-
La Chute de John Stone de
Iain Pears
Voilà à quoi servent les entreprises. À faire fructifier le capital. Ce qu’elles fabriquent ne compte pas. Torpilles, denrées alimentaires, vêtements, meubles, c’est du pareil au même, et elles feront tout ce qu’il faut pour survivre et prospérer. Ont-elles des chances d’accroître leur capital en faisant trimer leurs employés comme des esclaves ? Oui, si c’est nécessaire. Peuvent-elles faire plus de bénéfices en vendant des instruments de mort ? Oui, encore une fois. Et ont-elles le droit de saccager la nature, de détruire les forêts, de déraciner les communautés et de polluer les rivières ? Elles en ont le devoir si cela leur permet de gagner davantage d’argent.
Une société est une buse amorale. Elle n’a aucun sens du bien et du mal. Les contraintes doivent venir de l’extérieur, des lois et des coutumes qui lui interdisent de faire certaines choses que nous désapprouvons, mais ces restrictions réduisent les bénéfices. Voilà pourquoi toutes les compagnies s’efforceront toujours de contourner les lois et d’agir à leur guise pour faire du profit. C’est leur seule façon de survivre, parce que les puissants dévorent les faibles. Et que c’est dans la nature du capital, qui est sauvage, épris de liberté et ne supporte aucune entrave. (pp.287-288)
> lire la suite
-
La Chute de John Stone de
Iain Pears
Je sais que vous avez fait des études. Vous avez l’habitude des livres. Vous trouvez tout naturel de lire. Mais ces livres étaient pour moi comme une oasis en plein désert pour le voyageur épuisé. J’étais fascinée, au comble du bonheur. J’avais mis le pied dans un autre univers, plein de choses et de gens extraordinaires. Je suis tombée amoureuse de Rastignac et j’ai vu en lui les premières lueurs de ma propre ambition. Il n’avait rien et souhaitait conquérir Paris. Il m’a appris que la douceur et la gentillesse ne me mèneraient pas à grand-chose. Il gardait cependant une bonté que la société ne pouvait corrompre. Les livres m’ont enseigné l’amitié et la fidélité, la trahison et la méfiance. Ils m’ont appris à rêver et m’ont parlé de mondes, d’êtres et d’existences dont je n’avais jamais soupçonné l’existence. (p.372)
> lire la suite
-
Le Cercle de la croix de
Iain Pears
A l'époque le café était en vogue en Angleterre ; il était entré dans le pays avec le retour des Juifs. Ce grain amer n'était guère nouveau pour moi, bien sûr, car je le buvais pour me purifier la rate et aider ma digestion, mais je ne m'attendais pas qu'il fût tellement à la mode qu'on avait construit des bâtiments spécialement pour le consommer en extraordinaires quantités et à un prix extrêmement élevé.
-
Par Spilett, le 30/12/2009
Le Cercle de la croix de
Iain Pears
Il se dirigea vers une étagère et choisit un tube souple au bout duquel se trouvait une pipette de verre; il inséra celle-ci dans le goulot de la bouteille qu'il plaça sur la table. Ensuite, il s'accroupit et aspira par l'autre bout du tube, puis s'écarta lorsque le liquide jaillit dans le récipient placé au-dessous.
"Exercice intéressant et utile, fit-il observer. Assez commun, évidemment, mais fascinant malgré tout. Du moment que la seconde partie du tube est plus longue que la première, le liquide va continuer à s'écouler, parce que le liquide qui descend pèse davantage que le liquide qu'on fait remonter."
> lire la suite
-
Le Cercle de la croix de
Iain Pears
[...] Si l'Angleterre et Venise diffèrent à bien des égards, elles se ressemblent sur un point : les avocats y ont une faim insatiable d'argent, et c'était une denrée que je ne possédais pas.
-
Le Cercle de la croix de
Iain Pears
Si j'avais eu alors la permission de rentrer, j'en aurais été infiniment réconforté, car le temps de Londres suffirait à réduire l'homme le plus résistant au plus sombre désespoir. Le brouillard, la bruine incessante et débilitante, le froid perçant et persistant, ajoutés au vent qui traversait mon mince manteau, tout cela me plongeait dans la plus profonde mélancolie.
-
Le Cercle de la croix de
Iain Pears
Les Anglais adorent se moquer des étrangers, dont ils considèrent la simple existence comme une énorme plaisanterie.
-
Le Cercle de la croix de
Iain Pears
Si mon récit vous paraît simple et naïf, vous devrez en conclure que le jeune homme de jadis l'était aussi.
-
Le Cercle de la croix de
Iain Pears
Plutôt que d'avoir l'air d'un sot sans éducation - les Anglais considèrent que si l'on ne comprend pas leur langue, cela ne peut relever que de la sottise ou de l'entêtement buté [...]
-
Le Cercle de la croix de
Iain Pears
Ses vêtements sombres étaient à mi-chemin entre l'extrême austérité puritaine et l'opulence de la mode. En d'autres termes, ils étaient d'un marron fort terne et bien coupé.