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Par kathel, le 25/08/2010
L'heure trouble de
Johan Theorin
Dans sa chambre de la maison de retraite de Marnäs, Gerlof Davidsson regardait par la fenêtre le soleil se coucher. La cloche de la cuisine venait de sonner pour la première fois, c’était bientôt le dîner. Il allait se lever et aller au réfectoire. Sa vie n’était pas finie.
S’il était resté dans le village de pêcheurs où il était né, Stenvik il aurait pu aller s’asseoir sur la plage et regarder le soleil lentement disparaître dans le détroit de Kalmar. Mais Marnäs se trouvait sur la côte est de l’île, et c’est pourquoi il voyait chaque soir le soleil disparaître derrière un petit bois de bouleaux, entre la maison de retraite et l’église, plus à l’ouest. On était en octobre, les branches des bouleaux n’avaient presque plus de feuilles et ressemblaient à des bras maigres tendus vers le disque rouge et jaune du soleil déclinant.
C’était l’heure trouble - l’heure des histoires horribles.
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Par caro64, le 25/04/2010
L'écho des morts de
Johan Theorin
L’annonce de l’agence immobilière était libellée ainsi :
"Magnifique demeure de gardien de phare, milieu du XIXe siècle. Situation isolée dans site préservé avec vue imprenable sur la Baltique, plage à moins de 300 mètres. Votre voisin le plus proche : le ciel ".
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Par caro64, le 13/06/2010
L'écho des morts de
Johan Theorin
De loin, Stockholm avait fière allure, majestueuse au bord de la Baltique, dispersée sur des confettis d'îles, mais Joakim ne ressentait pourtant aucune joie à retrouver la ville de son enfance. Tout ce qu'il voyait, c'était les embouteillages, les files de voitures où chacun jouait des coudes pour passer en premier. L'espace manquait pour tout : logement, places de stationnement, crèches – même dans les cimetières ! On encourageait désormais les gens à se faire incinérer, Joakim l'avait lu dans le journal, pour économiser de l'espace.
Åludden lui manquait déjà.
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Par joedi, le 29/11/2011
L'heure trouble de
Johan Theorin
MIEUX VAUT UN HOMME LENT A LA COLERE QU'UN HEROS, UN HOMME MAITRE DE SOI QU'UN PRENEUR DE VILLES.
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Par caro64, le 03/08/2011
L'heure trouble de
Johan Theorin
Gerlof détourna les yeux vers le soleil couchant, de l’autre côté de la fenêtre. Il aurait préféré être tout petit et écouter les histoires horribles que l’on raconte à l’heure trouble du crépuscule, plutôt qu’être vieux et devoir les raconter lui-même.
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Par joedi, le 02/12/2011
L'heure trouble de
Johan Theorin
Pour une fois, Nils est descendu au village dans la soirée, il est passé devant le moulin et a croisé les regards silencieux des meuniers. Il ne leur a pas dit un mot, mais il sait qu'ils parlent de lui dans son dos. La rumeur court. Et le récit de ce qui s'est passé sur la lande se propage comme des ronds dans l'eau.
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Par GastonL, le 03/02/2011
L'écho des morts de
Johan Theorin
Joakim se raidit. Il retint son souffle, soudain effrayé à l'idée que ce soit vrai - que Livia dorme et qu'elle voie vraiment des choses à travers le mur. Ne pose pas d'autre question , pensait-t-il. Va te coucher.
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Par kathel, le 30/10/2011
Le sang des pierres de
Johan Theorin
Gerlof sourit en voyant le papillon clair arriver devant lui sur la pelouse mais cessa de sourire en en apercevant un autre dans les herbes folles - sombre, presque noir comme le charbon, avec des stries grises et blanches - dont il ne connaissait pas le nom. Une vanesse ? Ou un morio ? Il volait plus droit et atteignit la pelouse à peu près en même temps que le jaune. Puis ils voletèrent l’un autour de l’autre quelques secondes, en une danse printanière, avant de passer devant Gerlof et de disparaître derrière la maison.
Un jaune, un noir, qu’es-ce que cela signifiait ? Il avait toujours pris le premier papillon comme un signe annonciateur du reste de l ‘année : clair et plein d’espoir, ou sombre et de mauvais augure. Cette fois-ci, il ne savait pas à quoi s’en tenir. Comme si le drapeau qu’il avait hissé s’était d’abord mis en berne avant d’arriver jusqu’au sommet du mât.
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Par Neigeline, le 04/04/2011
L'écho des morts de
Johan Theorin
C'est une pièce étrange, pleine de souvenirs des gens qui ont vécu à Aludden. Ils ne sont plus là. Ils ont passé la main et ont disparu - tout ce qu'il reste d'eux, c'est un nom, des dates et quelques brefs poèmes sur des cartes postales.
C'est ce qui restera un jour de nous tous.
Des souvenirs et des fantômes.
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Par caro64, le 03/08/2011
L'heure trouble de
Johan Theorin
Je ne fais pas l'intéressant, dit-il. Je pense seulement qu'il vaut mieux raconter les histoires à son propre rythme. Autrefois, on prenait son temps, maintenant il faut que tout aille si vite.