête blessée, fragilisée, contrainte de se fuir plus froidement à chaque pas, d'éviter de s'émouvoir, d'aimer, tenue de prendre les armes et l'armure quoique les coques d'acier grincent, mais continuant vaille que vaille le chemin, parce qu'il faut bien y croire un peu, si peu, et mendier quelques miettes à la vie pour satisfaire son estomac. Je ne sais plus si l'on peut se réinventer. Autrefois j'y croyais. Pour plein de gens, c'est le challenge suprême de toute une existence de se réinventer. De s'imaginer s'être trouvé une identité débarrassée des déterminismes sociaux et familiaux qui nous ont mis au monde. De changer. Je ne cesse de répéter que toute ma vie je chercherai à éclore, éclore encore ou je mourrai. Mais à cette heure, je me demande si, de notre premier cri à notre dernier soupir, nous ne sommes pas toujours les mêmes, les mêmes personnes très exactement, mais beaucoup plus entièrement, précisément, profondément. On ajuste, on cisaille, on creuse. Oui, c'est cela. Je me demande si le destin humain n'est pas de changer mais d'affiner sa vraie nature et de l'imposer.
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Par csapin, le 16/12/2011
L’aimer ou le fuir de
Delphine de Malherbe
Alors, je suis devenue amie des maîtresses de Willy. Non, je ne suis ni malsaine, ni perverse, je souffrais, docteur, et votre émotion me touche, mais il y a des fois où, quitte à pardonner, il faut choisir à qui l'on pardonne. Des femmes peuvent être réunies par l'amour d'un même homme, on peut comprendre une femme qui a été séduite par les mêmes subterfuges et stratégèmes d'un homme redoutable, et la chérir. C'est l'homme qu'il faut juger. Je déteste les femmes qui préfèrent haïr leur rivale plutôt que de mépriser l'homme qui les trompe. On doit condamner l'homme qui se joue de l'alternance avec régularité, quels que soient son enfance, ses raisons, ses besoins, ses explications. On ne peut lui pardonner, si l'on se respecte soi-même un minimum, que beaucoup plus tard pour sa paix personnelle. C'est dans la difficulté de ce choix que réside la faculté d'être... une vraie femme.
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Par vero2875, le 14/02/2012
L’aimer ou le fuir de
Delphine de Malherbe
C était hier. Lui contre moi, comme du plancton vrillé à une algue, sur le rocher, derrière la dune.Son envie de planter ses doigts dans ma chair autour de mes hanches est apparue sans prévenir dans ses yeux noirs. Et avec son désir de tenir ma taille serrée entre ses mains, jusqu’à couper ma respiration et bloquer mon ventre contre le sien. Il voulait me sentir bouger dans les moindres détails: que la naissance de ma colonne vertébrale se désarticulé sous la pression de ses phalanges en haut de mes fesses. Bertrand de jouvenel trouvait normal, a dix sept ans de séduire la femme de son père.J ai 47 ans , j ai reculé de stupeur.
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Par csapin, le 16/12/2011
L’aimer ou le fuir de
Delphine de Malherbe
Bertrand la veut absolument. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour parvenir à ses fins au mépris de leur santé mentale ou même de leurs vies à tous deux. Bertrand est un killer vierge qui a trouvé sa première victime. Il l'ignore, mais Machiavel fait figure d'ange à côté de lui, car il sait. Il sait qu'il a dix-sept ans. Il sait qu'à son âge on ne recule pas, si l'on est ambitieux. On ne fait pas son entrée dans l'existence par un échec retentissant. On préserve un instinct de loup sous une peau d'agnelet. Et si l'on décide de commettre une faute, on s'y applique avec panache.