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Par johnfool, le 27/04/2013
Charles-Ferdinand Ramuz
La seule vraie tristesse est (dans) l'absence de désir.
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Par Christw, le 22/12/2012
La grande peur dans la montagne de
Charles-Ferdinand Ramuz
Il y avait que le ciel allait de son côté, — nous, on est trop petits pour qu'il puisse s'occuper de nous, pour qu'il puisse seulement se douter qu'on est là, quand il regarde du haut de ses montagnes.
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Par Woland, le 11/02/2009
La grande peur dans la montagne de
Charles-Ferdinand Ramuz
[...] ... Eux [les bergers], là-bas, regardent : Pont s'est mis debout. Pont s'était mis debout, il passe par-dessus sa veste une blouse. Et ce n'est pas tout encore car, l'instant d'avant, il était nu-tête ; mais maintenant, ceux du chalet ont senti le coeur leur faiblir, tandis qu'ils sont devenus gris, à cause du sang qui se retirait de leurs visages à la peau cuite.
C'est que Pont venait de nouveau, et eux se retenaient difficilement de prendre la fuite ; car, au lieu de chapeau, c'est sous un voile noir que Pont venait, l'ayant fixé soigneusement sous son visage et par derrière ; et le voile lui tombait plus bas que la taille, de sorte que seules les mains en sortaient, couvertes de gros gants de cuir.
Un voile de tulle noir, comme ceux qu'on met pour aller lever le miel et quand on va déranger les abeilles ; grâce à quoi il pouvait maintenant approcher, et Pont approchait, approchait toujours plus, puis on a vu sa bouche s'ouvrir derrière le voile ; - alors une des bêtes malades avait commencer à meugler dans l'abri, et, derrière le voile, la bouche de Pont s'est ouverte :
- "Vous ne les avez pas mélangées avec les autres, au moins ? ... Bon !"
Ses yeux étaient blancs, c'est-à-dire qu'on n'en voyait plus que le blanc. ... [...]
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Par Moumoune, le 08/03/2012
La Beauté sur la terre de
Charles-Ferdinand Ramuz
Ah ! comme elle est pourtant bien à sa place ! Le soleil n'a point fait de distinction entre et eux, quand il est venu. Le soleil l'aime autant que nous, ses vieux habitués, ses compagnons de chaque jour. Elle est frappée sur une joue, à une tempe ; elle est frappée sur une partie de ses cheveux où il y a des mèches plates qui brillent comme des lames d'acier. Le grain de sa peau sur son cou, sur le côté de son cou, et par-devant, à la naissance de la gorge, se marque. Elle s'accordait bien avec la lumière où ce qui est rond s'arrondit. elle se tournait en arrière vers le soleil montant tout rond au-dessus de la montagne qu'il quittait par secousses comme si la montagne le retenait et il lui disait : " Lâche-moi !". déjà l'air tiédit et déjà, à cause de cette tiédeur, une grande odeur de poisson se fait sentir autour de vous, pendant qu'elle a sur le côté de la jambe cette poussière de lumière et il y a des taches de lumière sur son épaule, le long de son corps.
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Oeuvres complètes (tome 20) : Journal de
Charles-Ferdinand Ramuz
Fin mai 1940 - J'ai été gâté. J'ai été terriblement gâté. J'ai été comme un enfant que sa mère a cru devoir punir, puis elle s'en repent et cherche à se faire pardonner par toute espèce de caresses.
Une singulière comprensation à ces quelques moments désagréables; une espèce de récompense, mais à quoi ?
Ça m'est venu par-dessus la Manche au commencement de mai ; c'est un avion qui m'a apporté de là-bas, peu vant la grande bataille, sous les espèces de sa mère, cet enfant qui allait naître, un petit-fils : deux fois mon fils.
(...)
Il s'appelle M. Paul. C'est un petit nom que je lui ai donné. Ce n'est pas du tout le nom sous lequel il a été inscrit à l'état civil, car il a fallu tout de suite aller le faire inscrire ; et ainsi il s'est mis à exister légalement.
Il a ses papiers, il a été promu au rang de citoyen ; toute naissance n'est pour la société qu'un phénomène naturel : elle se contente de l'enregistrer ; et puis, parce qu'il importe pour le bon ordre que l'individu qui vient au monde se distingue extérieurement de tous les autres, on le pourvoit d'un nom de famille et d'un ou plusieurs prénoms qui sont accompagnés des prénoms de son père et du nom de sa mère, de manière à éviter plus tard toute confusion. La société n'a pas à s'étonner, on dit d'une chose qu'elle est "naturelle" quand elle est devenue une chose d'habitude ; toute naissance est pour elle une chose d'habitude...
[p. 315-321]
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Par chartel, le 16/05/2012
La Beauté sur la terre de
Charles-Ferdinand Ramuz
Nous, dit-il, on va où on veut. On a tout, parce qu’on a rien…
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Par Woland, le 11/02/2009
La grande peur dans la montagne de
Charles-Ferdinand Ramuz
[...] La voix, quand elle est venue, leur est venue depuis derrière ; ils n'ont reconnu que c'était Barthélémy qu'à sa voix.
On disait :
- "Vous n'avez rien entendu, cette nuit ?"
Le maître continua un instant à faire tourner avec une pelle de bois la masse de lait dans la chaudière ; puis le maître, sans qu'on pût deviner si c'était à lui plus particulièrement que Barthélémy s'était adressé, mais il était le maître :
- "Non."
Ne s'étant toujours pas retourné, et Barthélémy :
- "Alors bon ... Si vous n'avez rien entendu ..."
Il était éclairé sur l'épaule et autour de sa barbe par le jour ; il était éclairé sur le devant de sa personne par le feu ; il se tenait debout dans l'ouverture de la porte ; il a dit :
- "Parce que, l'autre fois, ça avait commencé comme ça ... Alors je me suis demandé si vous aviez entendu marcher cette nuit, parce que l'autre fois, on avait entendu marcher, et moi, cette nuit, il m'a bien semblé entendre marcher, mais si vous n'avez rien entendu, peut-être que je me suis trompé ... [...]
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Par StephD, le 30/08/2010
Passage du Poète de
Charles-Ferdinand Ramuz
Sa hotte fait clair dans les vignes, le jour où il est venu.
Il avait dit qu'il s'appelait Besson ; il était vannier.
[..]
Parce que tout à coup elle a été dans tout ce gris quelque chose qui éclairait, faisait une couleur brillante et cette couleur venait comme quand un peu de brouillard se promène, très lentement poussé vers vous.
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Oeuvres complètes (tome 20) : Journal de
Charles-Ferdinand Ramuz
10 décembre 1896 - Plus j'y réléchis, plus le doute universel me paraït le signe de la vraie sagesse. Le monde ne me semble exister que par les yeux qui le regardent et prend ainsi autant d'aspects qu'il y a d'individus. Autant de cerveaux en travail, autant de points de vue diférents, d'où les objets extérieurs apparaissent transformés au point d'en être méconnaissables. Je ne hasarde plus une opinion de peur d'autrui, qui peut-être n'a pas tort, ne la trouve fausse. C'est se condamner soi-même à un rôle muet et effacé particulièrement ridicule. Mais le moyen de sortir du labyrinthe des déductions logiques, une fois qu'on y est entré, sans avoir à lutter contre sa conscience, contre les sentiments intimes qui vous reprochent votre désertion ?
Oeuvres complètes, tome 20, Journal, p. 14
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Par chartel, le 16/05/2012
La Beauté sur la terre de
Charles-Ferdinand Ramuz
Il faisait beau dans le monde, seulement il faut quelquefois longtemps pour s’apercevoir qu’il y fait beau.