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Par carre, le 08/02/2012
Des vents contraires de
Olivier Adam
Quand j’ai rouvert les yeux nous étions gelés tous les trois, le bruit de la mer était devenu le monde entier, nous contenait, nous digérait et c’était doux d’être ainsi dévorés, ensevelis, noyés, oubliés pour de bon.
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Des vents contraires de
Olivier Adam
"Les mots du petit me tournaient dans la cervelle, l'aplomb avec lequel il avait prononcé ces paroles, moi-même je ne l'avais jamais vraiment eu, je n'avais même jamais souhaité l'avoir. Penser sérieusement à la mort de Sarah m'était tout simplement insupportable, le jour j'essayais de me contrôler mais les rêves se chargeaient de m'abattre, j'y menais tous les raisonnements possibles, épuisais les hypothèses, et puisqu'elle n'avait pu nous quitter ni périr dans un accident (on l'aurait retrouvée, au bout d'un moment on aurait fini par la retrouver), les comptais sur les doigts d'une seule main : séquestration, mort violente, dans le cru de la nuit je ne voyais rien à quoi m'accrocher, une sueur glacée me coulait dans le dos tandis qu'à l'écran des paupières closes défilaient strangulations, viol, caves humides et noires, plaies, couteaux et bleus, chaque fois le visage de Sarah m'apparaissait dans toute sa terreur, défiguré par la douleur, je me levais pour vomir, toutes mes tripes y passaient, après ça je filais sous la douche et descendais au salon, avalais des litres de café et priais pour ne plus jamais m'endormir."
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Par carre, le 08/02/2012
Des vents contraires de
Olivier Adam
Je l'ai prise dans mes bras. Je ne savais plus faire que ça. Les mots manquaient, ne restaient plus que les gestes.
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Par luocine, le 18/09/2010
Le coeur régulier de
Olivier Adam
Personne n’a envie de mourir. Tout le monde veut vivre. Seulement, à certaines périodes de notre vie, ça devient juste impossible.
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Par tulisquoi, le 28/03/2010
Des vents contraires de
Olivier Adam
J'imagine qu'il en est ainsi partout, qu'on grandit côte à côte sans jamais se croiser vraiment, méconnus et indéchiffrables. Le concret nous cimente, le quotidien nous lie, l'espace nous colle les uns aux autres, et on s'aime d'un amour étrange, inconditionnel, d'une tendresse injustifiable et profonde, qui ne prend pourtant sa source qu'aux lisières. Quand j'ai commencé à me soucier d'eux il était trop tard, le bloc de silence était trop dur, la pudeur trop ancrée, les liens trop fortement noués pour qu'on les questionne.
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Par ChezLo, le 27/11/2010
Falaises de
Olivier Adam
Nos vies sont les mêmes. Nos vies se débattent, crient dans la nuit, hurlent et tremblent de peur. Infiniment nous cherchons un abri. Un lieu où le vent siffle moins fort. Un endroit où aller. Et cet abri est un visage, et ce visage nous suffit.
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Par Lencreuse, le 12/08/2010
Le coeur régulier de
Olivier Adam
(Mais) il y a, paradoxalement, chez certaines femmes moins attentive à leur apparence que dans le milieu où j'avais évolué toutes ces années, une façon de s'habiller, de ne se maquiller qu'à peine, de n'avoir jamais recours aux UV aux pommades vendues à prix d'or à la chirurgie, de boire de l'alcool, de fumer comme bon leur semble, de manger ce qu'il leur plaît de manger et de ne jamais faire de sport, de sortir le soir, de lire des livres, de penser, d'aimer la musique, le cinéma, la danse ou le théâtre, qui les garde éternellement jeunes et irradiant d'une beauté autre, parfois usée mais sans artifice.
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Par Lencreuse, le 12/08/2010
Le coeur régulier de
Olivier Adam
Si j'ai appris quelque chose dans le monde de l'entreprise, et du travail en général, c'est qu'on y tolère mal les faibles, que toute faille doit y être camouflée, toute fragilité niée, toute fatigue combattue et oubliée, qu'une part non négligeable de nous-même doit être laissée au vestiaire, comme un costume qu'on renfilerait le soir venu.
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Par Lencreuse, le 12/08/2010
Le coeur régulier de
Olivier Adam
Romain et Anaïs étaient devenus de longs adolescents dégingandés et mutiques, fuyant mes baisers et se soustrayant à mes étreintes comme à mes questions, s’enfermant dans leurs chambres dès que je rentrais du travail, je les regardais interdite, me demandant où avaient bien pu passer mes enfants et leurs yeux dévorants, suspendus au moindre de mes gestes à la moindre de mes paroles, me couvrant de leurs lèvres me répétant qu’ils m’aimaient à longueur de journée. J’avais beau les regarder et tenter d’établir une continuité entre mes tout-petits lovés contre moi sur la plage, dans le lit ou le canapé et ces étrangers qui vivaient dans ma maison et n’attendaient plus de moi que des repas chaud, du linge propre, de l’argent de poche et des autorisations de sortie les plus larges possibles je n’y parvenais pas, c’était une chose déchirante et secrète, un sentiment d’une perte impossible à partager, un deuil sans objet qui laissait en moi une nostalgie glacée, un froid polaire, un désert.
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Par anyuka, le 29/05/2010
Des vents contraires de
Olivier Adam
La sourde angoisse des dimanches soirs est retombée sur tout ça comme un voile. Ca ne m'a pas alarmé. Le lendemain l'école reprenait et ce serait mon premier jour, c'était même rassurant d'être pris à la gorge par un sentiment si familier, identifiable et dont on connaissait la source. Une sensation qui vous remontait de l'enfance, en pyjama les cheveux mouillés on dinait devant la télévision, après les frites du samedi midi les hot-dogs du soir et le rôti du dimanche, le repas lui-même avait quelque chose d'austère et indiquait qu'on reprenait le cours des choses, devant notre assiette tout nous paraissait soudain rétréci, nos poumons la dimension des pièces, le temps lui-même. Une tristesse diffuse nous collait aux pattes jusqu'au coucher et des années plus tard, alors même que je n'aurais plus à me rendre nulle part, ni dans aucun bureau ni dans aucune classe, alors que rien de précis ne me permettrait de différencier le lundi du dimanche, le même sentiment me viendrait, d'air raréfié et de ventre noué."
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