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livre des peurs primaires de
Guillaume Vissac
Je ne suis plus qu’un écrivain du dimanche à présent, authentique et littéral, des heures de clavier cloitré dimanche, dernier jour de la semaine, dernier rebut de ceux qui n’ont pas, n’ont jamais eu, n’auront jamais le luxe du temps pour.
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Par brigetoun, le 03/02/2010
livre des peurs primaires de
Guillaume Vissac
Ces fictions du bord de l'œil que je me force à voir ne sont pas réelles : l'image projetée pupille droite est déformée par la tumeur qui presse arrière le tissu et l'écran. Mais non, je reviens sur mes pas, pensées, fragments et instants, ce n'est pas possible : je ne possède rien sous le crâne qui ne soit pas moi-même, jamais elle ne pourra se développer, jaillir, se propager.
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Par brigetoun, le 12/02/2010
qu'est ce qu'un logement de
Guillaume Vissac
Votre dossier ça passe pas. Vous gagnez pas suffisamment d'argent. On peut peut-être essayer comme ça mais c'est pas dit que ça marche. Le tout l'air de penser qu'on lui fait perdre son temps, qu'elle s'en fout complètement de nos histoires, qu'elle se paierait bien un kebab en sortant et qu'elle demandera au type de pas trop forcer sur la mayo parce que merde...
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livre des peurs primaires de
Guillaume Vissac
Le train, désormais supprimé, ne partira plus. De train supprimé en suppression de train, il est sept heures déjà. Je reste assis au bord des rails, quais, bouteille de bière entre les malléoles. Je la descends pour la soif. Je dormirai ici si le temps persiste. Mais non : j’ai des vertiges, nausées, ce truc pue, c’est infect, ça n’arrivera jamais.
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Par brigetoun, le 12/02/2010
qu'est ce qu'un logement de
Guillaume Vissac
Je ferme la porte derrière moi, la serrure rouillée entre les dents qui raclent. La terre brûlée coule contre le bois qui menace de l'éteindre. Qu'elle brûle aussi la porte et que je ne revienne pas.
Le rebond métallique de la clé dans la boîte aux lettres me rassure : peut-être qu'en réaction, l'immeuble entier se fendra sous son poids
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Par brigetoun, le 03/02/2010
livre des peurs primaires de
Guillaume Vissac
Un peu de sang sur la vitre et le crâne du type sonné par terre un moment. Le cache-objectif de mon Kodak s'est détaché et le flash a pris cher. Dorénavant, toutes les photos que je prendrai seront entachées de ce coup temporal inopiné...
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Par brigetoun, le 19/11/2011
livre des peurs primaires de
Guillaume Vissac
Niko Bellic croisé dans le hall, je lui ai tenu la porte et il m’a suivi. Plusieurs minutes après son visage contre le mien : ce silence dans la verticale de l’immeuble. Ces sons stridents échappés. Je me dis : le calme avant la tempête. Je me dis : c’est l’odeur des jours avant la bombe. La déflagration vient du dessus, des étages supérieurs, et s’abat vers le sol. Le plafond perce et me recouvre, je reste figé-blanchi sous les gravas. Mais le bruit reprend son cours, le tympan se débouche ; ce n’est qu’une impression qui n’arrivera jamais.
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Par brigetoun, le 14/03/2013
Coup de tête de
Guillaume Vissac
Tant que mes yeux restent fixés sur lui, je pense, le type aux cheveux bleus, je pense, le cauchemar de mes rêves de gosse, ma main, main droite, j’en suis sûr, elle se tiendra douce et blanche dans le silence de mes poignets tordus. Je peux sentir les pointillés sucrés contre ma peau juste sous mon coude, côté droit. Je peux sentir ma sueur collée sous mes aisselles et sous mes bras. Le poids de mon t-shirt gris qui me rappelle qu’un jour il était blanc.
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Par brigetoun, le 12/02/2010
qu'est ce qu'un logement de
Guillaume Vissac
Je te regarde.
Je te regarde peindre.
Je te regarde peindre le mur.
Je te regarde peindre le mur du coin bureau.
Je te regarde peindre le mur du coin bureau ou plutôt non.
Je te regarde peindre le mur du coin bureau ou plutôt non je regarde ton ombre.
Je te regarde peindre le mur du coin bureau ou plutôt non je regarde ton ombre qui s'étend.
Je te regarde peindre le mur du coin bureau ou plutôt non je regarde ton ombre qui s'étend pour peindre
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Par brigetoun, le 03/02/2010
livre des peurs primaires de
Guillaume Vissac
... Par deux fois déjà ils ont tirés les rois, j'ai fini sous la table. Ça oui, ils sont capables. Mais non, pitié, ça n'arrivera jamais, ne peut pas arriver.