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Par Sedrik, le 04/02/2012
La Nuit remue de
Henri Michaux
Il arrive au contraire à certains malades un tel manque d'euphorie, une telle inadaptation aux prétendus bonheurs de la vie, que pour ne pas sombrer, ils sont obligés d'avoir recours à des idées entièrement nouvelles jusquà se reconnaître et se faire reconnaître pour Napoléon Ier ou Dieu le Père. Ils font leur personnage selon leur force déclinante, sans construction, sans le relief et la mise en valeur, ordinaire dans les oeuvres d'art, mais avec des morceaux, des pièces et des raccords de fortune où seule s'étale ferme la conviction avec laquelle ils s'accrochent à cette planche de salut. [...] Pour leur santé ils se sont faits Napoléon, pour se remettre.
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Par brigetoun, le 09/02/2009
"Plume précédé de Lointain intérieur" de
Henri Michaux
Je mets une pomme sur ma table. Puis je me mets dans cette pomme. Quelle tranquillité ! Ça a l’air simple. Pourtant il y a vingt ans que j’essayais ; et je n’eusse pas réussi, voulant commencer par là. Pourquoi pas ? Je me serais cru humilié peut-être, vu sa petite taille et sa vie opaque et lente.
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Par chartel, le 09/12/2008
Ailleurs : Voyage en Grande Garabagne - Au pays de la Magie - Ici, Poddema de
Henri Michaux
Sur une grande route, il n’est pas rare de voir une vague, une vague toute seule, une vague à part de l’océan.
Elle n’a aucune utilité, ne constitue pas un jeu.
C’est un cas de spontanéité magique.
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Par brigetoun, le 09/02/2009
Connaissance par les gouffres de
Henri Michaux
Être vivant, c'est être prêt. Prêt à ce qui peut arriver, dans la jungle des villes et de la journée. D'une prévoyance incessamment et subsconciemment ajustée. L'état normal, bien loin d'être un repos, est une mise sous tension en vue d'efforts à fournir... Mise sous tension si habituelle et inaperçue qu'on ne sait comment la faire baisser. L'état normal est un état de préparation, de disposition vers
les gouffres
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La Nuit remue de
Henri Michaux
Foi, semelle inusable, pour celui qui n'avance pas !
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La Nuit remue de
Henri Michaux
Seul,
Être à soi-même son pain,
Et encore, il s'engrange qu'il dit,
Et pète par toutes les fissures.
En blocs, en lames, en jets et en cristal,
Mais derrière le mur de ses paroles,
C'est un grand sourd.
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Par chartel, le 12/09/2007
Qui je fus, précédé de "Les Rêves et La Jambe" et de "Fables des origines" de
Henri Michaux
Mais le double n’est jamais une projection de l’intérieur, c’est au contraire une intériorisation du dehors. Ce n’est pas un dédoublement de l’Un, c’est un redoublement de l’Autre. Ce n’est pas une reproduction du Même, c’est une répétition du Différent. Ce n’est pas l’émanation d’un JE, c’est la mise en immanence d’un toujours autre ou d’un Non-moi. Ce n’est jamais l’autre qui est un double, dans le redoublement, c’est moi qui me vis comme le double de l’autre : je ne me rencontre pas à l’extérieur, je trouve l’autre en moi.
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"Plume précédé de Lointain intérieur" de
Henri Michaux
DANS LA NUIT
Dans la nuit
Dans la nuit
Je me suis uni à la nuit
A la nuit sans limites
A la nuit.
Mienne, belle, mienne.
Nuit
Nuit de naissance
Qui m'emplit de mon cri
De mes épis.
Toi qui m'envahis
Qui fais houle houle
Qui fais houle tout autour
Et fumes, es fort dense
Et mugis
Es la nuit.
Nuit qui gît, nuit implacable.
Et sa fanfare, et sa plage
Sa plage en haut, sa plage partout,
Sa plage boit, son poids est roi, et tout ploie sous lui
Sous lui, sous plus ténu qu'un fil
Sous la nuit
La Nuit.
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Par MonsieurO, le 12/11/2010
Henri Michaux
Avec simplicité les animaux fantastiques sortent des angoisses et des obsessions et sont lancés au-dehors sur les murs des chambres où personne ne les aperçoit que leur créateur. La maladie accouche, infatigablement, d’une création animale inégalable. Dès le premier malaise, ils sortent des tapisseries les plus simples, grimaçant à la moindre courbe, profitant d’une ligne verticale pour s’élancer, grossis de la force immense de la maladie et de l’effort pour en triompher ; animaux qui donnent des inquiétudes, à qui on ne peut s’opposer efficacement, dont on ne peut deviner comment ils vont se mouvoir, qui ont des pattes et des appendices en tous sens. […] Le malade est dans son lit, sous des couvertures plus lourdes que lui-même et sa main pendante, faible comme bandage défait. Quel animal n’en profiterait ? Juste revanche. Des loups viennent mordre le poignet sans détente, et la main qui s’épuise […] Impuissance, puissance des autres.
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Par brigetoun, le 09/02/2009
Ailleurs : Voyage en Grande Garabagne - Au pays de la Magie - Ici, Poddema de
Henri Michaux
Je dirai ailleurs comment ils augmentèrent, par expériences et traitements, ma connaissance des fatigues. Vraiment, je n’aurais jamais cru qu’il y en eût autant de différentes. Je craignis même d’y passer toute ma vie. On me « situa » aussi une vingtaine d’étouffements, à vrai dire à la limite du supportable, différents humides, et quantité de froid. Leur gamme de frissons aussi est extraordinaire, base d’une vie psychique plus évolué et presque de la mystique
....
Ils se font enlever en l’air par un attelage de grands oiseaux de mer, quand ils tiennent à accomplir ou terminer un long voyage maritime, et n’ont pas la force magique de se transporter eux-mêmes « par voie de reconstitution ».
Ces oiseaux, le grand ennui avec eux est qu’ils ne peuvent longtemps se passer de poisson et cherchent à se poser sur l’eau, ce qui n’est point l’affaire du voyageur qui, le derrière trempé, regrette de s’être mis en route
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