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Par AnneCath, le 27/07/2011
Les Enfants Jéromine de
Ernst Wiechert
# l nous faut vivre comme si nous tenions la bonne clef. Nous ne savons si elle marchera, mais il est probable que nous sommes au monde uniquement pour essayer.
# C'est dans la résignation qu'on vit à proprement parler. Elle est précédée de la compréhension véritable. Celle-ci détruit les phantasmes, donne la vraie bravoure, celle qui va sans décoration, sans ivresse ; celle de l'homme qui reste sur le navire qui sombre, parce que c'est son devoir
# Vous venez d'un monde où les choses sont autrement ordonnées. Inutile de dire qu'il s'agit d'un ordre meilleur ; en tout cas c'est un ordre différent, un ordre plus ancien, et le plus récent n'est pas toujours à préférer.
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Par litolff, le 23/05/2010
Missa Sine Nomine de
Ernst Wiechert
Et peut-être le baron Amédée était-il celui qui regardait la vie en face avec le plus d'espoir, quand il s'attardait le soir sur le pas de sa porte, où il avait poussé son vieux fauteuil tout tailladé. Il n'avait pas perdu une femme ni des enfants, mais d'eux tous, c'était lui qui avait vu de plus près la violence, la hache et le visage méconnaissable de l'homme. C'était lui qui avait été le plus profondément déçu et le plus profondément humilié. Peut-être aussi le plus haï.
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Par nadejda, le 24/05/2011
La servante du passeur de
Ernst Wiechert
Quand il eut attaché le sac à sa ceinture et plongé la main dans la fraîcheur du grain, il fut un instant sur le point de s'agenouiller ainsi qu'avait fait la jeune fille, mais il se sentit couvert de honte comme à l'idée d'un mensonge, et ses pensées furtivement, descendirent vers les âmes souterraines et implorèrent leur secours pour la jeune semence.
Alors il commença, allant et venant, lançant le grain dans la terre noircie. Des vols de grues passaient au-dessus du champ, et la haute futaie grondait sous la force du vent. Mais il ne levait point les yeux. Devant ses mains, il voyait, lointain, étrangement transfiguré, le visage de la jeune fille, et à chaque pas, il sentait pénétrer plus profondément dans son coeur une racine obscure, qui en brisait la force et l'emplissait d'une saveur amère.
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Par nadejda, le 23/05/2011
La servante du passeur de
Ernst Wiechert
Un héron passa, d'un vol bas et lourd, en suivant le courant, et son cri rauque rebondit, multiplié, contre les parois de la nuit. Le brouillard monta et s'insinua lentement entre le monde et eux.
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Par nadejda, le 24/05/2011
Missa Sine Nomine de
Ernst Wiechert
Il était seul. Le temps était sans doute venu, où l'homme devrait apprendre à être seul. La terreur lui avait enseigné sa solitude. Toutes les mains qui l'avaient protégé jusqu'alors avaient péri, toutes les consolations, toutes les certitudes. L'homme s'était montré capable des dernières scélératesses. Il était devenu assassin, sans colère, sans intérêt profond. Assassin par jeu, avec le sourire. Et de l'autre côté étaient les victimes. Entre les deux, il n'y avait rien.
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Par nadejda, le 23/05/2011
La servante du passeur de
Ernst Wiechert
Tout en elle était limpidité, et lorsqu'elle mit sa main au-dessus des yeux, tant l'eau miroitait dans le soleil, ce mouvement fut libre et beau, détaché sans bavures sur le paysage démesuré. Elle éleva la chaîne pour immobiliser la barque, et ce geste encore disait l'intimité confiante avec les choses, une aisance qui, dans l'espace réservé à l'ordre humain, se mouvait partout avec la même familiarité.
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Par nadejda, le 24/05/2011
Missa Sine Nomine de
Ernst Wiechert
Les hommes voulaient toujours quelque chose, ils ne cessaient de tendre la main vers le corps ou vers le coeur. Les herbes et les oiseaux ne voulaient rien de lui. Ils restaient dans leur univers. Il pouvait le traverser, comme on traverse l'eau. Cette eau se refermait derrière lui et ne gardait aucune trace. Et c'est ainsi, sans laisser de trace qu'il voulait désormais s'en aller sur la terre.
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Par nadejda, le 24/05/2011
La servante du passeur de
Ernst Wiechert
Mais tout cela est muet, remue, mais se tait. Tout serait plus simple et plus facile, s'ils hurlaient, si l'on entendait monter des jurons et s'abattre des imprécations. Mais ils restent muets, et leur haine est dangereuse comme la haine des muets qui ne se soulage pas dans les cris mais seulement dans le sang.
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Par nadejda, le 23/05/2011
La servante du passeur de
Ernst Wiechert
Sur de lointaines prairies, une caille lançait à présent son cri monocorde, un brouillard se tenait au-dessus des aulnaies, et voici que l'ensorcellement de l'heure descendit magique et endormeur, sur tout ce qui était égarement, chemin, destination.