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Par ptitfee, le 15/01/2010
Les autres de
Alice Ferney
On n'imagine jamais assez loin à quel point on est seul à vivre sa vie.
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La conversation amoureuse de
Alice Ferney
Je l’ai épousé parce que j’étais sûre que je ne me laisserais pas aller dans une vie que je pourrais un jour regretter. Je voulais réaliser quelque chose, et je savais qu’il m’y aiderait.
Etait-ce de lui qu’elle avait besoin ? Ou bien de la conversation amoureuse et du regard d’un homme ?
C’est tellement inexplicable, ceux qui se contentent de vivre et ceux qui interrogent ce qui est.
Il n’y avait pas de grand jeu, d’effort et de simagrées, il était tout uniquement lui-même, sans se faire valoir, sans pavoiser, sans fausse modestie non plus. Et cela est si rare qu’elle était impressionnée. Une personne qui ne joue pas à être quelqu’un d’autre et qui ne se compare pas, qui est intéressante, qui a de la fermeté et de la confiance en lui, voilà ce qu’il était.
Ainsi Pauline Arnoult se trouvait-elle embellie de l’aisance qui accompagne la confiance en soi.
Vous ai-je jamais fait une seule promesse ? dit-il gravement. Non, souffla-t-elle, et les larmes étaient dans ses yeux. Elle avait tout construit seule. N’avait-elle pas tout simplement été une qui aime un fantôme ? Ne l’avait-elle pas poursuivi justement parce qu’il lui échappait ? Ne tenait-elle pas au sentiment qu’elle avait conçu pour lui plus qu’à lui-même ? Etait-il vraiment aimable ? Ces questions n’avaient pas de réponse. Elle croyait l’amour. Et peu importait si cela n’avait été qu’une façon de ne pas trahir la félicité du commencement. On sait bien comme on se sent parfois prisonnier de ce qu’on a pensé. C’était une question de nature : on avait ou non le goût de la cohérence et de la longévité, qui sont une manière de fidélité. On refusait ou on acceptait que les choses eussent une fin. Elle avait été résolument du côté de ceux qui refusent.[…] Une femme pouvait n’être pas inconstante.
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Par sylvie, le 10/05/2008
Grâce et dénuement de
Alice Ferney
Esther prenait son livre. Ils ne bougeaient plus et hormis quelques reniflements, le silence était total. Elle ignorait qui, de la chaleur ou de l'histoire, les apaisait d'un seul coup, sans qu'ils ne demandent rien. Ils ne sont pas difficiles, se disait-elle. Jamais ils ne réclamaient jamais ils n'avaient soif ou faim comme d'autres enfants qui ont sans arrêt besoin de quelque chose. Elle lisait dans ce calme. On entendait juste le ronflement d'air chaud. Les enfants avaient posé les mains sur leurs cuisses.\"
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La conversation amoureuse de
Alice Ferney
Une tonicité pétillait sur son visage : il avait la forme d’intelligence qui est la plus attrayante, non pas celle qui sait résoudre un problème mais celle qui pose les questions. Son esprit était constamment dans l’invention, ce qui suppose une énorme vitalité et puisqu’il alliait à cela une capacité d’observation et de déduction sans faille apparente, il était en toute société, un homme redoutable : clairvoyant.
Est-ce qu’on se détache aisément d’un être qui ne semble voir que vous ? Certains hommes sont ainsi faits (ou se font tels) que les femmes à leur côté ont l’intense sensation d’exister, d’être le cœur du monde, d’évincer toutes les autres, de voir enfin le reflet de leur éclat.
Il ne faudrait pas souhaiter des enfants parce que l’on n’a rien dans sa vie, et n’avoir ainsi rien à leur donner. Certaines mères ont parfois ce travers, dit-il : elles abandonnent leur vie et veulent tout pour l’enfant, elles attendent tout de lui sans plus rien exiger d’elles-mêmes.
Oui, fit-elle, j’ai moi aussi idée que l’on doit apporter à ses enfants quelque chose que l’on est allée trouver seule et que l’on leur rapporte d’un monde dans lequel ils ne sont pas.
Elle n’aimait pas raconter ses journées : c’était la meilleure façon d’en découvrir la vacuité.
Pauline Arnoult était dans ce trouble heureux que beaucoup de femmes éprouvent à être sexuellement admirées. C’était un plaisir primordial et intense : une jouissance de vanité. Elle existait comme une femme. Un intérêt pour cet homme s’était piqué en elle du moment qu’il l’avait regardée. Qui oserait se demander si les femmes ne tombent pas amoureuses par mimétisme ?
Il se sentait dans un état d’acuité perceptive extraordinaire, être au monde était violent et beau, sa conscience des choses et d’une splendeur de la vie était hypertrophiée par le désir. Pour la première fois depuis très longtemps, il pensa à Blanche et Sarah sans que son cœur lui semblât écrasé.
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Par Eric75019, le 15/06/2011
Dans la guerre de
Alice Ferney
Alors les femmes restèrent seules. Sur le versant silencieux de la guerre : non pas sous l'orage d'acier mais dans le ruissellement des pleurs, loin du pétillement de la bataille mais dans l'attente anxieuse de ses effets, là où se froisse un visage quand arrive un papier timbré, où une larme se fraye son chemin dans une chevelure jusqu'à l'oreiller.
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Par litolff, le 30/11/2010
Grâce et dénuement de
Alice Ferney
Parce qu’on a beau vouloir croire le contraire, un homme, un mari, ça ne comprend pas tout. Ca ne comprend rien ! disait Angéline, qui pensait à ses nuits de désir muet que l’époux n’avait pas soupçonnées, lui qui avait pu dormir à côté d’elle sans la toucher. Oh mais oui ! Il avait refusé de voir cette nature flamboyante qui avait fait cinq fils sans se coucher. Elle le répétait : les hommes et les femmes, c’est rien de commun, et ça tient toujours à cause des femmes. Parce qu’elles en finissent assez vite de s’aveugler et de vouloir. Elles voient, après la chair, l’amour et les caresses, qu’ils s’arrêtent jamais de prendre, et qu’il y a rien d’autre à faire que donner. Et ce qu’elle-même avait donné, non décidément elle ne l’avait plus, pensait Angéline., son ventre, sa douceur de nid, son élan pour diriger la vie sur un bon chemin et la gaieté d’avoir à le faire. Toute cette grâce pour vivre s’était diluée dans une grande fatigue. L’épuisement était entré en elle imperceptiblement, un jour derrière l’autre à se dire qu’elle se sentirait mieux le lendemain, un mois glacé après un autre, une année mauvaise suivant une qui n’avait pas été facile (on passe son temps à attendre au lieu d’être). L’épuisement avait d’abord emporté la fraîcheur de son visage – sans que personne n’y vît rien car elle continuait de sourire et elle était encore jolie. Puis la force incroyable de son corps, la vitalité inaltérable qui le portait vers une tâche, cela s’était perdu ensuite. Son visage alors était devenu ridé et gris (lui qui avait été rond et fruité) et ses yeux étaient entrés dans deux petites cavernes bleues dont ils ne sortiraient plus jamais, et elle avait grossi à force de moins se remuer. Pour finir il n’était rien resté de ce qui avait fait la femme et la mère. Quand l’immense appétit (de plaisir et d’enfant, de vin, de fêtes, de bon sommeil et de vie) s’était usé contre le mari endormi, affalé, mort enfin, elle était restée seule avec une étrangère : elle-même veuve et vieillie. Elle était lasse maintenant, et lui, ce mari qui l’avait prise et gardée, tout de même n’en était pas venu à bout : il était mort avant elle.
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Par sylvie, le 10/05/2008
Grâce et dénuement de
Alice Ferney
Elle les installa, les petits à côté d'elle, les grands juste derrière. Et elle commença à raconter l'enfance de Babar. Elle lut comme jamais elle ne l'avait fait, même pour ses garçons : elle lut comme si cela pouvait tout changer.\"
... \"Elle lu avec de la tendresse pour eux et de la foi dans les histoires. Et elle n'avait ni crainte ni question, est-ce-que c'était artificiel, utile, naïf, stupide, de venir ainsi, sans prévenir, sans demander, pour lire des histoires à des enfants. Un élan la portait.
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Par Magnolia, le 14/11/2010
Grâce et dénuement de
Alice Ferney
Angelo avait besoin d'aimer...Il s'etait trouve amoureux avant meme de reconnaitre ou de comprendre ce qui lui arrivait.Quand il avait percu son trouble ,le mal etait fait depuis longtemps,il etait tombe dans l'amour.C'etait une chute vertigineuse....Le songe est une autre maniere de vie et la part de reve que peut accepter l'esprit est grande.Angelo n'avait pas plus l'experience du reve que celle de l'amour:il fut balaye par le songe amoureux.
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Par Neigeline, le 04/09/2009
L'Elégance des veuves de
Alice Ferney
Je ne supporterai pas de la perdre, pensa t-elle le soir de ce même jour, sur son lit couchée dans l'ombre, les yeux ouverts, sans parvenir à dormir. Et elle savait que c'était faux, on finissait par tout supporter. Le dire semblait terrible, mais c'était la vérité.
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Par ChezLo, le 27/11/2010
Les autres de
Alice Ferney
Que pensait Fleur à cet instant ? Elle n'était pas heureuse. Il pouvait le lire sur la pente de sa bouche et ses mains dans ses poches. Elle avait été froissée par ce que l'on disait d'elle. Elle ne parvenait pas à l'oublier. Fleure n'effaçait jamais un mot, elle entrait dans le ressassement, elle avait déposé la parole des autres sur un piédestal en même temps qu'elle enfermait la sienne dans une cave. Elle croiyait que l'on n'oublie rien, que ce qui nous échappe n'a pas vraiment disparu, se trouve descendu au fond de nous, installé dans des régions inaccessibles. Elle croyait que les mots dits autant que les mots tus filent l'écheveau de notre élan.
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