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Halte en juin de
Gustave Roud
C’est le temps où le paysan se fait bûcheron. A peine entré dans la forêt figée par le gel, ployante sous son faix de neige, on ne voit personne encore que déjà vient à vous une odeur de fumée, puis un parfum délicieux de résine et d’écorce fraîche.
Le bruit grandissant des haches vous guide vers la clairière où quatre, cinq, six garçons bleus dépècent un cadavre de sapin. Scie, haches, et ces couperets à long manche avec quoi l’on écorce les fûts interminables.
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Halte en juin de
Gustave Roud
Qu’il faut peu de temps et d’outils pour faire de cette belle construction de vivantes ramures, dressées d’un jet vers le ciel peuplé d’oiseaux, un tas de branches et un tas de bois.
Déjà le condamné suivant se prépare. Une entaille béante à sa base, scié, deux ou trois coins de fer fichés dans sa blessure, il frémit, penche, hésite et soudain s’abat dans un long sifflement d’air fouaillé. Un nuage de neige naît de son écrasement.
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Par Chouchane, le 25/03/2011
Halte en juin de
Gustave Roud
Lavé par une brève pluie d'aube, le ciel ouvre au-dessus des arbres et des hommes une immense fleur fragile, bleu-de-lin, sans cesse visitée par ces nuages dont traîne paresseusement jusqu'à l'horizon l'ombre errante. L'air est moite, la lumière jeune comme un regard. Tout est nouveau, tout vit d'une vie profonde et pure, tout s'accomplit.
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Par Chouchane, le 25/03/2011
Halte en juin de
Gustave Roud
Louis, le long champ que tu as semé sur l'épaule de la colline rompt l'avance de mon pas ; le sentier cesse devant la tache de terre, tout amollie encore par la pluie du matin, où frise en touffes le froment bleu. J'accepte cette halte, et pourquoi d'ailleurs poursuivre une course vers les lampes chaque soir plus dangereuses ?